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MrLover fait salon au Centre culturel Prince Jacques

Mis à jour le 27/03/2019 à 10:11 Publié le 27/03/2019 à 10:11
Faben a reconstitué ce qui pourrait être le salon de son avatar, MrLover : une télé éteinte, des textes et dessins à profusion sur le sol et de l’amour comme sous la plume de Radiguet et son Diable au Corps.

MrLover fait salon au Centre culturel Prince Jacques

L’artiste niçois Faben expose son positivisme et ses œuvres bariolées jusqu’à la fin de la semaine et a conquis les plus petits lors d’ateliers graff menés avec les écoles des Cigales et des Copains

Son avatar, MrLover, est familier des Azuréens et s’étend sur les murs du monde. Que vous preniez la basse ou la moyenne Corniche, impossible de manquer ce petit bonhomme coloré à la tête de cœur, graffé sur les abords de la route, qui semble tour à tour danser ou vous ouvrir les bras pour un gros câlin.

Né dans la rue, MrLover est aujourd’hui la vedette des expositions de Faben, son papa, dont les coups de bombe sont visibles de Kuala Lumpur au Maroc, en passant par Prague ou Copenhague.

Benjamin Fabris, de son vrai nom, est un zébulon de l’art local. Un touche-à-tout jamais à court d’idées. Une facette saluée en des mots élogieux par le maire de Beausoleil, Gérard Spinelli, jeudi dernier lors du vernissage de l’expo A cœurs ouverts, au Centre culturel Prince Jacques. « Que l’on ne s’y trompe pas, à voir l’étendue de votre créativité, vous n’êtes pas un simple agitateur de couleurs, un brin provocateur, qui aime détourner l’espace public, vous êtes aussi et surtout un artiste de talent, un artiste, vous le dites, “militant de la révolution positive”. J’adhère totalement à votre démarche, moi qui n’aime rien d’autre que la liberté et qui suis un maire heureux ! »

« Un activiste de l’amour »

Deuxième artiste, après l’Italien Mauro Mogliani, à habiller l’espace galerie d’un centre culturel flambant neuf, Faben se réjouit d’une telle vitrine. « C’est Christian Carbonne (expert en art) qui m’a mis en relation avec la Ville de Beausoleil et je suis très content car ce lieu permet de mettre les œuvres en valeur ».

Des murs blancs et de beaux volumes qui permettent, en l’occurrence, de démystifier le graffiti. Un art longtemps cantonné à son image clandestine et ses adeptes hors-la-loi. « Le souci de la légalité est propre à chacun », tranche celui qui goûta à la garde à vue pour avoir voulu égayer la ville et mettre en lumière des ruelles et recoins pourtant qualifiés de coupe-gorge par ses chasseurs.

« Quand j’encourage le graff auprès des plus jeunes, je m’adresse à eux comme je m’adresserais à mes enfants. Mon message n’est pas d’ouvrir la porte à la petite délinquance mais d’apprendre à faire une œuvre. »

Un message bien saisi par ses hôtes, à en croire le discours dithyrambique prononcé par Gérard Spinelli à l’égard d’un artiste « libre, que l’on contient difficilement entre des murs ». « Un activiste de l’amour au sens large qui nous interroge sur la place de celui-ci dans nos

sociétés modernes. »

Universalité et scolarité

Un artiste qui casse les codes pour mieux briser les frontières et nous réunir, c’est dire s’il était écrit que son parcours passe par Beausoleil, l’autoproclamée « Ville la plus cosmopolite de France ».

Preuve de cette universalité, Stéphanie Maffucci, professeur des Écoles aux Cigales, a profité de l’exposition et des ateliers animés par l’artiste pour intégrer le street-art dans son programme scolaire. Une matière transervale, entre arts plastiques et histoire, qui a capté l’attention de ses gamins du CE2 au CM2. à tel point que d’autres idées sont nées (lire ci-dessous).

« Faben, c’est un grand plaisir de vous avoir parmi nous dans une ville qui, sans que vous le sachiez, vous ressemble finalement un peu. Vous parcourez le monde, les rues du monde, ici la rue est en soi un tour du monde. Des Philippines au Portugal, des Comores au Sri Lanka, de l’Italie à l’Afrique, la grande mixité d’origines de Beausoleil justifie à elle seule que nous avons besoin de l’art pour nous rapprocher, nous comprendre et nous écouter. »

Jeudi dernier, Gérard Spinelli tenait en Faben toute la justification de l’ouverture du Centre culturel Prince Jacques en fin d’année dernière.

Un artiste jeune, ouvert, universel et positif, qui parle à la jeunesse. L’avenir de Beausoleil.

« Vos débuts dans l’art sont ceux d’un petit garçon de 8 ans qui tague entièrement les murs de sa chambre grâce aux bombes habilement subtilisées dans les rayons de la carrosserie paternelle… », a ainsi rappelé le maire à celui qui aujourd’hui éveille un maximum d’enfants à l’art.

Après l’école des Copains, ce sont ainsi des élèves des Cigales, un triple niveau

CE2-CM2, qui sont venus se familiariser avec le graffiti et réaliser des casquettes avec des bombes de peinture à l’eau.

« On a commencé à travailler sur le street art et son histoire deux ou trois semaines avant de venir », confie la « maîtresse » Stéphanie Maffucci, heureuse d’apprendre que certains de ses élèves avaient profité du week-end précédent pour visiter l’exposition en famille.

« Le fait de faire des recherches en classe, puis de manipuler les bombes de peinture avec un artiste très sympa a tout de suite beaucoup plu. Et les enfants ont compris que ce qui était malheureusement assimilé à du vandalisme autrefois est devenu un art. »

Stéphanie Maffucci espère désormais prolonger l’expérience en introduisant toujours plus d’apprentissages transversaux dans ses cours les prochaines années.

Chaque écolier est reparti avec une casquette personnalisée et de super souvenirs de cette expérience hors les murs de l’école.

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