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Licencié pour une brosse à dents et des viennoiseries

Mis à jour le 08/11/2016 à 05:23 Publié le 08/11/2016 à 05:22
Ils étaient une cinquantaine, hier, devant l'hôtel Fairmont Monte-Carlo. Une action de solidarité avec le salarié licencié, pour demander sa « réintégration  » et dénoncer « l'injustice  » de la situation.

Ils étaient une cinquantaine, hier, devant l'hôtel Fairmont Monte-Carlo. Une action de solidarité avec le salarié licencié, pour demander sa « réintégration » et dénoncer « l'injustice » de la situation. Jean-François Ottonello

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Licencié pour une brosse à dents et des viennoiseries

Ils ont accroché une brosse à dents au revers de leur veste.

Ils ont accroché une brosse à dents au revers de leur veste. Il est 15 heures, hier après-midi, et une cinquantaine de personnes se presse devant l'hôtel Fairmont Monte-Carlo, à Monaco. L'une d'entre elles tient un balai avec, au bout, une brosse qui rappelle elle aussi l'ustensile.

Et c'est justement une brosse à dents qui a conduit, hier, à un débrayage et une mobilisation devant l'établissement. Les délégués du personnel - rejoints par le syndicat Hôtels cafés restaurants et celui des Cuisiniers, pâtissiers, tabliers bleus - protestent contre « une sanction énorme, disproportionnée », selon Jean-Pierre Messy, le secrétaire général du syndicat des cuisiniers pâtissiers. Il parle du licenciement d'un salarié du Fairmont Monte-Carlo pour « une brosse à dents et quelques viennoiseries mises à disposition du personnel ».

« Un geste humain »

C'était le 6 octobre dernier. Ce jour-là, Noureddine, un plongeur qui va sur ses 57 ans, finit son service. Celui qui travaille ici depuis 2005 trouve par terre « une brosse à dents jetable réservée aux clients d'une valeur de 72 centimes », estime Jean-Pierre Messy. Noureddine la met dans son sac.

Il prend aussi quelques viennoiseries qui, d'aprèès M.Messy et des salariés croisés hier, peuvent être consommées par des employés. Comme il a faim et que sa voiture est garée à Beausoleil, il se dit qu'il mangera en route. Sauf qu'au moment de quitter les lieux, on lui demande d'ouvrir son sac. Un « simple contrôle de routine connu et accepté par tous les salariés », selon la direction (lire ci-dessous). La brosse à dents est dedans. Le 13, le courrier tombe : licencié.

« Il n'avait pas du tout l'intention de voler quoi que ce soit », reprend Jean-Pierre Messy. Il demande « un geste humain », et « la réintégration » de Noureddine.

« Des pratiques d'un autre temps »

Même si « on a déjà vu la direction, plusieurs fois. Ils nous ont répondu qu'ils avaient pris la décision et qu'ils ne reviendraient pas dessus ».

Les salariés se sont mobilisés par « solidarité », et pour « dénoncer l'injustice », tonne-t-il au micro, sous le vent frais qui agite des drapeaux rouges ou blancs monégasques.

Ils fustigent, aussi, « des pratiques venues d'un autre temps », lâche Olivier Cardot, le secrétaire général adjoint de l'Union des Syndicats de Monaco (USM).

Après la mobilisation d'hier, tout le monde pourrait à nouveau se rassembler, prochainement.

Le 6 décembre, l'USM appelle à une nouvelle mobilisation interprofessionnelle, comme celle de juin dernier, qui avait rassemblé un millier de personnes dans les rues.


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