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Monaco finance l'achat d'un engin pour faire skier les personnes handicapées et effacer les différences

Mis à jour le 16/01/2020 à 08:12 Publié le 16/01/2020 à 09:00
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Monaco finance l'achat d'un engin pour faire skier les personnes handicapées et effacer les différences

Le gouvernement princier a financé l’achat d’un « dualski piloté », un appareil doté de skis qui permet aux personnes handicapées et à mobilité réduite de s’adonner aux joies de la glisse.

Depuis l’enfance, la neige a toujours été son élément phare. La grimpette dans la haute montagne, aussi. Camille Audibert, née de parents gardiens de refuge dans la Haute-Tinée, fut, jadis, membre de l’équipe de France d’alpinisme. Mais un accident à l’entraînement, en 2008, balaye ses rêves de jeunesse et la rend hémiplégique. À vie. Sa lente renaissance, ponctuée de longues phases de rééducation, viendra notamment de ces robustes engins posés sur des skis, capables d’embarquer des personnes handicapées ou à mobilité réduite sur les pistes.

«Confiance et partage avec le pilote»

Le « dualski piloté », présenté hier au ministère d’État, est l’un de ceux-là. Financé par le Département des affaires sociales et de la santé pour 8 500 euros, l’appareil sera géré par la Fédération monégasque de ski et mis, en priorité, à disposition des associations monégasques. « Juste après mon accident, il y a douze ans, j’ai souhaité ne pas perdre contact avec la neige. J’ai essayé l’uniski. Trop dur. Puis, le dualski, mais cela demandait de l’équilibre. Le dualski piloté, c’est un pur régal, témoigne Camille Audibert. On est proche de la neige, on ressent la vitesse, le vent sur le visage. Et puis, il y a un vrai lien de confiance et de partage avec le pilote derrière. »

Jacques Pastor, directeur technique de la Fédération monégasque de ski, a été formé la semaine dernière pour apprendre à maîtriser les rouages de l’appareil. A Auron, Valberg et Isola. « Pour les personnes à mobilité réduite, cela change la vie, permet de faire des choses un peu extrêmes. On prend de la courbe, de la vitesse. C’est un peu la fête foraine, sourit-il. La personne qui est assise peut apporter son aide au pilotage. Avec de la pédagogie et du temps, cela lui permettra même d’atteindre l’autonomie », assure-t-il.

Un caractère évolutif - par définition non passif - qui nécessite au moins une dizaine d’heures de pratique. Nul besoin d’être moniteur de ski pour jouer les pilotes. Il suffit de suivre une formation de plusieurs jours, dispensée par Alain Greyer, responsable du dispositif montagne au Département des Alpes-Maritimes. « La première semaine, on leur apprend la maîtrise technique de l’appareil. La seconde semaine, l’apprentissage est orienté sur le confort de la personne que l’on transporte, détaille-t-il. Pour le pilote, il faut utiliser la machine, le terrain de façon à ce que la personne assise soit le moins secouée possible. Nous, on a nos jambes pour amortir. Pas eux, même si l’appareil est doté d’un amortisseur. Si le choix du terrain et la vitesse ne sont pas adaptés, leur tête peut très vite être secouée. Ce n’est pas bon. »

«Il faut être prévenant»

Un focus est aussi fait sur l’interaction entre le « dualski piloté » et le télésiège. « Il faut être prévenant pour que l’embarquement et le débarquement se fassent en douceur, poursuit Alain Greyer. Chaque télésiège demande une approche et une synchronisation différentes. »

L’appareil sera mutualisé avec ceux du Département des Alpes-Maritimes et disponible sur une plateforme en ligne (1). Un espace où la personne dépendante peut se rapprocher de pilotes agréés afin de s’adonner aux joies de la glisse. « Ça met tout le monde au même niveau. On peut partager le ski en famille », remercie Camille Audibert. Jean-Michel Cotta, président de Monaco Escapade et Inclusion, embraye : « Cet engin leur permet de ne plus rester en bas des pistes à regarder les autres s’amuser. C’est ça le phénomène d’inclusion. La différence n’existe plus. »


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