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Monaco et l’Inde plus SBM Offshore ouvre la voie à Bangalore que jamais partenaires Suresh Prabhu : Nos problèmes sont communs

Hier à New Delhi, en présence du souverain, le président du Monaco Economic Board Michel Dotta a signé un engagement écrit promettant de beaux échanges économiques entre les deux pays

Publié le 05/02/2019 à 16:55, mis à jour le 06/02/2019 à 16:55
Un grand jour ce 4 février pour l’amitié indo-monégasque et de belles perspectives de business avancées par les deux parties.
Un grand jour ce 4 février pour l’amitié indo-monégasque et de belles perspectives de business avancées par les deux parties.

La date du lundi 4 février 2019 restera dans les annales de l’amitié indo-monégasque. Outre la première visite officielle du prince Albert II en Inde, la journée d’hier a en effet été marquée par la signature d’un Memorandum of Understanding entre le président du Monaco Economic Board, Michel Dotta, et son homologue de la Federation of Indian Chamber of Commerce and Industry (FICCI), Sandip Somany.

Les bases d’une coopération économique et amicale qui pourrait s’avérer fructueuse, à terme, tant les deux pays ont témoigné de respect et d’ambitions l’un envers l’autre.

« Ce n’est pas le début d’une simple relation entre nous mais le lancement officiel d’une coopération permanente entre nos deux pays », s’est aussitôt félicité Michel Dotta, qui s’est dit «fier de diriger cette mission économique de la délégation monégasque à New Delhi».

 

S’adressant au prince Albert II et au conseiller de gouvernement-ministre des Relations extérieures et la Coopération, Gilles Tonelli, le secrétaire adjoint au ministère des Affaires extérieures du gouvernement indien, Manoj Barthi, a rappelé la volonté commune des autorités monégasques et indiennes de bâtir un monde meilleur grâce à une économie vertueuse.

« Un environnement précieux »

« Depuis le début de nos relations diplomatiques en 2007, nous avons toujours apprécié nos échanges cordiaux. Les deux pays ont développé progressivement leurs relations dans divers domaines tels que le commerce, le tourisme et la fiscalité.

Aujourd’hui, le moteur de la croissance de l’Inde repose sur une classe moyenne en pleine expansion qui offre un environnement précieux aux entreprises. Je souhaite que votre délégation réussisse à trouver sa place dans le paysage indien (...) où notre but est d’ériger une société aussi équitable que possible .»

Une philisophie partagée par la Principauté et son souverain qui placent les relations humaines « au cœur de leur choix», selon Michel Dotta. «Nous sommes l'endroit idéal pour connecter les gens », a ajouté le président du MEB.

Un discours totalement en phase avec les aspirations indiennes résumées, au préalable, par la modératrice de ce Forum économique exceptionnel, Sabina Dewan.

La présidente et directrice exécutif de JustJobs Network, organisation qui œuvre pour « créer des emplois et une main-d’œuvre de qualité correspondant à l’économie du XXIe siècle», ayant rappelé que «chaque fois que nous avons de tels dialogues économiques sur le commerce et l’investissement, nous parlons en réalité de véritables personnes qui s’emploient à améliorer leur niveau de vie et à subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles. »

« Il était nécessaire d’en savoir plus »

La poursuite d’un idéal social cher au prince Albert II, converti dans un mode de vie monégasque envié de beaucoup et résumé par Michel Dotta. « Monaco est une cité-État de 2 kilomètres carrés où vous pouvez très facilement rencontrer un ministre ou un entrepreneur du monde entier, un entraîneur de football, un chanteur d’opéra ou un pilote de Formule1. C’est un lieu multiculturel où 140 nationalités vivent en harmonie et offrant un niveau de sécurité maximal, un climat idéal, un système de santé et d’éducation de qualité, un calendrier culturel et sportif exceptionnel.»

Le président du MEB a ensuite réitéré le souhait de la délégation monégasque d’accueillir au plus vite des entrepreneurs indiens sur le Rocher. « Il était nécessaire de vous rendre visite pour en savoir plus sur vous (...) La prochaine étape sera une mission économique indienne en Principauté de Monaco. »

 

Un vœu repris par le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Aviation civile, Suresh Prabhu, qui a aussi convié les entrepreneurs monégasques à venir découvrir d’autres régions de l’Inde.

« Nous avons récemment noué des liens avec de grandes nations et il semble bien que les petits et les grands s’adaptent parfaitement», a conclu Michel Dotta. Une formule particulièrement appréciée par un auditoire indien venu nombreux pour apercevoir le souverain et s’entretenir, ensuite, avec les trente membres de la délégation du MEB représentant 19 entreprises monégasques. Un panel d’excellence.

Le conseiller de gouvernement-ministre des Relations extérieures, Gilles Tonelli, est monté à la tribune, hier, pour faire la promotion du modèle économique monégasque. Un modèle porté « par la vision de nos princes depuis des décennies et même des siècles». Un modèle unique au monde en termes de garanties.

« Cette vision repose sur un équilibre délicat entre une vision libérale de notre économie et une approche sociale, avec la protection de tous les employés qui contribuent à la prospérité de Monaco et, bien sûr, des ressortissants monégasques qui reste une minorité dans notre pays (22,5%).»

Gilles Tonelli a ensuite détaillé les leviers de cette infaillible sécurité économique. La stabilité politique ne faisant pas tout. « Les institutions, quelles que soient leur stabilité, ne sont pas suffisantes pour assurer la prospérité d’un pays si les principes fondamentaux ne sont pas sécurisés.»

Le conseiller-ministre a ainsi vanté le budget excédentaire depuis « six années consécutives», de même que le dernier buget primitif 2019 voté au Conseil national. Et, surtout, l’absence de dettes et la capicité de réinvestissement!

« Peut-être que nous sommes le seul pays au monde sans dettes », a commenté Michel Dotta avant de vanter la fiscalité monégasque auprès des Indiens. Vous payez ce que vous consommez, rien d'autre.»

 

Une absence de taxes directes, telle que l’impôt sur le revenu , qui contribue à faire de Monaco «un hub international unique» selon Gilles Tonelli.

Une Principauté en évolution permanente grâce à une politique d’investissements constante. «Notre pays consacre chaque année environ 30% de son budget à l’investissement», poursuit le ministre, évoquant une «politique de développement social et économique» et, pour exemple, l’entretien et la création d’infrastructures et équipements culturels.

Rappelant les cinq piliers de l'économie monégasque (tourisme, industrie, commerce, immobilier, gestions bancaire et financière), Gilles Tonelli a conclu en soulignant le «travail acharné» fourni en terme de transparence fiscale.

« Le statut de Monaco dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ainsi que pour la transparence et la coopération fiscale internationale, est unanimement reconnu notamment par l’Union européenne et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)», a-t-il conclu sous les applaudissements.

« Ils ont fait du super boulot. » « Nous sommes arrivés aux meetings dans une situation hyper confortable. » Les éloges pleuvaient hier dans les rangs monégasques et indiens quant à l’organisation du Forum économique, et des B2B, par les équipes du MEB, l’ambassadeur de Monaco en Inde, Patrick Médecin, et leurs partenaires de la FICCI et de la Chambre de commerce et d’industrie France-Inde (IFCCI).

Payal S. Kanwar, secrétaire générale de la Chambre de commerce et d’industrie France-Inde, qui dispose d’un réseau de plus de 600 entreprises, était catégorique à la fin de la journée.

« On avait fait une préselection pour chaque membre de la délégation et les premiers retours des Indiens sont positifs ! Et ça va continuer encore demain (aujourd’hui). »

 

« Il y a eu énormément d’intérêt pour cette mission, poursuit Payal S. Kanwar. Monaco est connu dans le monde entier mais il y a des choses qu’on ne connaissait pas bien, notamment le côté technologies et innovations. Quand nos partenaires ont vu qu’une délégation économique arrivait en force avec 20 entreprises et le prince Albert II, ils ont été impressionnés ! »

Cerise sur le gâteau hier à New Delhi, avec la signature en fin de forum économique d’un Memorandum of Understanding entra SBM Offshore et la société indienne Nauvata Engineering Ltd.

Un avant-contrat qui a donné le ton à toute une délégation et d’emblée légitimé les nouveaux accords économiques entre MEB et FICCI. « Le développement sur l’Inde viendra avec le temps mais, aujourd’hui, c’est la première étape dans une stratégie globale qui est d’assurer notre croissance », a commenté, à chaud, Mathias Bruneau, managing director pour SBM Offshore.

Le siège de la Single Buoy Mooring s’empressant de partager la bonne nouvelle. « Nous confirmons que SBM Offshore et Nauvata, société d’ingénierie basée à Bangalore, ont signé un engagement en vue de la création future d’une co-entreprise. Cette mesure positive est conforme à la stratégie précédemment annoncée par la SBM Offshore en ce qui concerne ses capacités d’ingénierie. Nauvata est un partenaire de longue date et assurera un travail de qualité continu pour les projets de SBM Offshore, après avoir fourni des services de conception détaillés. Il est prévu de localiser la coentreprise “SBM Nauvata” à Bangalore. »

Il y avait la queue hier pour rencontrer le directeur de MonacoTech, Fabrice Marquet, dont l’incubateur est rentré « en phase de consolidation » moins de deux ans après son inauguration.

Un programme pour startups créé par l’Etat monégasque qui pourrait bien recevoir des propositions d’Inde très rapidement. C’était du moins l’impression de Fabrice Marquet, hier, alors que la date du Forum économique coïncidait avec le lancement d’un appel d’offres de MonacoTech (jusqu’au 24 février).

« On a eu pas mal de candidatures à l’international jusque-là. Le nom Monaco attire mais la plupart voit encore Monaco sous le prisme du cliché, c’est à dire une occasion de trouver des investissements facilement et ne pas prendre de risques. Mais, nous, on construit de toutes pièces un écosystème et on cherche des partenaires technologiques qui nous rejoignent en fonction de leurs besoins et pour construire cette image avec nous. »

 

Des partenaires qui pourraient venir d’Inde ? Assurément.

« Il y a des start-ups d’ici qui commencent à réussir et pour qui le marché européen et Nord Africain est intéressant, nous pourrions les aider (...) On vient pour tisser des contacts et si ça met cinq ans à se concrétiser c’est pas grave, le tout c’est de prendre des contacts plus institutionnels, que ce soit des incubateurs, des universités ou des fonds d’investissement par exemple. »

Quant aux postulants à l’appel d‘offres, trois critères essentiels doivent être remplis : l’attitude des porteurs de projets, le potentiel du projet et «pourquoi Monaco a un sens et est stratégique ? », rappelle Fabrice Marquet.

En fond de tous les projets, l’idée de bâtir des Smart cities à Monaco, comme ailleurs. Et donc, pourquoi pas exporter une idée biberonnée dans l’incubateur monégasque. « L’idée en venant à New Delhi était aussi de trouver des contacts pour nos sociétés en Inde. On a notamment une boîte dans les dispositifs médicaux qui, à horizon 2020-2021, pourrait très bien avoir le potentiel de vendre sur le marché indien. »

En attendant, d’autres pourraient faire le chemin inverse. « Peut-être, il y en a quelques uns dans les dispositifs médicaux qui étaient intéressés, dans l’IOT aussi (l'interconnexion entre Internet et des objets, des lieux et des environnements physiques).»

Chaque interlocuteur du Forum économique a eu un mot sur l’environnement, Michel Dotta rappelant d’emblée l’exigeante feuille de route tracée par le souverain en la matière. « Monaco est pleinement engagé dans une transaction énergétique avec pour objectif la neutralité carbone en 2050 et la réduction de nos émissions de 50 % d’ici 2030. »

Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Aviation Civile, Suresh Prabhu, porteur de nombreuses réformes du Premier ministre Narendra Modi, a usé d’une métaphore pour résumer sa position et ses espoirs de coopération avec Monaco.

 

« Je connais Monte-Carlo pour les courses à très grande vitesse. Je pense que nous devons faire en sorte que cette grande vitesse que vous voyez une fois par an dans les rues de Monte-Carlo soit aussi de mise pour mettre au point des technologies qui puissent vraiment sauver la planète. Nos problèmes sont communs : qualité de l'air, qualité de l'eau... Nous devons travailler ensemble. »

Hier soir, le souverain participait d’ailleurs à une conférence « Energie et Climat » [lire nos prochaines éditions].

Gilles Tonelli, conseiller de gouvernement-ministre des Relations Extérieures et de la Coopération.
Gilles Tonelli, conseiller de gouvernement-ministre des Relations Extérieures et de la Coopération.
Payal S. Kandar et l’équipe de l’IFCCI ont aidé le MEB et la FICCI à la préparation du Forum économique.
Payal S. Kandar et l’équipe de l’IFCCI ont aidé le MEB et la FICCI à la préparation du Forum économique.
Fabrice Marquet a un agenda chargé en Inde.
Fabrice Marquet a un agenda chargé en Inde.
Les représentants de SBM Offshore, Cyrille Tenet et Mathias Bruneau (au centre), entourés de Michel Dotta et de leurs partenaires indiens de la société d’ingénierie Nauvata.
Les représentants de SBM Offshore, Cyrille Tenet et Mathias Bruneau (au centre), entourés de Michel Dotta et de leurs partenaires indiens de la société d’ingénierie Nauvata.
Souverain et ministre indien suivent une ligne verte.
Souverain et ministre indien suivent une ligne verte.

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