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Monaco est une terre du baroque

Mis à jour le 15/08/2019 à 10:08 Publié le 15/08/2019 à 10:08
Matthieu Peyrègne, chanteur, violoniste et chef d’orchestre. Ils ne sont qu’une trentaine en France à avoir une voix de haute-contre.

Matthieu Peyrègne, chanteur, violoniste et chef d’orchestre. Ils ne sont qu’une trentaine en France à avoir une voix de haute-contre. J.D. et DR

Monaco est une terre du baroque

Chanteur haute-contre, Matthieu Peyrègne prête sa voix délicate et fragile dans un magnifique album qui exhume L’Assomption de la vierge de Scarlatti

Chanteur, chef d’orchestre et violoniste, Matthieu Peyrègne vient d’éditer le tout premier disque de l’Ensemble baroque de Monaco qu’il dirige : L’Assomption de la Vierge d’Alessandro Scarlatti. Un album exceptionnel à plus d’un titre.

Parmi les chanteurs lyriques, et même les chanteurs baroques, ce jeune papa de deux enfants se distingue par sa voix : il est haute-contre. La tessiture de sa voix est donc très aiguë. « Je crois que nous sommes une trentaine en France. » Un timbre rare, précieux, fragile ; mais qui est aussi une opportunité dans le monde très compétitif des chanteurs lyriques. « J’ai toujours chanté très juste et très aigu. Cette voix m’a permis de commencer une carrière à 30 ans ; ce qui n’aurait été jamais possible en étant soprano. J’ai démarré à 26 ans en contre-ténor et à 30 ans comme ténor. »

Et comme un mariage heureux, sa voix singulièrement aiguë est celle tant recherchée pour le genre baroque qui est la passion de Matthieu Peyrègne. « Après mes études de violon classique, je me suis épris de baroque. J’avais 18 ans. Ce sont les voix qui m’ont d’abord attiré. J’aime aussi l’authenticité de la démarche des baroqueux, leur intérêt pour cette musique. » C’est ainsi que, depuis quatre ans, Matthieu Peyrègne chante avec Les Arts florissants, « le plus prestigieux ensemble baroque du monde ». « Je peux chanter du classique jusqu’à Mozart ou Rossini. »

Le prince Antoine Ier : « passionné de baroque »

« Il y a sept ou huit ans, après deux rencontres la même journée avec un artiste lyrique de l’Opéra de Monte-Carlo et une chanteuse amateur monégasque, j’ai eu l’occasion, quelques mois plus tard, de m’entretenir avec la princesse Caroline qui m’a apporté son soutien. En un an, l’ensemble baroque de Monaco était créé sous forme associative. »

Le baroque, un style incongru à Monaco ? Certainement pas historiquement. « Le prince Antoine Ier était passionné de baroque. Il a passé énormément de temps à Versailles. Au XVIIe siècle, les chanteurs français et italiens passaient naturellement par la Principauté. Avec l’Ensemble baroque de Monaco, nous sommes dans une démarche musicologique. J’adore rechercher des partitions jamais jouées. C’est ainsi que j’ai trouvé le manuscrit de L’Assunzione della Beata Vergine d’Alessandro Scarlatti dans une bibliothèque, à côté de Dortmund en Allemagne. Quand j’ai découvert les partitions, la musique et les voix avaient l’air de très bien sonner. Je me suis procuré des copies sur microfiches. De retour en France, je suis allé à l’Université de Nice qui disposait encore d’un lecteur pour ce type de support d’avant l’ère du numérique. Le texte de cet oratorio n’est pas anodin. Il est très poétique et assez complexe. Ressusciter un trésor, c’est une chance et même un honneur. C’est ma première découverte intégrale. J’ai tout recopié. » Une petite centaine de pages tout de même à déchiffrer, recopier et des jours entiers d’un travail aussi méticuleux que fastidieux.

« Un passé que l’on va tenter de ressusciter »

« Je suis très actif. Quand ce n’est pas le chant, c’est la direction d’orchestre. J’ai eu mon diplôme de chef d’orchestre il y a deux ans, après dix-sept ans d’études… »

Matthieu Peyrègne va partout où sa passion le conduit. Avec L’Ensemble baroque de Monaco, il a réuni une vingtaine d’artistes pour parvenir à sortir le premier disque. Les chanteurs viennent d’Italie, de Suisse, des régions parisienne et lyonnaise.

Une subvention de la Sogeda (Société pour la gestion des droits d’auteur) de quelque 5 000 euros, soit 25 % des frais engagés, a permis à Matthieu Peyrègne de concrétiser son rêve. Et la reconnaissance ne s’est pas fait attendre ! « Nous avons eu deux récompenses : l’une de classiquenews.com et l’autre, plus importante encore, avec cinq diapasons. Notre but est de faire parler de la musique baroque de Monaco et de la maison d’édition L’oiseau-lyre. Monaco est une terre du baroque ; du moins à son échelle. Durant la première partie du XVIIIe siècle, elle l’a été sans rougir. C’est un passé que l’on va tenter de ressusciter. »

Il manque 20 000 € pour un concert

À quand un concert à Monaco pour découvrir cet album « en live » ? « C’est mon grand regret de ne pas pouvoir interpréter ce disque dans la cathédrale ou une église de la Principauté. Mais il faut 20 000 euros. Nous ne sommes pas subventionnés contrairement à d’autres ensembles en France. Donc nous ne partons pas sur un pied d’égalité en termes de concurrence. J’ai tellement envie de donner cet ouvrage… C’est tellement beau… »

Matthieu Peyrègne ne manque pas d’ambition. « J’aimerais être ambassadeur d’une nouvelle génération de baroqueux. » En attendant une reconnaissance internationale, c’est sur ses terres azuréennes que le chanteur fait connaître la musique baroque.

Il participera aux « Perles chorales de la musique baroque » à la cathédrale Sainte-Réparate, à Nice, le 21 septembre, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. Début octobre, ce sera La Descente d’Orphée aux enfers, au festival de musique de Biot le 4 octobre, le 5 octobre à Valbonne et le 6 octobre à Nice.


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