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"Missionnaire de la justice sociale", Tony Pettavino s’est éteint à Monaco

Mis à jour le 07/02/2021 à 16:10 Publié le 07/02/2021 à 16:09
Tony Pettavino

Tony Pettavino Archive MM

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"Missionnaire de la justice sociale", Tony Pettavino s’est éteint à Monaco

Infatigable défenseur de la justice sociale, engagé toute sa vie pour la cause des Français de Monaco, c’est un personnage humaniste de la Principauté qui disparaît

Jusqu’au bout, il aura défendu sa vision d’un monde plus juste, plus égalitaire et plus ouvert. Tony Pettavino s’en est allé dans sa 90e année. Cette figure de l’engagement pour la justice sociale en Principauté est décédée le 1er février dernier des suites de la Covid-19.


Né à Monaco le 9 novembre 1930, de parents italiens ayant quitté le Piémont pour trouver du travail en Principauté, il a passé son enfance rue de La Turbie, dans le quartier de la Condamine alors que l’Europe subit la Seconde Guerre mondiale. À 14 ans, il est un des premiers garçons à voir entrer les Jeep des Américains en Principauté.


Il y a quelques années dans nos colonnes, il avait livré ses souvenirs de gamin de cette époque. « À l’été 1944, nous nous retrouvions en assez grand nombre au parc Princesse-Antoinette, où se tenait une garderie. Un jour, juste après le repas, nous avons risqué le pire au moment d'un bombardement » racontait-il.

 "il a côtoyé la mort
de près pendant sa jeunesse"


« Le pilote allié d'un chasseur bombardier avait pris pour cible le grand chapiteau orange qui nous servait de réfectoire, pensant que c'était un objectif militaire abritant des armes. La bombe a explosé près de la villa Paloma, à cent mètres de là… Un miracle ! ». Une anecdote parmi d’autres qu’il aimait conserver et transmettre, comme l’un des derniers passeurs de l’histoire de la Principauté.


« Cet appétit de la vie, il l’a eu très tôt, car il a côtoyé la mort de près pendant sa jeunesse et il savait la chance d’être vivant. Je dirais que dès les premières heures de sa prise de conscience du monde, il n’est pas resté dans sa boîte à chaussures » témoigne son fils Luc. Sa prise de conscience sera pour un engagement social et humaniste.


D’abord instituteur, Tony Pettavino devient employé de banque, au Crédit Foncier puis à la Lloyds. Il s’engage alors pour la justice sociale, devient secrétaire général du syndicat du personnel bancaire et œuvre aux côtés de Charles Soccal à l’Union des Syndicats de Monaco.
Adhérent au Parti socialiste, il sera responsable pour les Français de Monaco de la campagne de Mitterrand en 1981 puis coordonnera sa venue en Principauté en 1984, l’Enfant du Pays devient alors une figure syndicaliste locale et se bat contre la précarité grandissante des emplois, pour les droits des travailleurs, et ceux des Français de Monaco.

« Il s’inquiétait beaucoup de la relève dans cette époque plus individualiste et moins engagée »


« Sa volonté a toujours été de protéger ceux qui sont plus faibles » continue son fils. Une action que Tony Pettavino aura partagée avec son épouse Clara, disparue en 2017. Dès leur mariage dans les années 50, le couple crée une association pour l’accès aux loisirs et aux voyages de la jeunesse de tous milieux, notamment les milieux ouvriers.


« Mon père, comme ma mère nous ont ouvert la voie pour une vie riche de sens et d’expérience. Mon père a pris toute sa vie des engagements lourds. Il a été beaucoup combattu mais toujours respecté. Chaque confrontation devait arriver à une solution, c’est un missionnaire de la justice sociale ». Et il n’était pas rare qu’on vienne taper à sa porte, rue des Açores, pour lui demander aide ou conseil.


Au cours de sa carrière professionnelle, Tony Pettavino a été conseiller au Conseil économique de Monaco de 1970 à 2000, vice-président de l’association des locataires de Monaco, délégué des Français de Monaco au Conseil supérieur des FDE.


« Il a passé ses dernières années de sa vie entouré de sa famille, dans la dignité et l’apaisement » souligne son fils, qui confirme que jusqu’au bout, son père aura gardé un œil averti sur l’évolution de la société. « Il s’inquiétait beaucoup de la relève dans cette époque plus individualiste et moins engagée ».


Tony Pettavino était officier de l’Ordre de Saint Charles, chevalier de l’Ordre national du mérite français et chevalier du mérite de la République italienne. Ses obsèques seront célébrées mardi 9 février à 10 h 30 en la cathédrale.


À ses fils Luc et Pierre, à sa famille, la rédaction de Monaco-Matin présente ses sincères condoléances.


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