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Mine de Vallauria: un chantier exceptionnel dans la vallée de la Roya

Mis à jour le 31/08/2016 à 05:02 Publié le 31/08/2016 à 05:02
Dans les tréfonds de la Terre… Claustrophobes s’abstenir!

Dans les tréfonds de la Terre… Claustrophobes s’abstenir! Photo M.P et DR

Mine de Vallauria: un chantier exceptionnel dans la vallée de la Roya

Exploité depuis le Moyen Age et jusqu'en 1927 pour le plomb argentifère et le zinc, ce site unique, aux portes de la vallée des Merveilles, ouvrira ses portes au public en 2018

Certains s'y sont pris six mois à l'avance. D'autres attendaient depuis des années et la voilà enfin, la visite du chantier des mines de Vallauria dans la vallée de la Roya ! Un moment rare.

Christian Le Martelot, directeur de l'association Neige et Merveilles, a entraîné quelques heureux privilégiés pour une découverte captivante de ces galeries souterraines, autrefois riches en minerais, dont certaines datent du Moyen Age, et qui s'étendent sur 15 kilomètres.

Leur livrant près de 800 ans d'histoire et dévoilant les différentes techniques de forage et d'extraction du plomb argentifère et du zinc.

Depuis plus de cinquante ans, Neige et Merveilles organise des chantiers de jeunes bénévoles internationaux afin de restaurer le patrimoine bâti de la Minière.

Intérêt historique, ethnologique et géologique

Depuis 2011, ces chantiers sont orientés vers la réhabilitation du site dans son accessibilité, en surface comme en souterrain, afin d'en permettre la visite et de comprendre ce qu'était la vie des mineurs et du site à l'époque de l'exploitation minière. Car ce site unique représente aujourd'hui un intérêt historique, ethnologique et géologique important.

Les visites ouvertes au public permettent de suivre l'avancée des travaux titanesques qui conduiront à l'ouverture du site en 2 018. Pour l'heure, la mise en sécurité du parcours touche à sa fin, il « reste seulement 1,50 mètre de tunnel à percer », précise Christian.

Dans la mine médiévale, le guide explique que l'histoire commence au XIe siècle, alors que le gisement de galène, un plomb argentifère, était visible depuis l'extérieur et avait l'aspect d'une caverne de 3 mètres de haut, soutenue par de larges piliers.

Les hommes commencèrent alors à « rabioter » la roche en laissant de multiples piliers, selon la technique d'extraction ancestrale de l'abattage par le feu. Face aux parois des gigantesques cavités aux murs noircis de suie, on imagine facilement les grands bûchers qui furent dressés ici et ont permis une progression laborieuse de 10 à 15 mètres par an…

Plus loin, on découvre d'autres techniques pour extraire le minerai : utilisation de la poudre noire puis, à partir du XIXe siècle, de la dynamite.

Soudain, une découverte de taille attend les visiteurs : pour évacuer les infiltrations d'eau vers une galerie d'exhaure, il a fallu installer une pompe, qui attend là depuis le XVIIIe ou XIXe siècle. Quasiment prête à démarrer !

Dans cette « salle de la pompe » se trouvent des déblais datant du Moyen Age et mis en évidence par les chantiers de fouilles archéologiques.

Jusqu'à 300 mineurs…

Il y eut jusqu'à 300 personnes, au début du XXe siècle, travaillant sur le site de Vallauria, dans l'usine du lac des Mesces et celle de traitement de la blende à Saint-Dalmas de Tende. L'ensemble fonctionnait comme une petite ville, avec ses logements, sa cantine, sa forge, ses ateliers…

Passionné et passionnant, Christian n'hésite pas à émailler son discours de petites anecdotes et raconte que le retour de l'école des enfants de mineurs se faisait souvent par la galerie Néri, dont le départ se situe au lac des Mesces. Bien pratique pour éviter le froid !

Une visite dans les entrailles de la terre dont on ressort ébloui…

La mine de Vallauria, la plus importante des Alpes-Maritimes, est bientôt prête à retrouver une seconde vie auprès d'un public qui ne manquera certainement pas de s'émerveiller à son tour !

Prochaine « visite de chantier » prévue en septembre !

Un peu d’histoire...

Agence Menton.



Mines de Vallauria TENDE
Le bâtiment abrite aujourd’hui le refuge Neiges et Merveilles qui accueille randonneurs, groupes, individuels et familles, les scolaires en classe de découvertes, les chantiers de jeunes bénévoles, les groupes sportifs, les amoureux de la nature et les contemplatifs, les comités d’entreprises, les centres de loisirs, les séjours adaptés… (Photo DR)

La minière de Vallauria fut exploitée dès le Moyen Age. Jusqu'au XIXe siècle, elle va être une importante source économique et sociale pour toute la vallée de la Roya, et notamment pour le village de Tende, avec la présence de près de 300 employés. N'étant plus rentable, elle est fermée en 1927.

Dans un premier temps, les bâtiments de surface sont repris par l'armée italienne - le territoire était encore italien - qui transforme la laverie en place d'armes et édifie des terrasses muraillées.

Lorsque la région devient française, en 1947, la mine est abandonnée, des pillages successifs vont accélérer le processus de dégradation.

En 1957, Raymond Hirzel découvre la Minière. Il tombe sous son charme et décide de créer l'association Neige et Merveilles, qui rachète les bâtiments et met en place les premiers chantiers de rénovation avec des jeunes du monde entier, qui seront reconduits chaque été jusqu'à aujourd'hui.

Peu à peu, la mine attire la curiosité des scientifiques et se dévoile grâce aux recherches en bibliothèque (notamment celles de François-Xavier d'Asso) et aux fouilles archéologiques réalisées sur place.

Naît alors le projet fou d'ouvrir une partie des galeries de la mine au public afin de permettre au plus grand nombre de découvrir ce patrimoine géologique et minier exceptionnel.

Depuis 2009, les fouilles sont entreprises en partenariat avec le service culturel de L'Argentière-la-Bessée, qui possède un site similaire déjà ouvert au public dans les Hautes-Alpes (la mine du Fournel) et permet à la Minière de profiter de son expérience. Grâce au financement des nombreux partenaires de l'association (le Conseil départemental, la Région, la DRAC, le ministère de la Jeunesse et des Sports, la mairie de Tende, le Parc national du Mercantour et même l'Europe), à leur soutien et celui de l'Association pour le développement du tourisme en Roya-Bévéra (ADTRB), grâce également au formidable investissement de Christian Le Martelot, de Bruno Ancel , archéologue minier et responsable scientifique du projet de valorisation et pour Neige et Merveilles et la directrice adjointe de l'association, Solange Viard, le projet touche à sa fin et la mine ouvrira une partie de ses 15 kilomètres de galerie au public en 2018.

Bien équipée, la petite troupe part en visite en compagnie de Christian Le Martelot (à droite), directeur du site, et Gibi (à gauche, casque à la main), le serre-fil.
Bien équipée, la petite troupe part en visite en compagnie de Christian Le Martelot (à droite), directeur du site, et Gibi (à gauche, casque à la main), le serre-fil. M.P.

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