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Migrants : leur vie dans le centre du parc Roja

Mis à jour le 17/08/2016 à 05:03 Publié le 17/08/2016 à 05:03
Scènes de vie quotidienne au centre du parc Roja, qui accueille 600 personnes.

Migrants : leur vie dans le centre du parc Roja

À quelques kilomètres du centre de Vintimille, 600 hommes vivent dans cet endroit géré par la Croix-Rouge italienne, synonyme d'un lit, d'un repas, d'une assistance ou de soins

Un camion bleu s'est garé sur le bas-côté de la route. À l'intérieur, quelques policiers attendent. D'autres sont dehors. Derrière leurs lunettes fumées, ils assistent à un ballet qui se répète tout au long de la journée ici, à quelques kilomètres du centre de Vintimille.

De jeunes hommes, souvent par groupe de trois ou quatre, passent un grand portail gris. D'autres en sortent. À côté d'eux, le vent chaud agite un grand drapeau blanc frappé d'une croix rouge. Les garçons viennent de pénétrer dans le centre géré par la Croix-Rouge du parc Roja, dans une zone industrielle qui fait face aux montagnes arides de la Roya. Ouvert le 9 juillet dernier, l'endroit accueille, en ce moment, 600 personnes. Pour vingt personnels de la Croix-rouge et des bénévoles.

Préfabriqués, lits, douches, cours

Dix heures viennent de sonner, hier, et une longue queue s'étend au milieu de l'ensemble de préfabriqués et de tentes. Les réfugiés attendent avant de passer devant un guichet. Les membres de la Croix-Rouge, qui se tiennent face à eux, conseillent et renseignent sur les démarches administratives, une demande d'asile, par exemple.

Une grande tente blanche s'étend derrière eux. C'est le réfectoire, qui permet de manger assis. Le repas est en train d'être préparé, sous les effluves de tomates.

On continue sur une grande allée. Des dizaines de lits de camp ont été installées sous un pont de la zone industrielle. Un espace pour la prière a été aménagé à côté. Beaucoup de migrants dorment dans des préfabriqués climatisés, posés non loin de là. Il y a aussi des machines à laver le linge, des brumisateurs…

Un peu plus loin, des parasols permettent de s'abriter du soleil ligure qui cogne dur. Les cours d'anglais, de français ou d'italien sont dispensés là. Choueb s'est installé ici. L'homme venu du « sud de la Libye » repose sa jambe enserrée dans un grand plâtre blanc. « J'ai eu un accident à Menton le 12 juillet », commente-t-il sans en dire plus.

« Tout ce qu'il y a à faire, c'est attendre »

Lui est en Italie depuis un mois et cinq jours. Il ne veut pas rester dans le pays, comme une majorité de ceux qui vivent là. Son but, c'est l'Angleterre. Ou, « si ça ne marche pas, l'Allemagne ». Pas la France en tout cas, « c'est toujours un lieu de passage ». Et la frontière est encore fermée. Alors, Choueb attend. Comme un peu tout le monde, au centre. Certains jouent au baby-foot en plein cagnard. D'autres se font couper les cheveux très courts ou jouent aux cartes. Beaucoup sortent à pied en direction de Vintimille, parce qu'il n'y a rien d'autre à faire et qu'il faut bien tenter de tromper l'ennui.

« Tout ce qu'il y a à faire, c'est attendre », laisse-t-il tomber sur le ton de l'évidence. Les migrants sont censés rester ici sept jours, mais personne ne fait respecter ce délai.

Choueb a toujours la voix égale, calme. C'est sur ce ton qu'il évoque les conditions de vie « vraiment difficiles ». Selon lui, ils sont trop nombreux à vivre ici par rapport à la taille du centre. Les chiffres confirment, malgré les moyens mis en œuvre et la bonne volonté de la Croix-Rouge : le centre a une capacité d'accueil de 360 personnes. Et ils sont donc 600 à y vivre, en ce moment. L'argument revient souvent, chez les migrants croisés ici au cours des dernières semaines.

« C'est difficile pour eux »

« C'est difficile pour eux, reconnaît Dino Durando, de Caritas, très impliqué dans le dossier des réfugiés à Vintimille. On pourrait faire mieux. Mais en ce moment, on ne peut pas faire mieux. » Et la tendance ne devrait pas changer. Avec l'été, les embarcations continuent à arriver sur les côtes italiennes. À Bari, à Catane, en Calabre. Après, « ils viennent ici, de toute façon », lâche, lucide, Valter Muscatello, le directeur du centre. Vintimille est un point de passage presque obligé avant la France. Le pont Saint-Ludovic ou la vallée de la Roya sont une première étape avant l'Angleterre ou l'Allemagne. Autrement dit, une autre vie.

Cette donnée, tout le monde l'a en tête en Italie. Selon Valter Muscatello, Rete ferroviaria italiana, le réseau ferré italien, doit céder, en décembre prochain, des terrains adjacents au centre à la préfecture d'Imperia. La Croix-Rouge devrait alors récupérer ces terrains. De grandes tentes devraient y être installées. Autrement dit : le centre du parc Roja est parti pour rester.


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