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Migrants de Vintimille, destin sans cesse incertain

Mis à jour le 12/06/2016 à 05:09 Publié le 12/06/2016 à 05:09
Un soir sur deux, les bénévoles de l'association niçoise Un geste pour tous sont à Vintimille, auprès des migrants.
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Migrants de Vintimille, destin sans cesse incertain

Chaque jour, ils sont entre 200 et 600 à trouver refuge à l'église Sant'Antonio di Roverino. Un lieu d'accueil temporaire qui aurait dû fermer hier mais reste ouvert, faute d'autre solution adaptée

Sur la porte de l'église Sant'Antonio di Roverino, depuis hier, il y a un nœud rose. Comme on en accroche pour n'importe quelle naissance, en Italie. Sauf que cette petite fille-là, qui a vu le jour à l'hôpital de San Remo dans la nuit de vendredi à samedi, n'est pas italienne. Ses parents, un couple de Camerounais d'une vingtaine d'années, l'ont appelée Sherifa Maria, deux prénoms porteurs d'espoir. Celui qu'elle grandisse européenne. Et pas migrante. Qu'elle puisse penser et s'exprimer librement. L'espoir encore qu'elle n'ait jamais à fuir. Comme eux l'ont fait, avant d'arriver ici, à Vintimille, il y a quelques jours. Comme tous ces hommes et femmes - issus de la Corne de l'Afrique, mais aussi des Pakistanais, des Afghans ou encore des Irakiens. 200, 300, plus de 600… Chaque jour, chaque nuit, depuis une semaine et demie, ils sont nombreux à trouver refuge en l'église Sant'Antonio di Roverino, située dans un quartier populaire de Vintimille. Un répit pour ces âmes usées par un interminable exode. Qui vont, de camps de fortune en hébergements d'urgence, bloqués par une frontière qui ne peut se franchir qu'illégalement, au péril de sa vie le plus souvent. Là, ils reprennent un peu leur souffle. Dans la cour derrière l'église, ils dînent grâce aux associations qui se démènent (lire ci-contre). Jouent au baby-foot. À la télévision, il y a le match, France-Roumanie. Massés devant l'écran, les migrants soutiennent les Bleus. « C'est plutôt ironique, non de soutenir une nation qui vous rejette ? » lance un bénévole français. Dehors, il y a un enfant soudanais qui passe de bras en bras. Reste un peu chez une Italienne qui habite à côté de l'église.

Vers une solution durable

On prie au sol, en arabe, pendant qu'à la fenêtre, le prêtre du diocèse regarde, bienveillant, avant de dire la messe aux chrétiens.

C'est un peu Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo. Sauf qu'il n'y a pas de miracle, ici.

Seulement deux sanitaires et deux douches. Pour des centaines d'hommes et de femmes. « C'est un lieu d'accueil temporaire », martèle Maurizio Marmo, directeur de la Caritas diocésaine de Vintimille San Remo, association qui gère le centre. Hier, l'église aurait dû fermer ses portes. Une solution plus durable avait été trouvée. Un gymnase, 800 mètres plus loin. Mais les riverains ont manifesté, refusant catégoriquement que le site devienne un lieu d'accueil. « On regrette cette réaction, dit Maurizio. On connaît les migrants, ce sont des gens tranquilles. »

Pour tempérer la situation, le maire de Vintimille, Enrico Ioculano, a alors pris la décision de différer le déplacement des réfugiés, afin de trouver une autre solution. L'église continuera ainsi à accueillir les migrants pour quelques jours encore. Avec un renforcement des services sanitaires prévu.

« Nous réfléchissons à une structure plus durable, plus adaptée et digne pour les personnes, expose le directeur de la Caritas locale. Le parc Roja, à quelques kilomètres de la ville en montant vers la vallée, en est une. C'est très isolé… Mais enfin… »

Jean-François Ottonello

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