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Mgr David veut donner de l’espoir pour la Fête nationale

Mis à jour le 15/11/2020 à 22:04 Publié le 16/11/2020 à 07:00
Ordonné archevêque en mars dernier, Dominique-Marie David célébrera le 19 novembre sa première Fête nationale.

Ordonné archevêque en mars dernier, Dominique-Marie David célébrera le 19 novembre sa première Fête nationale. Photo Jean-François Ottonello

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Mgr David veut donner de l’espoir pour la Fête nationale

L’archevêque se prépare à la célébration de la messe de Te Deum, le 19 novembre pour la première fois. Un rendez-vous au cours duquel il entend porter un message d’espérance

Comme toutes les premières fois, il y aura de l’émulation et de l’appréhension. Nommé en mars dernier archevêque de la Principauté, Dominique-Marie David aura pour mission le 19 novembre de conduire la célébration de la messe Te Deum de la Fête nationale.

Acmé religieuse de ce jour de fête. Davantage encore cette année, où la Covid-19 a poussé les autorités à réduire le format de la célébration nationale annuelle.

Le virus a fortement impacté les premiers mois d’épiscopat du nouvel archevêque en Principauté. Atteint par la maladie en octobre dernier, Mgr David a dû, depuis le printemps, adapter sa découverte de la Principauté et de ses traditions sous le sceau de la distanciation physique et de la protection sanitaire.

Cette situation inédite, il invite aussi les fidèles à en faire une force pour revoir son regard sur le monde dans cet entretien.

Tout d’abord, comment vous portez-vous, après avoir été contaminé par ce virus il y a quelques semaines?
Je n’ai pas été touché de manière trop grave. Mais forcément, c’est une sensation particulière. On entend parler autour de soi de gens atteints, on continue de vivre comme si de rien n’était et puis tout d’un coup, sans prévenir, on est atteint. Le virus m’a obligé à vivre isolé et un peu plus au ralenti. Mais je suis sorti d’affaires, prêt à poursuivre ma découverte du diocèse.

Une découverte marquée par un temps fort dans quelques jours, la célébration de votre première Fête nationale monégasque…
En effet, je l’attends avec intérêt. J’ai beaucoup entendu parler de ce déploiement qui permet autour de la famille princière, de se réunir, de prendre le temps de fêter, de prier. Cette année, le souverain a souhaité faire tout son possible pour maintenir cette fête, mais nous savons qu’elle sera soumise à des contraintes. J’attends que ce soit une belle fête, particulière, mais qui a tout son sens.

Comment vous y préparez-vous?
Depuis de nombreuses semaines, on prépare la mise en œuvre logistique et pratique. Je me suis renseigné, mais j’aime bien aussi découvrir par moi-même. Maintenir la célébration religieuse, il me semble, donne du sens et du contenu à ce que nous voulons vivre. Encore plus en Principauté, où l’Église et l’État sont dans une forme de collaboration spécifique pour le bien du pays.

"Une période inédite et perturbante”

Ce sera l’esprit de votre homélie, donner du sens à la période que nous traversons?
Je n’ai pas encore complètement terminé mon texte, mais il sera influencé, oui, par cette épreuve que nous traversons. J’ai pris mes fonctions au moment du confinement, forcément, ça a marqué mes premiers mois d’épiscopat et ça va les marquer durablement. J’espère que cette Fête nationale sera une occasion de relire ce que nous sommes en train de vivre. On voit qu’il y a une réflexion sur le temps. Nous pouvons être tentés de regretter le passé avec nostalgie ou de nous inquiéter pour l’avenir, car on sait de moins en moins de quoi il sera fait. Ma préoccupation, c’est de nous rendre attentifs et éveillés à ce que nous pouvons faire maintenant, ce qui est entre nos mains. Même si nous nous sentons plus fragiles, plus démunis, plus affectés.

En somme, un souffle d’espoir?
C’est une véritable épreuve que nous traversons, il ne faut pas le nier. D’autant plus forte que nous sommes dans un monde où tout est possible, tout peut s’acheter ou presque, tout se maîtrise… et puis là, tout vacille. Il faut savoir en tirer les leçons sur notre manière de vivre. La Fête nationale permet de faire mémoire de notre histoire, de notre patrimoine, de notre culture. Elle peut être l’occasion aussi, non pas d’entretenir la nostalgie, mais d’accueillir ce sur quoi nous sommes enracinés pour nous projeter autant que nous pouvons le faire. Nous sommes riches de tout ce qui fait notre identité, notre foi. C’est ce qui doit nous permettre de vivre, avec un regard d’espérance, cette période inédite et perturbante.

Une période marquée aussi par l’attentat de la basilique Notre-Dame à Nice. Vous avez participé à la cérémonie de réparation dans l’église niçoise, qu’avez-vous ressenti ce soir-là?
J’ai été marqué par cette célébration commencée dans le silence et l’obscurité. Puis nous sommes passés de ce silence nécessaire à la lumière, non pas pour nier l’horreur des drames accomplis dans ce lieu, ni la tristesse insondable des familles et des proches. Mais pour, au milieu de ces ténèbres, allumer cette lampe de l’espérance, même si pour certains elle est petite et vacillante.
Je reste marqué par cette célébration, et c’est ce que nous essayerons de manifester lors de notre Fête nationale, sans nier les défis énormes qui nous attendent, mais jouer à notre humble place, ce rôle d’éveilleur et tenir cette lampe de l’espérance.

"Davantage compter les uns sur les autres”

Ce message vous semble nécessaire pour les fidèles. Les sentez-vous particulièrement affectés par la période?
Face à des événements comme ceux que nous sommes en train de vivre, chacun réagit comme il peut. Tout le monde n’est pas armé pour mettre en œuvre la résilience. On peut passer par des hauts et des bas. L’espérance, c’est un combat de chaque matin. Pour cette Fête nationale, le fait d’être ensemble même si nous sommes moins nombreux, c’est aussi un signe d’unité qui joue son rôle et permet de servir au mieux le bien de la Principauté. Et trouver de quoi construire, de quoi grandir, de quoi servir et aimer. Ces valeurs sont toujours au présent, virus ou pas. On ne peut pas traverser cette épreuve en courbant le dos et attendant que ça se passe. On doit aussi encourager tout ce qui peut maintenir la vie. Même si ce n’est pas facile de consentir à l’incertitude.

Vous le disiez, votre arrivée en Principauté a été marquée par le début de cette crise sanitaire. Quel regard portez-vous sur ces six premiers mois à la tête du clergé monégasque?
Quelqu’un m’a demandé récemment : « depuis votre arrivée, est-ce que vous avez vécu une période normale ? ». J’ai répondu que pour l’instant comme archevêque de Monaco, je ne peux pas dire ce que c’est qu’un ministère normal.
Dès mon arrivée, j’ai rencontré un accueil bienveillant et fraternel. On sent qu’en Principauté, la présence de l’Église et de l’évêque fait partie de l’environnement ordinaire, même si tous les habitants n’ont pas les mêmes intérêts ou les mêmes motivations à échanger avec l’évêque.
À l’occasion de quelques événements, j’ai pu rencontrer des personnalités, des familles, des jeunes. Pour l’instant, j’ai pu prendre la température de différentes réalités, mais c’est encore trop limité. Tout ce que je peux faire, je le fais, pour encourager et aider à tenir bon.

Depuis plusieurs jours, on entend dans la société, cette petite musique: "il faut sauver Noël". Comment s’organisera la célébration de la Nativité en décembre?
Ah si je savais… Ce qui est sûr c’est que la fête de Noël, nous ne la repousserons pas, la question est de savoir comment nous allons vivre cette fête. Sans doute différemment. L’Église est toujours attentive chaque année à rappeler le vrai sens de Noël parfois noyé dans une frénésie de consommation, sans doute un peu excessive. On ne va pas se réjouir de ce qui arrive. Mais peut-être, c’est l’occasion de maintenir nos contemporains attentifs à la vraie signification de cette fête. La fête de Noël est née dans une étable, dans la précarité, dans l’incertitude du lendemain. On pourrait, peut-être, plus sobrement et plus profondément, vivre cette fête de Noël.

Gagner en spiritualité, ce qu’on perd en consommation?
La fête de Noël est une belle fête et qu’on puisse la marquer par des échanges de cadeaux, des temps familiaux et festifs c’est tout à fait légitime. Mais c’est peut-être l’occasion de revoir l’importance qu’on donne aux choses et rétablir la hiérarchie des valeurs et du sens. Tout en étant attentifs à ceux qui seront moins favorisés pendant cette période, encore plus cette année, face à des situations sociales et économiques compliquées.
Cette lampe de l’espérance doit être allumée pour le plus grand nombre. Je crois qu’on va devoir davantage compter les uns sur les autres.

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