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Menton : passion sans fausse note

On se balade, on flâne, on fouine.

Aurore Harrouis Publié le 08/05/2016 à 05:05, mis à jour le 08/05/2016 à 05:05
Pierre Rey, Patrick Benini et Nora, et Jean-Paul Marchiandau : tous passionnés.
Pierre Rey, Patrick Benini et Nora, et Jean-Paul Marchiandau : tous passionnés. Michaël Alési

On se balade, on flâne, on fouine. On plonge le regard et la main dans les bacs, à la recherche de la perle rare. Du succès de l'été 1960 au dernier tube du jour. Il y en a pour tous les goûts, pour toutes les bourses aussi, au salon du disque de Menton place du Cap.

Derrière les stands, il y a ces passionnés. Prêts à vous expliquer le pourquoi du comment de ce vinyle. L'histoire d'une affiche, d'un groupe ou d'un objet. Prêts à décrypter leurs trésors musicaux. Pour vous, avec vous…

Patrick Benini, la bande originale d'une vie

 

Lui est avant tout collectionneur. Et avant de commencer à disperser sa collection, Patrick Benini, le Mentonnais, détenait 6 000 vinyles chez lui ! Un virus qui l'a contaminé en 1966, quand il choisit son premier disque, Baby, Come Back des Equals. Une maladie que ce fou de musique a conservée tout au long de sa vie. « Mais je ne suis pas éternel ! J'ai demandé à mes enfants ce qu'ils feraient plus tard de mes vinyles… Et ils ne veulent pas les garder. Alors, j'ai commencé à vendre à des gens qui sont intéressés… Il y a de plus en plus de jeunes que les vinyles passionnent. Des trentenaires qui se mettent à vouloir écouter ce son si particulier du disque. Et puis, l'objet en lui-même est plus esthétique qu'un simple CD… » Alors, pour alléger un peu ses étagères, Patrick, accompagné de son épouse Nora, sort, depuis un an, ses disques, pendant les salons ainsi que tous les week-ends, dans son local « Fuzzy amp vinyls » au 4 traverse de Bréa. Une belle façon de partager sa passion…

Jean-Paul Marchandiau, le survivant

C'est lui le GO… Gentil organisateur du salon du disque de Menton. Quatre fois par an, Jean-Paul Marchandiau appelle ses copains disquaires pour animer la place du Cap. « Nous sommes des survivants, des espèces en voie de disparition ! », blague-t-il d'emblée. Depuis 1983, dans sa boutique hyéroise, Jean-Paul exerce cette profession menacée par la « concurrence des multinationales » et Internet. « On a quand même un avantage… C'est que nous connaissons nos articles, nous savons ce que l'on vous vend ! », assure-t-il. En plus de trente ans de disques, Jean-Paul Marchandiau a vu la profession évoluer. « Avant, on pouvait tout faire. Du top 50 à l'alternatif… Alors nous, on doit donner dans la rareté, avoir la petite note qui fait la différence… » Tout ça, avec un sens inné du contact avec le client. « Ce qui me plaît le plus, c'est de rendre les acheteurs fous de joie en trouvant pour eux la perle rare ! »

Pierre Rey : « le CD, c'est presque du congelé ! »

 

Quand on lui demande quel est l'article le plus ancien de son stand, il répond en souriant : « C'est moi ! » A 72 ans, Pierre Rey est le doyen du salon du disque. Et, tombé dans cette passion depuis 40 ans, il a eu le temps de collecter bon nombre de richesses. Des vinyles, des objets de collection et des CD aussi… Même si… « le CD, c'est de l'archi-froid, du presque congelé… C'est pratique en voiture, mais c'est tout ! La musique d'un vinyle, ça n'a quand même rien à voir… »

Originaire de Belfort, où il a sa boutique, Pierre Rey affectionne tout particulièrement Johnny Hallyday. « On a le même âge, j'ai grandi avec lui ! » Parmi les raretés qu'il possède de Johnny, il dégaine un disque avec Adeline, donné aux invités le jour de son mariage.

Et puis, le velours, un Johnny des années 65 à la pochette duveteuse. Petit bijou, édité en petite quantité. Le prix ? Il ne l'évoquera pas. Mais il indique : « Par rapport au même avec la pochette carton, il vaut dix fois plus… » Avis aux amateurs de belles choses.

Offre numérique MM+

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