Menacées par le violent coup de mer, les tribunes de la 89e Fête du citron seront finalement bien dressées à Menton

L’inquiétude planait depuis le coup de mer du 18 janvier: allait-on devoir renoncer à installer les assises traditionnellement implantées sur la plage? Depuis ce mardi, un engin s’active à cet effet.

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Gaelle Belda Publié le 25/01/2023 à 12:04, mis à jour le 25/01/2023 à 18:53
"On a bien failli renoncer à la partie haute de la tribune C.", avoue Christian Tudès, premier adjoint au maire de Menton. Photo G.B.

La mer aime bien grignoter la plage. Elle y procède régulièrement et très sûrement tout au long de l’année. Mais, en général, juste avant la Fête du citron, elle ménage ses ardeurs. Seulement voilà, pas cette année. C’est ainsi que dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 janvier, d’impressionnantes vagues ont avalé le sable, déplacé des galets et imposé aux promeneurs de l’aube un triste spectacle.

Même les blocs de béton, censés protéger les tribunes des coups de mer, ont été violemment bousculés. C’est dire la violence de l’événement…

Face au Paris Palace, sur la promenade du Soleil, des assises avaient déjà été partiellement installées. Restait quand même la plus grande tribune à positionner. Côté plage, du coup. Sur le sable. Sauf qu’étant donné l’état du site, impossible de l’envisager…

De réunions en visites de chantier de déblaiement, une issue a finalement été trouvée. Sauvant ainsi 2.500 billets pour les corsos mentonnais…

Ce mardi, le chantier réengraissage de la plage, côté tribune C de la Fête du citron, a démarré Ga.B..

"Ne surtout pas décevoir les gens"

"Nous avons eu très très peur. L’affaire était très mal engagée", laisse tomber Christian Tudès, premier adjoint au maire de Menton.

Avant de poursuivre: "On a bien failli renoncer à la partie haute de la tribune C. Elle a besoin d’un sol solide, puisque ses pieds sont directement posés sur la plage. C’est un système de pilotis. Mais le secteur était tellement érodé, que ça paraissait quasi impossible."

Ces 2.500 places ainsi perdues, c’était un manque à gagner de 250.000 euros. "C’était surtout décevoir énormément de gens désireux d’assister à la Fête du citron", insiste l’élu. Et ça, il n’en était pas question.

La solution? Engraisser la plage avec des tonnes de cailloux. Depuis ce mardi, une pelleteuse s’affaire à cet effet. Christan Tudès détaille: "Nous allons donc apporter ces petits galets, les compacter et ainsi solidifier fortement le sol. À la fin de la manifestation, ils devront être retirés. C’est un site Natura 2000, on ne fait pas tout à fait ce que l’on veut non plus. Mais, nécessité faisant loi, on nous a permis de sauver la fête de cette façon-là."

Les blocs de béton seront ensuite bien positionnés pour protéger l’ensemble. "Nous n’avions pas eu le temps de les rendre hermétiques, comme nous le faisons à chaque fois. Le coup de mer nous a devancés." 

Il assure: "Il y aura des contrôles de sécurité auxquels nous apporterons une très grande vigilance. Nous ne prendrons aucun risque pour les gens."

Le coût de l’opération? "Rien que l’apport de matériaux va nous coûter 70.000 euros hors taxes. Ajoutons à cela la manutention, les engins, la main-d’œuvre."

Le premier adjoint souligne: "Oui, c’est un imprévu. Tout a un coût, forcément. Mais nous ne pouvions pas laisser les choses en l’état. Il était trop important de pouvoir tenir nos engagements."

Henri Scandola, conseiller municipal, délégué aux services techniques modère: "Aujourd’hui [mardi 24 janvier, ndlr], la mer a remonté des matériaux. Parfois elle prend et parfois elle rend… Nous étions partis sur une commande d’un millier de mètres cubes. Ce sera peut-être un peu moins du coup." En matière de timing, ce dernier table sur huit jours environ de travail, afin de retrouver une plage en état. "Dans tous les cas, ce devra être terminé pour le 10 février!"

"Sauf nouvelle catastrophe climatique, tout est sous contrôle: nous sommes assurés d’avoir l’ensemble de nos tribunes installées", insiste Christian Tudès. Le 2 février, une toute dernière réunion de calage aura lieu avec, notamment, les services de la préfecture. "Nous en avons déjà eu deux et elles sont axées sur la question de la sécurisation de la fête. Lors de la prochaine, nous scellerons les choses."

La piste cyclable n'est pas tout à fait remise en état. Mais il n'y aura rien d'irréparable. Photo Jean-François Ottonello.

Quid de la piste cyclable?

Regarder les corsos passer, c’est bien, mais pédaler le long de l’eau... ce n’est pas mal non plus. Mais la toute fraîche piste cyclable mentonnaise a, elle aussi, été victime du coup de mer. Christian Tudès explique, las: "La piste a ses fans mais elle a aussi ses détracteurs."

Les critiques vont bon train autour de la matérialisation de ce qui est, pour l’heure, le premier jet d’un parcours que la Ville souhaite bien plus travaillé.

Et, pour l’instant, il est couvert de galets...

"En fait, nous avons délimité la piste par des parapets en béton. Il semblerait qu’au moment où les vagues sont venues s’abattre, elles aient retenu les galets et autres matériaux. La voie principale, de circulation automobile a ainsi été préservée... Et, certes, la piste cyclable a besoin d’un grand nettoyage."

Rien d’irréparable. Comme, globalement, un peu partout en ville. Les services techniques procèdent, progressivement, à tous ces chantiers. Aujourd’hui, d’ailleurs, ils sont du côté des plages privées de la baie de Garavan, particulièrement touchées.

Histoire de remettre en état la plage, toujours en vue d’accueillir au mieux Mentonnais et touristes lors de la grande fête annuelle...

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