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Max Gallo : Un être ambigu et biface...

Mis à jour le 08/01/2016 à 05:14 Publié le 08/01/2016 à 05:14
Max Gallo ne regrette pas son rapide passage auprès de François Mitterrand. Mais il en conserve une image très contrastée.

Max Gallo ne regrette pas son rapide passage auprès de François Mitterrand. Mais il en conserve une image très contrastée. Richard Schroeder

Max Gallo : Un être ambigu et biface...

L'écrivain niçois Max Gallo, éphémère compagnon de route de François Mitterrand, n'a pas forcément une folle envie de s'épancher à son sujet.

L'écrivain niçois Max Gallo, éphémère compagnon de route de François Mitterrand, n'a pas forcément une folle envie de s'épancher à son sujet. Celui qui fut porte-parole du gouvernement de Pierre Mauroy de mars 1983 à juillet 1984, après avoir été élu député PS des Alpes-Maritimes en 1981, nous renvoie d'abord poliment à un article rédigé voici vingt ans dans Le Figaro, au lendemain de sa mort.

Puis il consent malgré tout, sans enthousiasme perceptible, à nous retracer à grands traits « son » Mitterrand. Un homme rencontré pour la première fois sur le plateau de l'émission Apostrophes de Bernard Pivot, en 1976. Voici quelques années, il en livrait sur Europe 1 un portrait presque glaçant : « Dans son bureau, tout le monde se couchait, Mitterrand n'avait qu'à regarder. C'est vrai que son regard vous fusillait, il avait un regard perçant. Il vous anéantissait en quelque sorte. »

« Deux courants »

À l'Élysée, Max Gallo le rencontrait en tête-à-tête chaque mardi matin, pour préparer le conseil des ministres du lendemain.

Aujourd'hui, il reconstruit un parcours à la trace multiple. « Un homme décoré de la Francisque, classé comme vichyste collaborateur mais qui en même temps a travaillé pour une association d'évadés et est donc incontestablement un résistant, même si c'est un résistant tardif. Il a ensuite continué à défendre les deux courants qu'il a incarnés en fleurissant la tombe de Pétain. C'est un personnage ambigu, biface, comme l'ont été ses gouvernements. Selon que l'on prenait tel ou tel secteur, on avait telle ou telle réponse. »

Au titre de son héritage politique, le romancier-historien retient l'abolition de la peine de mort, les 39 heures et « une politique extérieure qui renvoie vers des horizons que de Gaulle avait contestés, c'est-à-dire l'alliance avec les États-Unis ».

« Giscardisme rose »

Gallo résume son action d'une formule : « C'était un giscardisme rose, la prolongation de ce qu'avait entrepris Giscard d'Estaing. »

Le Président socialiste est décrit comme « un homme évidemment très cultivé, attaché à des relations profondes, auquel il ne fallait pas déplaire. Il jugeait de la valeur des individus mais aussi de son intérêt comme homme politique à les avoir dans son camp ».

Cruel, machiavélique, comme beaucoup le laissent entendre ? « Tous les états sont des monstres froids, disait de Gaulle. On peut reprocher bien des choses à François Mitterrand, mais je n'en dresserai pas la liste, c'est encore un peu tôt. »

Max Gallo a vite déserté ce cercle fermé, au bout de quinze mois seulement. « Je me suis senti très mal à l'aise et j'ai quitté le gouvernement sans éclat, de moi-même. Je ne suis pas courtisan et être porte-parole, c'est porter la voix des autres. La politique est une action collective, être écrivain, c'est être un solitaire. Je ne pouvais me soumettre au rayonnement du monarque que tout le monde admirait. »


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