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Marie Blanc : femme d'affaires et mécène

Retrouvez chaque mois, la chronique du Comité des traditions monégasques

Publié le 29/04/2017 à 05:07, mis à jour le 29/04/2017 à 05:07
Fin des travaux de la façade sud de l'Opéra de Charles Garnier.	(DR)
Fin des travaux de la façade sud de l'Opéra de Charles Garnier. (DR)

Sous l'impulsion d'un prince visionnaire, Charles III, et d'un homme d'affaires exceptionnel, François Blanc, Monte-Carlo et la Principauté de Monaco vont connaître un essor rapide et une prospérité croissante. Mais on oublie souvent d'y associer son épouse Marie Blanc, qui participa grandement au rayonnement culturel et artistique de la Principauté.

Marie Charlotte Hansel, née en 1833, dans une famille modeste originaire de Friedrichsdorf, en Allemagne, rentre à 14 ans au service de François Blanc qui règne à cette époque sur un casino, un établissement thermal et des hôtels luxueux dans la ville de Bad-Homburg en Allemagne. François Blanc qui admire de plus en plus la vivacité d'esprit et d'intelligence de Marie, l'épousera en 1854 en secondes noces.

À partir de 1863 Marie Blanc seconde son mari et participe à l'animation et à l'embellissement de la nouvelle station de Monte-Carlo. En 1874, elle se rend compte que les caves de l'Hôtel de Paris, construites dans l'urgence, s'avèrent exiguës et mal conçues. De surcroît, les vins y vieillissent mal. Elle décide alors de financer sur ses fonds personnels les fameuses caves qui sont encore de nos jours les plus somptueuses du monde. Elle confie le projet à l'un des architectes du Casino, Jules-Laurent Dutrou, qui les construit sur le modèle des chais de Bordeaux. Présentant des conditions parfaites pour la conservation des vins, elles s'étendent sur une surface extrêmement vaste et peuvent abriter 350 000 bouteilles.

 

En 1873, Monaco est invité à l'Exposition universelle de Vienne, suprême consécration pour ce petit État devenu en quelques années prospère et promis à un bel avenir. La Principauté, qui veut figurer dignement à cette exposition, confie le projet à Marie Blanc et au comte Bertora nommé commissaire général de l'exposition. Dans le pavillon de style renaissance italienne seront présentés des produits issus du terroir monégasque et de l'artisanat local fabriqués par la Société industrielle et artistique de Monaco, créée en 1871 par Mme Blanc, elle-même. Cette dernière, peu satisfaite de la représentation des « pièces d'artisanat local » décide d'acheter et de faire expédier à Vienne un lot de céramiques réalisé par Charles Fischer, originaire de Strasbourg, céramiste qui, avec son épouse, dirige un atelier de poterie à Oloron Sainte-Marie dans les Pyrénées. Mme Blanc s'assure l'exclusivité de cette production qu'elle baptisera « Poteries de Monaco ». Suite au vif succès remporté par ces poteries, elle réussit à convaincre les époux Fischer de venir s'installer à Monaco. Et c'est ainsi qu'au début de 1874, la poterie artistique de Monaco voit le jour et allume son premier four.

À la mort de son mari survenu en 1877, elle continua à diriger sa société d'une main de maître. Elle fera appel à Charles Garnier qui vient de terminer en 1874 l'Opéra de Paris pour construire une salle de spectacle au sein du Casino. Charles Garnier devra s'acquitter de sa tâche en six mois et n'aura d'autre choix pour tenir les délais que de recourir au travail de nuit. Le 25 janvier 1879, le nouvel établissement de la SBM est inauguré en présence de la princesse Florestine et sur scène, de Sarah Bernhardt que Marie Blanc a fait venir pour l'occasion.

Ce fut une grande mécène et elle financera de nombreux projets sur ses deniers personnels : entre autres, elle offrit cent mille francs pour la construction de la Cathédrale de Monaco. Toujours fidèle à son idée de faire de Monte-Carlo un haut lieu artistique, elle prévoit d'y construire un Palais des Beaux-Arts mais elle meurt subitement le 25 juillet 1881 à l'âge de 48 ans.

Offre numérique MM+

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