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Marcel Pagnol, Monégasque de coeur

Mis à jour le 08/02/2020 à 11:10 Publié le 08/02/2020 à 11:10
Marcel Pagnol.	(DR)
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Marcel Pagnol, Monégasque de coeur

Retrouvez chaque mois la rubrique bilingue du Comité nationale des traditions monégasques

Pour le 125e anniversaire de la naissance de Marcel Pagnol, le Comité des traditions tient à rendre hommage ici à ce Monégasque de cœur et « de rappeler quelques faits marquants de cette tranche de vie que Marcel Pagnol eut la délicatesse de considérer comme l'époque la plus heureuse de son existence » (1).

Si Marcel Pagnol a connu la gloire avec la pièce de théâtre Marius à Paris en 1929 et sa célèbre réplique de la partie de cartes - « A moi il me fend le cœur. Et à toi, il ne te fait rien ? » - son premier triomphe au théâtre a eu lieu le 6 décembre 1926 à Monte-Carlo avec la représentation de sa pièce Jazz.

René Blum, le directeur du théâtre, ne manquait pas d’audace en donnant avant Paris une pièce d’un jeune auteur encore inconnu pour inaugurer sa saison théâtrale. Mais c’est un véritable triomphe et cette première création marque le vrai début de la carrière dramatique de Marcel Pagnol ainsi que son attachement pour la Principauté. L’éditorialiste du Journal de Monaco écrivait au lendemain de la représentation : « Les applaudissements crépitèrent pendant toute la soirée… Il serait surprenant que M. Marcel Pagnol ne se fit pas rapidement un nom au Théâtre. Il deviendrait un des Maîtres de la scène que nous n'en serions pas autrement étonné. » Et en effet, Marcel Pagnol au théâtre comme au cinéma est allé de triomphe en triomphe.

L’histoire d’amour entre Marcel Pagnol et Monaco est d’abord celle de l’amitié qui a lié le prince Rainier III à l’auteur de La Gloire de mon père. Il viendra d’ailleurs s’installer à Monte-Carlo où il fera l’acquisition d’abord d’un appartement au Grand Palais, 2 boulevard d’Italie, puis en 1951 d’une somptueuse villa, « La Lestra », boulevard des Moulins. Malheureusement, sa fille Estelle meurt en 1954 et Pagnol et sa femme Jacqueline fermeront l’hôtel particulier pour ne plus jamais y revenir.

Malgré ce drame, Marcel Pagnol restera fidèle à Monaco. Il confiera la publication de ses souvenirs d’enfance à son ami de toujours, l’éditeur monégasque Clément Pastorelly. Il continuera à sièger au Conseil littéraire de Monaco et assistera au premier Festival international de télévision de Monte-Carlo en 1961.

Le 2 septembre 1977, sera inauguré en présence du prince Rainier et de sa famille le « square Marcel-Pagnol », place des Moulins, tout près du Grand Palais où il vécut. C’est Jacqueline Pagnol qui dévoilera la stèle ornée d’un médaillon à l’effigie de Marcel Pagnol, réalisé par Ange Zagoni.

Per u çentu vintiçinqèsimu aniversari d’a nàscita de Marcel Pagnol, u Cumitau d’ë Tradiçiue vurerëssa aiçì rende umage a chëlu Munegascu de cœ e « rapelà carche fatu nutèvule d’achësta perioda che Marcel Pagnol, cun tantu gàribu, à cunsiderau cuma l’èpuca a ciü felice d’a so’ vita »

Se Marcel Pagnol à cunusciüu a glòria a Parìs ün 1929 cun a cumèdia teatrala « Marius » e a famusa rèplica d’a partia de carte : « A min me scciapa u cœ… E a tü ? cosa te fà ?... Nun te fà propi ren ?1 », u so primu triunfu a u teatru è capitau u 6 de deçembre d’u 1926 a Munte-Carlu cun a rèçita d’a so’ cumèdia « Jazz ».

Se pò ben dì che u diretù d’u teatru, u Sciü René Blum, gh’à avüu üna bela mùtria de dà, prima de Parìs, ün’obra d’ün zùvenu autù ancura scunusciüu per inaugürà a stagiùn teatrala. Ma è stau ün veru triunfu e achësta prima creaçiùn devëva marcà l’iniçi d’a carriera dramàtica de Marcel Pagnol ma tambèn üna longa staca per u Principatu. A u lündemàn d’a representaçiùn, l’editurialista d’u Giurnale de Mùnegu à scritu: « U püblicu à aplaudiu tantu e tantu… Serëssa propi üna stranëssa se Marcel Pagnol nun se fëssa prun vite ün nume a u Teatru. E, serèssëmu prun stunai se nun deventëssa ün d’i ciü briusi mestri d’a sçena. » E de fati, tantu a u teatru cuma a u çinemà, Marcel Pagnol gh’à avüu triunfi e triunfi.

U legame afetüusu tra Marcel Pagnol e Mùnegu è, per primu, üna stòria d’amicìçia che à ligau u Prìncipu Rainiè III cun l’autù de « A Glòria de me pàire ». È cuscì che è vegnüu a se stabilì a Munte-Carlu unde à fau prima, l’achistu d’ün apartamëntu a u « Gran Palaçi », a u 2 d’u Cursu d’Itàlia e pœi, ün 1951, d’üna suntüusa vilà « A Lestra » a u Cursu d’i Murìn. Ma a disgràçia à vusciüu che so’ fiya Estela murëssa ailì e d’aura ünlà Pagnol e so’ muyè Giaculina àn serrau a vilà per mai ciü ghe revegne.

Margradu achëstu gran malür, Marcel Pagnol è sempre stau stacau a Mùnegu. Ecu perchè à cunfiau a u so amigu de tugiù, l’editù munegascu Clemente Pastorelly, a püblicaçiùn d’i soi suvegnì d’ünfança. À tambèn cuntinüau a iesse Sòciu d’u Cunsiyu Literari de Mùnegu e era presente a u primu Festivale Ünternaçiunale de Televisiùn de Munte-Carlu ün 1961.

U 2 de setembre d’u 1977 è stau inaugürau ün presença d’u Prìncipu Rainiè e d’a So’ Famiya u « Giardìn Püblicu Marcel Pagnol », Piaça d’i Murìn, da vijìn d’u « Gran Palaçi » unde à vivüu. È stà Giaculina Pagnol che à svelau a stele cun u medayùn a l’efìgie de Marcel Pagnol realisau da Àngelu Zagoni.

De cette soirée du 6 décembre 1926 Marcel Pagnol devait garder un souvenir inoubliable qu’il décrivit lui-même : « J’avais décidé de rester en coulisses ; mais avant le lever du rideau, René Blum me prit par le coude et m’entraîna vers les salles de jeu. “Il ne faut pas s’énerver, me dit-il, nous entrons dans l’irréparable… Demain vous viendrez écouter votre pièce… Tenez voilà 5 jetons de 100 francs que le Casino vous offre : si vous jouez prudemment, ça peut durer une demi-heure, ce qui vous mènera à la fin du l’acte : je viendrai alors vous dire les nouvelles !” Il me laissa dans l’antre de la fortune… Je m’approchai d’une table de roulette, et je m’efforçai de suivre le jeu. Après avoir constaté que le noir était sorti quatre fois de suite, je déposai deux jetons de cent francs sur le rouge, persuadé que l’injustice dont cette couleur venait d’être victime sous mes yeux allait être immédiatement réparée. Le croupier, un véritable prestidigitateur, lança la bille d’un geste si vif qu’elle parut fuir son index et il dit en pensant à autre chose : “Rien ne va plus !” C’est à ce moment qu’un régisseur de théâtre me toucha l’épaule : “Venez vite. Le premier acte est fini. Venez vite, c’est gagné !” Nous courûmes vers la sortie. Dans l’atrium, j’entendis aussitôt une grêle d’applaudissements. “Cinquième rappel ! chuchota mon guide. Pour une première, c’est rare !” Je fus transporté de joie par cette opinion d’un connaisseur… C’est alors qu’un chasseur surgit en courant : “Monsieur, le croupier de la table 8 vous fait dire que le rouge est sorti cinq fois de suite, et que ça ne continuera pas comme ça !” Je m’élançai, il me suivit. Comme nous arrivions près de la table où j’avais oublié ma mise, le croupier annonçait : “Rien ne va plus !” Je regardais, stupéfait, cette pyramide de jetons que je n’avais pas le droit de prendre… la bille tourna presque sans bruit… tressauta un instant sur les petites cloisons qui séparent les numéros, et soudain le croupier annonça : “16, rouge, pair et passe !” Le chasseur, détendu, m’aida à ramasser mon butin… Un semestre de Condorcet (1), 6 200 francs. Il y a des jours fastes, où tout réussit insolemment. »

La stèle du square Marcel-Pagnol.	(DR)
La villa La Lestra.	(DR)

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