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Marcel Firpo, poète des traditions mentonnaises

Mis à jour le 29/12/2018 à 05:01 Publié le 29/12/2018 à 05:01
Pierre Massena qualifie Marcel Firpo de « restaurateur des lettres mentonnaises ».	(DR)

Marcel Firpo, poète des traditions mentonnaises

Retrouvez, comme chaque samedi, la rubrique d'art et d'histoire du pays Mentonnais. Retour sur Marcel Firpo à l'occasion du 140e anniversaire de sa naissance

Marcel Firpo est né à Menton en 1878 dans une famille de maçons, installée dans la commune depuis 1806. Ses études lui permettent de développer son goût naturel pour la littérature. Pour ne pas laisser mourir le parler de Menton, Marcel Firpo décide d'écrire les textes de chansons en mentounasc car, dit-il, « la chanson mentonnaise c'est le cœur frémissant de Menton ».

L'œuvre de Firpo embrasse ainsi plus d'un demi-siècle et reste étroitement liée à la floraison littéraire et dialectale encouragée en Ligurie Intémélienne par E. Azaretti et F. Rostan, en pays niçois par J. Giordan, L. Genari, F. Gag et à Monaco par Louis Notari, que Firpo aime comme un maître et comme un père.

À la tête du Comité des Traditions Mentonnaises et de sa troupe du " Teatrou du pe descausse ", Firpo est le premier à mettre en scène des personnages typiquement mentonnais. Sous le sobriquet de " Piè Moughougna ", il écrit des comédies - une bonne douzaine - qu'il fait représenter et qui recueillent quelques succès.

L'œuvre de celui que notre poète Pierre Massena qualifie de « restaurateur des lettres mentonnaises » restera un modèle dans son domaine d'expression privilégié - la poésie - avec ses recueils inédits comme : " E Scaglie d'u camen ", "Foara camen ", "Brigaglie ", "Giuan Cardelina" (poème en dix chants), et a publié deux recueils : "Cansù e puesie de Mentan" et " Au pays de Menton : Poésies ", et d'autres écrits dialectaux dans les revues : " Les Annales de Menton ", "A Barma Grande - Antulugia Intemelia ", L'Armanac Nissart…

On peut dire qu'il est à ce jour le poète dialectal le plus abondant. Son œuvre est considérable : outre une trentaine de chansons, il a laissé à peu près huit cents petites pièces de vers, des sonnets principalement. L'ensemble de l'œuvre poétique de Firpo est chère aux Mentonnais car l'auteur, en écrivant en mentounasc, donne à notre parler une finalité nouvelle : celle de langue littéraire.

À partir de 1922, Firpo va œuvrer sans relâche pour le maintien des traditions populaires et la sauvegarde de la langue mentonnaise. Il se révèle comme un chercheur tenace et minutieux de la mémoire du pays mentonnais. Il a toujours le soucis de transmettre au fils l'œuvre du père.

En 1954, âgé de 76 ans mais toujours vigoureux et dynamique, Firpo fonde sous le pseudonyme de Louis Ravalin et avec Michel Gambarini, " Le Terroir Mentonnais ", une Société d'Etudes et de Vulgarisation qui publie " Les Annales de Menton ".

Il participe à la création du Festival de la Poésie et de la Comédie intémélienne de Pigna qui réunit auteurs et acteurs dialectaux. En 1974, la 7e édition du festival rend hommage au poète mentonnais en programmant une sélection de ses plus beaux chants.

Firpo passe ses dernières années à Varages, en Provence intérieure, chez son neveu et fils adoptif, Gaston Firpo, médecin, qui l'entoure de beacoup de soins et d'affection. Marcel Firpo disparait le 27 novembre 1973 à l'âge de 95 ans.

« Ce qu'il faut garder [NDLR : de Firpo], a écrit Michel Gambarini… Ce nom si combattu, mais si populaire… c'est le souvenir des services qu'il a rendus à son pays. C'est la mémoire, de cet amant de Menton, de ce poète (…) qui ne cessa jamais de travailler pour son pays natal».

Inhumé à Varages, son vœu le plus cher demeurera insatisfait. N'avait-il pas chanté en une strophe inoubliable :

« Et quand j'aurai chanté ma terre maternelle,

Oh, mon Dieu, faites que, comme un petit enfant,

Je vienne m'endormir dans votre paix éternelle

En un petit coin de terre de Menton ».

S'il est des lieux où souffle l'esprit, le Vieux-Château est assurément l'un de ceux-là et le promeneur attentif, en portant son regard sur quelques carreaux de terre cuite, pourra y découvrir la sensibilité et la spiritualité du message poétique de Marcel Firpo.


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