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Marc Dessi, un 40e départ au compteur

Mis à jour le 19/01/2019 à 05:04 Publié le 19/01/2019 à 05:04
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Marc Dessi, un 40e départ au compteur

Le Monégasque de 63 ans possède le plus grand nombre de participations au Rallye Monte-Carlo. Jeudi prochain à Gap, il s’élancera aux côtés de sa fille, Pamela

Une carrosserie noire pimpante et des courbes vertigineuses. Dans ce garage des Moneghetti, cette Ford Fiesta R2 se fait chouchouter par un staff de mécaniciens. Sur le toit, les couleurs de la Principauté et le slogan « Daghe Munegu » soulignent la fierté de représenter son pays. Sur le capot, des stickers prouvent la longévité du pilote concerné, Marc Dessi, sur le Rallye Monte-Carlo. Le seul, l’unique, le mythique. Quarante participations depuis 1976. Quatre décennies de passion. Au point d’avoir son patronyme dans le livre Guinness des records.

Cet amoureux de l’asphalte a couru avec toutes les femmes de sa vie sur ce circuit légendaire. Avec sa femme, Carla, qui lui lisait ses notes. Puis sa fille, Vanessa, pendant deux décennies. Et, enfin, Pamela, pour la deuxième fois. C’est donc avec la benjamine du clan Dessi qu’il ralliera Gap à Monaco en espérant figurer sous la barre des 60 au classement, afin de participer à la spéciale fatidique du col du Turini. Vous l’aurez compris, les puissantes bagnoles, les moteurs qui ronflent, les pneus qui crissent, c’est un truc de famille. Un virus pour lequel la famille ne semble pas pressée de dégoter un antidote.

« On est les Petit Poucet »

L’an dernier, au volant d’une Twingo R1, les pépins mécaniques ont pris le dessus provoquant un abandon forcé lors de l’ultime spéciale. Face aux mastodontes de l’épreuve, au milieu de cette cour des grands, le seul équipage 100 % monégasque la joue sans prétention. « Si on finit le rallye, on est déjà vainqueur », sourit Pamela. Son paternel surenchérit : « On est clairement les Petit Poucet car on a un petit budget. Notre victoire, c’est de représenter modestement notre cher pays. On est déjà des privilégiés de prendre le départ. »

Pour Marc Dessi, ce sera donc le quarantième Monte-Carl’. Et 1976, c’est comme si c’était hier. À cette époque, le « petit » Marc n’a que 20 printemps. À peine le permis et déjà un profil de tête brûlée en compétition. À l’époque, il roule au volant d’« un clou, d’une vieillerie quoi ». Une Alpha 1 750. « La voiture qu’on utilisait au rallye était celle qui servait à emmener les enfants à l’école le lundi. Si elle tenait jusqu’à la concentration, c’était déjà bien, rigole-t-il. On faisait plusieurs milliers de kilomètres à l’époque ! »

Des anecdotes, il en a autant que de virages serrés avalés à une vitesse démente. Il se souvient de cette année 1984, au volant d’une Peugeot 504 africaine trop haute, aux suspensions assez dures. Un engin guère adapté au rallye.

« Au départ, tout le monde se moquait de moi. Mais cette année-là, il y a eu beaucoup de neige durant le rallye. Du coup, la voiture passait dans toutes les ornières. On a fait de belles performances », se rappelle-t-il. Ou encore, plus grave, cet accident qui aurait pu s’avérer tragique. « Ce jour-là, à Saint-Bonnet-le-Froid (Haute-Loire), on a fait une sortie de route. La voiture a atterri sur un pin à plus de dix mètres de hauteur. Puis, la voiture a glissé le long du tronc. On aurait pu se tuer… D’ailleurs, mon copilote de cette année-là n’a plus voulu faire de rallye », raconte-t-il.

« Remise en question »

Ce rallye-là est piégeux. Il met les nerfs à rude épreuve. D’une année à l’autre, tout peut changer. Même avec quarante années d’expérience au compteur. « Tout n’est qu’une remise en question à cause de la météo. C’est ce qui fait le charme de ce rallye, d’ailleurs », poursuit-il. Chaque spéciale peut être reconnue à deux reprises. D’où la nécessité vitale, aussi, d’avoir une confiance aveugle en son copilote. Avec le même sang dans les veines, cela rend forcément la tâche plus aisée. Et ce, même si Marc Dessi n’a pas beaucoup roulé avec Pamela. « Il faut être à l’écoute, rigoureux. Il faut bien se connaître, avoir confiance l’un en l’autre. On s’entend très bien et la complicité est héréditaire. On se comprend sans se parler », affirme la pimpante trentenaire. « Je me fais engueuler de temps en temps », sourit l’intéressé.

« Il aime faire le spectacle »

Une chose est sûre, le duo est là, avant tout, pour s’amuser. Passer du temps entre père et fille. Avec forcément, même s’ils semblent trop humbles pour l’avouer, l’espoir d’en découdre avec les 83 autres engagés et de battre le record historique de Marc : une 26e place au général (avec Vanessa) en 2001. Pour cela, le pilote n’hésitera pas à monter dans les tours sur un terrain qu’il affectionne tant.

« Il aime faire le spectacle », rigole sa fille. « Si ça ne glisse pas, je ne sais pas conduire, ajoute Marc Dessi. Lors d’un rallye, dans une descente sur glace vive, pas plus large que la voiture, je peux être à fond de 5e. »

Drôle de paradoxe quand on sait que l’homme affiche un autre profil de pilote à la ville. « En ville, je roule à 2 km/h, je me fais même klaxonner », se marre-t-il.


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