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Malaise des gardiens d'immeuble : les réactions

À la suite de notre dossier publié hier, vous avez été nombreux à nous contacter pour apporter votre soutien, partager vos expériences et raconter vos conflits. Des situations pesantes au quotidien

Grégory Leclerc Publié le 12/03/2016 à 05:14, mis à jour le 12/03/2016 à 05:14
Les copropriétés sont souvent le théâtre de conflits parfois très violents.	(Ph. illustration/archives Nice-Matin)
Les copropriétés sont souvent le théâtre de conflits parfois très violents. (Ph. illustration/archives Nice-Matin)

Le dossier que nous avons consacré, ce vendredi, au malaise de la profession de gardien d'immeuble, a suscité nombre de réactions hier. A commencer par le gardien de la résidence du Cannet, Bertrand Pérard, qui a témoigné dans nos colonnes. Touchés par sa détresse, nombre de copropriétaires lui ont apporté leur soutien hier. Y compris d'autres résidences.

Des médias l'ont également contacté à la suite de notre article. Des gardiens d'immeubles l'ont aussi assuré de leur solidarité en téléphonant à sa loge. « Cela réchauffe le cœur », nous a confié Bertrand Pérard. Le sujet est lourd. Neuf gardiens d'immeuble se sont en effet donné la mort ces neuf derniers mois dans les Alpes-Maritimes, selon le syndicat Force ouvrière. Dévalorisés, harcelés, parfois humiliés, certains sont aujourd'hui en détresse.

Une vraie désespérance

 

Les courriels que nous avons reçus témoignent en nombre de ce malaise voire de cette désespérance.

Pierre, de Nice, témoigne ainsi. « Un seul couple de personnes, sur la totalité de la copropriété, harcèle et le mot n'est pas faible, le couple de concierges et une propriétaire qui a eu le malheur de prendre parti pour eux ».

Jocelyne, qui fût gardienne à Nice et travaille encore, raconte l'enfer dû au stress et « à l'acharnement des copropriétaires ». À un niveau tel, selon elle, que son mari est décédé prématurément, et qu'elle a déclaré un cancer à l'âge de 37 ans.

Un autre gardien témoigne. Pascal, 52 ans, gardien à Juan-les-Pins depuis plus de seize ans. Il a subi un accident du travail. Un événement assez fréquent dans une profession très physique où il faut parfois pousser des poubelles de 600 litres. Il n'est pas en arrêt maladie, mais est pourtant menacé de licenciement. On vient, affirme-t-il, de lui retirer les clés des locaux techniques. « Je risque de perdre à la fois mon travail et mon logement. A 52 ans ! Comment ne pas être sur les nerfs, dépressif ! Je pense aux gardiens qui sont seuls, je peux comprendre qu'ils soient poussés à bout. J'ai la chance d'avoir ma femme qui me soutient. »

Une vraie promiscuité

 

L'un des courriels que nous avons reçu va dans le sens inverse. Dominique, une Niçoise, souligne à juste titre qu'il peut y avoir de bons et de mauvais gardiens. Notre enquête n'avait d'ailleurs pas vocation - il est bon de le souligner - à mettre les copropriétaires en accusation. Mais juste à raconter de l'intérieur la lente agonie d'une profession très bousculée.

Dominique raconte son conflit qui dure depuis huit ans avec ses gardiens. « En fait depuis le jour où mon mari et moi-même avons dit que le ménage laissait à désirer. » Elle dit subir « des insultes, des œufs sur la voiture, des pneus crevés, des saletés dans la boîte aux lettres et surtout un torrent de calomnies ».

Cette enquête sur une profession, nous le voyons, n'est finalement qu'une plongée dans les rapports humains. Voilà qui rappelle la pièce Huis clos de Jean-Paul Sartre, dans laquelle il soulignait : « L'enfer, c'est les autres ». Une phrase d'ailleurs mal interprétée. Sartre lui-même le regrettait. Il s'en était expliqué : « Il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu'ils dépendent trop du jugement d'autrui. » Pour lui, cette phrase évoque en fait « l'importance capitale de tous les autres pour chacun de nous ». À méditer ...

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