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Macron est un De Gaulle centriste et européen

Mis à jour le 14/09/2017 à 05:16 Publié le 14/09/2017 à 05:16
Jean-Claude Casanova, professeur des universités, éditorialiste et membre de l'Institut de France, lundi soir, dans la salle Belle Époque de l'Hôtel Hermitage.

Jean-Claude Casanova, professeur des universités, éditorialiste et membre de l'Institut de France, lundi soir, dans la salle Belle Époque de l'Hôtel Hermitage. J.D.

Macron est un De Gaulle centriste et européen

L'économiste centriste Jean-Claude Casanova a été l'invité d'Enrico Braggiotti qui lançait lundi soir une nouvelle saison de conférences de la Monaco Méditerranée Foundation

En confiant le lancement du nouveau cycle de conférences de Monaco Méditerranée Foundation à Jean-Claude Casanova, Enrico Braggiotti démontre, une fois encore, combien il sait inviter quelques-unes des plus illustres personnalités du monde politique français.

L'économiste et intellectuel français a dressé un tableau, durant plus d'une heure, lundi soir, de « la situation politique française au lendemain de l'élection d'Emmanuel Macron ».

« Faire mieux que ses trois prédécesseurs »

Après les (trop ?) nombreux commentaires des éditorialistes de presse écrite et télévisuelle à l'occasion des cent jours du Président, Jean-Claude Casanova a su brillamment dessiner les traits et le caractère d'un homme jeune, complexe et ambitieux.

« Quel est l'objectif historique d'Emmanuel Macron ? Dans l'Europe d'aujourd'hui, la France n'est plus en première division mais pas encore en deuxième. Il s'agit donc, pour le président français, de ramener la France à un niveau plus élevé. Ce qui est sûr, c'est que Chirac, Sarkozy et Hollande ont échoué. Il faut donc que Macron fasse mieux que ses trois prédécesseurs. »

Pas facile lorsque l'on sait que « la politique consiste à prendre des décisions dont les résultats sont incertains ». Il faudra donc faire les bons choix, mais également avoir le soutien des Français. Une vision ne suffit pas en politique, il faut aussi une personnalité. Et celle de Macron s'est élaborée notamment autour d'« une formation philosophique non négligeable ».

C'est ainsi que Jean-Claude Casanova choisit un texte d'Emmanuel Macron écrit en 2015 : « Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du Roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort. (...) Après [De Gaulle], la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. Pourtant, ce qu'on attend du président de la République, c'est qu'il occupe cette fonction. »

Réformes : « Il faudra dix ans »

Voilà peut-être quelques mots qui expliquent pourquoi le nouveau président est vu comme un « monarque » présidentiel… Un monarque, homme de lettres, qui aime Racine, Chateaubriand, Céline et Proust, que Jean-Claude Casanova qualifie aussi de « protestant », « plus proche du monde anglo-saxon et germanique », « élevé chez les jésuites ». « Un De Gaulle centriste et européen », car comme le fondateur de la Ve République, il n'est ni à droite, ni à gauche.

À 39 ans, Emmanuel Macron sait que réformer la France est chose compliquée. D'autant qu'« il va sans doute perdre le Sénat le 27 septembre prochain ; par conséquent, il n'aura donc pas de majorité constitutionnelle. Pour la plupart des réformes, il dit qu'il faudra dix ans ; ce qui laisse supposer qu'il veut gagner les élections de 2022. » Car les objectifs politiques sont ambitieux : réduire le chômage, améliorer la compétitivité des entreprises, rééquilibrer les comptes publics, resserrer la zone euro. Il faut faire les bons choix mais aussi « gagner la confiance des Français ». Et ça, « c'est très compliqué. La totalité des réformes qu'il propose sont susceptibles de provoquer des manifestations. Des réformes que n'ont pas eu le courage de faire les trois présidents précédents. Et le degré d'agacement des Français est très grand. »

L'incertitude est immense aujourd'hui. Macron sera-t-il un roi philosophe ? Jean-Claude Casanova est convaincu que son « origine philosophique sera importante ». Macron sait donc qu'il devra « obtenir la confiance des Français avec un minimum de rhétorique et de flatterie. Mais aura-t-il les qualités humaines, morales, intellectuelles et spirituelles pour réussir ? Nous verrons en 2022. » Une réponse de centriste.


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