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Lumière artificielle, cour de promenade ultra-réduite... Les réalités de la prison de Monaco

Des chambres avec vue mer? Elles existent en effet, mais elles se comptent sur les doigts d’une main. Ce que l’on sait moins par contre, c’est que l’espace de promenade est sans doute un des plus exigus du monde. Jean-Yves Gambarini, directeur de la prison de Monaco dévoile la réalité des conditions de détention des détenus. Loin du mythe du luxe.

Julie Baudin Publié le 22/04/2021 à 14:47, mis à jour le 22/04/2021 à 16:11
"C’est un établissement qui est très difficile: de la lumière artificielle, peu d'activité, cour de promenade ultra-réduite...", Jean-Yves Gambarini, directeur de la prison de Monaco Photo JFO

Quelle est la particularité de la prison de Monaco?
C’est une prison qui fait tout. Nous avons toutes les catégories pénales possibles. Majeurs et mineurs, femmes et hommes, des condamnés criminels comme ceux qui sont en attente de jugement. Des courtes peines, des longues… On a un échantillonnage de tout cela. Et compte tenu de la structure du bâtiment, il est quasiment impossible de faire des quartiers réservés, à part bien entendu les femmes qui n’ont aucun contact avec les hommes et les mineurs. C’est ce qui rend cette prison difficile à gérer.

Quelles sont ici les conditions de détention?
C’est un établissement qui est très difficile. C’est l’autre particularité de la prison de Monaco: de la lumière qui n’est qu’artificielle, peu d’activités, une cour de promenade ultra-réduite… Donc nous avons compensé cela avec un régime de portes ouvertes. C’est-à-dire que dans la journée, on ouvre les cellules et les détenus peuvent se déplacer dans les couloirs, comme dans une maison centrale. Cela compense la pénibilité, l’exiguïté des surfaces de promenade…

 

Quelle est la capacité d’accueil de la prison?
Le nombre de détenus est très variable. Actuellement on en a une quinzaine. En temps normal, une trentaine pour 80 places, dortoir collectif compris. Mais le Covid a fait qu’il y a à Monaco moins de mouvements donc moins d’incarcérations. Et puis par ailleurs il y a des peines qui n’ont pas été mises à exécution ou qui ont été admises à exécution de façon différée.

Il n’y a donc pas de problèmes liés à la surpopulation?
Non, pas le genre de ceux qu’on peut voir dans les prisons françaises. Par contre en fonction de la structure des affaires, l’accueil des détenus est difficile à gérer. On peut avoir une affaire avec cinq personnes qui ne peuvent pas communiquer et comme on n’a que trois ou quatre quartiers, c’est très difficile de les séparer. Mais on y arrive peu ou prou, ça rend par exemple la gestion des promenades plus difficiles.

Qui sont les détenus qui effectuent de longues peines?
Actuellement nous avons trois détenus de grand banditisme. Il s’agit de l’affaire des Pink Panthers. Après avoir passé 11 ans derrière les barreaux en France, ils ont écopé de 7 ans à Monaco et sont attendus ensuite en Suisse. Il y a aussi un détenu condamné récemment à 15 ans par le tribunal criminel pour viol, violences et tentatives d’assassinat sur sa compagne et des violences sur mineur. En ce qui concerne les détenus français, ils décident en général d’être transférés en France. Ils font ce choix pour se rapprocher de leur famille et aussi car, à ce moment-là, ils bénéficient du régime d’exécution des peines français qui est plus souple. Certains le font aussi pour pouvoir travailler en prison. Car une des difficultés de la prison de Monaco, c’est que nous ne sommes pas en capacité de proposer du travail en détention. Quand on est Français c’est donc parfois plus intéressant d’effectuer sa longue peine en France.

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