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Logement : ce qui oppose Primo et Union monégasque

Mis à jour le 30/01/2019 à 05:06 Publié le 30/01/2019 à 05:06
Jean-Louis Grinda, élu Union Monégasque, a invité la presse au Conseil national. L’occasion d’expliquer sa position sur la politique du pays et... le logement.

Jean-Louis Grinda, élu Union Monégasque, a invité la presse au Conseil national. L’occasion d’expliquer sa position sur la politique du pays et... le logement. Jean-François Ottonello

Logement : ce qui oppose Primo et Union monégasque

Alors que la question sur la construction des Domaniaux semblait avoir trouvé une réponse entre Conseil national et gouvernement, Jean-Louis Grinda adopte une position qui dénote

La crise du logement à Monaco ? À l’occasion de ses vœux à la presse, Jean-Louis Grinda a lancé une idée dissonante après le satisfecit général du Conseil national et du gouvernement princier, le 19 décembre dernier, et le vote unanime des élus en faveur du budget primitif 2019. Du jamais vu depuis trente-cinq ans.

Après la trêve des confiseurs et la lente reprise, l’élu de la minorité Union monégasque comprend qu’il y a des foyers monégasques qui ont besoin d’un logement adapté à la composition de la famille. Mais il jette un pavé dans la mare.

« Que je sache, je n’ai pas vu de gens sous les tentes ! Tout le monde se loge. Je voudrais bien savoir la réalité des choses. Est-ce que tous les appartements des Domaines sont occupés ? Arrêtons de ne pas dire les choses. Combien de gens vivent en dehors de Monaco ? Au lieu de nous invectiver, je demande une opération globale pour savoir ce qu’il en est vraiment. Il faut avoir le courage d’affronter ce problème et d’aller jusqu’au bout. Si ce que je dis est un fantasme, qu’on me le dise ! »

Stéphane Valeri : « La pénurie »

Voici des mots qui contrarient la volonté farouche du président du Conseil national qui a obtenu du Ministre d’État Serge Telle la construction de 730 logements d’ici quatre ans !

Il y a à peine plus d’un mois, Stéphane Valeri expliquait : « Lorsque nous avons été élus le 11 février 2018, n’étaient programmés pour les années à venir, qu’environ 200 logements domaniaux en tout et pour tout. Ce qui était très insuffisant. Monsieur le Ministre d’État, vous avez pris en compte la voix des Monégasques à travers leurs élus. Vous nous avez confirmé que ce sont désormais au moins 730 appartements, qui seront construits dans les quatre prochaines années. Pour, d’une part, résorber la pénurie existante et, d’autre part, répondre chaque année aux nouveaux besoins des foyers monégasques. »

Jean-Louis Grinda : « Les vrais chiffres »

De son côté, Jean-Louis Grinda note : « Il y a à peu près 8 000 Monégasques et 4 000 logements. Alors, je ne comprends pas ! Il faut avoir en main les vrais chiffres. Je ne sais même pas si le gouvernement a envie d’avoir ces vrais chiffres. »

Contraste net avec Primo ! et son leader le président Valeri, qui, la semaine dernière encore, écrivait : « Le logement constitue, en effet, la priorité nationale absolue. Les élus Primo ! remplissent ainsi la mission que les Monégasques leur ont confiée : bien loger dans leur pays tous les compatriotes dont la situation le justifie d’ici la fin de cette mandature. »

Stéphane Valeri, lui, est catégorique : « Lors de la récente commission d’attribution qui s’est déroulée le 22 janvier, 420 demandes d’appartements domaniaux avaient été réceptionnées à la clôture de l’appel à candidatures, par la Direction de l’Habitat ; 369 seulement ont été présentées en commission (en effet 43 candidatures ont été rejetées, dont 35 pour cause de “dossier incomplet”, par l’Administration). Seuls 94 foyers ont vu leur demande prise en compte. Cela signifie que trois foyers sur quatre n’ont pas pu être satisfaits - ce chiffre tombe à seulement 17 % de satisfaction pour les F4. Ces chiffres confirment le constat de pénurie de logements domaniaux (...). Ils justifient pleinement le plan d’urgence de construction demandé au gouvernement et obtenu par l’Assemblée, lors du vote du budget primitif 2019. »

Des données chiffrées, il y en a donc... Mais quelle est la situation réelle des Monégasques ? Jean-Louis Grinda souligne : « Une demande de confort n’a pas le même poids qu’une demande de personnes qui accueille l’arrivée d’un enfant par exemple. » Et l’élu de la minorité Union monégasque lance également : « Il ne peut pas y avoir des logements vides et en même temps une pénurie. »

Cette position, Jean-Louis Grinda n’est pas le premier à la prendre. Mais il faut bien avouer qu’ils sont peu nombreux ceux qui s’expriment publiquement de la sorte sur ce sujet sensible.

Dans un pays dont la taille permet de faire du sur-mesure et où chaque cas peut être identifié et satisfait, il devrait être possible de savoir exactement ce qu’il en est et de trouver des solutions parfaitement adaptées, dans l’intérêt de tous.

Jean-Louis Grinda (Union monégasque) avait habitué ses compatriotes à voter contre les budgets présentés par le gouvernement ; d’une part pour exprimer son mécontentement quant à l’impossibilité de faire des amendements budgétaires, et d’autre part en raison du manque de lisibilité sur l’utilisation du Fonds de réserve constitutionnel (FRC). Mais le 19 décembre, il a voté en faveur du budget primitif 2019. « Derrière ce vote positif, s’il y a loin des paroles aux actes, mon vote n’est pas acquis à vie, souligne Jean-Louis Grinda. Politiquement, la Principauté sort vainqueur de ce vote. »

Vote du budget

« J’ai considéré que globalement je pouvais, en tant qu’UM, être très globalement satisfait. Je ne ferai plus de l’amendement budgétaire un point de blocage, à partir du moment où le souverain a tranché et n’y ait pas favorable. Quant au FRC, j’ai obtenu la garantie du gouvernement qu’il n’allait plus servir de budget bis, qu’il n’y aurait plus d’opération de troc. À la tête des Finances du gouvernement, Jean Castellini a dit que ça n’aura plus lieu. » Et sur l’opération Testimonio II, « l’important est que cela rentre dans le budget. Si les engagements ne sont pas tenus, je serai très à l’aise pour voter contre la prochaine fois. »

Sa ligne politique

Sur le contrat de vie commune, le travail de nuit, l’inégalité salariale hommes-femmes, le statut du chef de foyer, dossiers que soutient Primo ! et UM, « le gouvernement a fait montre de beaucoup de bonne volonté ».

Europe : « satisfait »

Autre sujet de satisfaction : les négociations avec l’UE. « Nous sommes parfaitement informés par le gouvernement. Il y a une honnêteté et franchise que je salue. Je dois l’avouer, on le doit à Laurent Nouvion qui avait exigé des informations. Je souligne également la remarquable tenue de ce dossier par Gilles Tonelli, à la tête des Relations extérieures. »

Qualité de vie : « Ça va moins bien »

Jean-Louis Grinda regrette que l’appel d’offres concernant la future usine de retraitement des déchets ne sera prêt qu’en 2020. « Mettons de l’argent pour créer un autre système extraordinaire. Il faut partir de la réalité pour aller vers l’idéal. Comment va-t-on faire pour respecter les engagements de la COP 21 ? Si on n’agit pas sur l’incinération, on n’arrivera pas à zéro émission de CO2 en 2050. » Quant au chantier en cours dont l’activité est limitée par deux arrêtés ministériels, Jean-Louis Grinda n’est pas satisfait. « Les chantiers prioritaires peuvent se poursuivre, tandis que d’autres font des horaires différents en respect des arrêtés ministériels. Dans un périmètre très limité, les résidents assistent donc à des rythmes différents. Et les nuisances peuvent être pires encore. C’est absurde. C’est la politique du petit pas. Je m’étonne de la complaisance de Primo ! sur ce sujet-là. »

Dépénalisation de l’IVG

« Durant ma campagne, j’ai défendu l’idée de la dépénalisation de l’IVG. Moi, je la veux aujourd’hui. La légalisation est un autre débat. Ce n’est pas d’actualité. »

Débat sur la nationalité « Aujourd’hui, on est Monégasque au bout de dix ans lorsque l’on est marié. Que se passerait-il dans les cas de familles où les enfants nés durant le mariage, donc Monégasques, auraient un parent qui n’aurait pas la nationalité ? Peut-on imaginer ne pas loger ce parent en Principauté en cas de divorce et avec ses enfants encore à charge ? Ça pose une question fondamentale : quelle est notre part d’humanité ? Stéphane Valeri veut ouvrir le débat. C’est une bonne chose. »


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