Littérature, musique... La Fondation Prince Pierre a dévoilé son palmarès d'artistes

La cérémonie qui s’est déroulée à la Salle Garnier mardi soir a permis de mettre en valeur le travail d’artistes dans divers domaines et d’encourager leurs créations pour les années à venir.

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Cédric Verany Publié le 13/10/2022 à 09:00, mis à jour le 13/10/2022 à 13:58
Autour de la princesse Caroline et de sa fille aînée Charlotte Casiraghi, les lauréats pour l’année 2022 de la Fondation Prince Pierre. Photo Jean-François Ottonello

"C’est toujours une joie immense d’être là pour perpétuer l’œuvre et la vision de mon grand-père qui a apporté tant à tant de personnes. À nous d’abord, sa famille. Il a su rayonner de sa manière de faire, douce et bienveillante. Et insuffler cet amour pour la littérature et pour les gens qui la créent, qui s’y intéressent, qui vivent par elle." Les mots de la princesse Caroline, sur la scène de la Salle Garnier, ont traduit son engagement sans faille pour la Fondation Prince Pierre qu’elle préside dans le souvenir de son grand-père, le prince Pierre, et de son père, le prince Rainier III, qui a fondé l’institution en 1966.

Et la présidente n’a pas caché son "immense plaisir" en décernant à la romancière Vénus Khoury-Ghata le Prix Littéraire saluant l’ensemble de son œuvre. Moment phare de la 56e session de la Fondation, qui a proclamé son palmarès pour 2022, mardi soir. Un palmarès qui salue les travaux réalisés et qui accompagne aussi financièrement les artistes pour leurs créations à venir.

Littérature

Pour les mots, outre le sacre de Vénus Khoury-Ghata (lire Monaco-Matin de ce mercredi) qui a reçu le Prix Littéraire accompagné d’un montant de 25.000 euros, la Fondation a remis la Bourse de la découverte à Thomas Louis, pour son roman Les chiens de faïence. Un premier livre et un premier prix pour le jeune auteur de 29 ans, qui a reçu cette bourse et évoqué "une responsabilité de faire vivre cette création". La bourse est dotée d’un montant de 12.000 euros, abondé par la Fondation Princesse Grace. Le Coup de cœur des lycéens est allé lui à Marie Vingtras pour son roman Blizzard, avec une distinction de 6.000 euros, elle aussi remise par la Fondation Princesse Grace.

Après la proclamation des résultats Salle Garnier, c’est dans les salons du Palais princier que le souverain et la princesse Caroline ont reçu ce mercredi matin les lauréats de cette édition. Photo Axel Bastello/Palais princier.

Musique

Pas de prix musical cette année, ce dernier étant décerné tous les trois ans. Mais la Fondation a accompagné le Coup de cœur des jeunes mélomanes de la Principauté (dotée d’une récompense de 6 000 euros) qui est allé vers l’œuvre Viola Concerta, composée entre 2016 et 2017 par York Höller. Le Tremplin musical a lui été remis à l’orchestre symphonique de Kiev. Un orchestre en exil depuis le début de la guerre en Ukraine, accueilli par le gouvernement allemand et qui continue à se produire.

 

Pour Julian Anderson, président du Conseil musical de la Fondation, le prix salue "la force des activités de cet orchestre et il est un signe de soutien, d’encouragement, dans l’espoir que l’orchestre puisse bientôt envisager un avenir plus serein". Le prix est accompagné d’une subvention de 6.000 euros.

L’Américaine Christine Sun Kim, lauréate du Prix d’art contemporain. Photo Jean-François Ottonello.

Art contemporain

Décerné tous les trois ans, le Prix international d’art contemporain (PIAC), doté d’une somme de 75.000 euros, récompense une œuvre récente. Sous la vice-présidence de Marie-Claude Beaud et la direction artistique de Cristiano Raimondi, les membres du Conseil ont choisi de saluer Christine Sun Kim, pour son œuvre The Star-Spangled Banner. Une performance réalisée lors du Super Bowl en 2020 où l’artiste, qui est sourde, a retranscrit en langue des signes l’hymne américain qui était alors chanté dans le Hard Rock Stadium de Miami.

En parallèle, le Conseil pour l’art contemporain a choisi d’initier une Bourse de recherche de 10.000 euros, "pour donner aux artistes la possibilité de voyager et d’honorer une tradition d’explorateurs chercheurs", a souligné Cristiano Raimondi. La bourse est allée à Sandi Hilal et Alessandro Petti pour leur collectif DAAR, Decolonizing Architecture Art Research.

L’équipe des Rencontres philosophiques honorant Philippe Descola. Photo Jean-François Ottonello.

Philosophie

Pour suivre une jeune tradition, la Fondation a également décerné mardi soir le "Prix de la Principauté" en collaboration avec les Rencontres philosophiques de Monaco, remis à Philippe Descola pour l’ensemble de son œuvre.

Une personnalité à part, professeur au Collège de France, qui a dérivé de la philosophie vers l’anthropologie. "Je suis un philosophe qui a quitté il y a cinquante ans les rives de la philosophie universitaire pour la forêt équatoriale, pas pour faire de la philosophie mais pour parler philosophiquement avec des gens ordinaires", a-t-il souligné en recevant sa distinction, face à l’équipe des Rencontres philosophiques qui a rappelé que les travaux de Philippe Descola faisaient autorité.

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