“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

L’homme de lettres, René Novella s’en est allé

Mis à jour le 04/03/2018 à 16:48 Publié le 03/03/2018 à 19:44
Le Monégasque René Novella s’est éteint à son domicile.

Le Monégasque René Novella s’est éteint à son domicile. archives Nice-Matin

L’homme de lettres, René Novella s’en est allé

Ancien professeur, écrivain, diplomate, secrétaire d’État… le Monégasque s’est éteint – dans la nuit de vendredi à samedi – à l’âge de 96 ans. Le Rocher pleure un homme brillant.

Une grande figure intellectuelle de la Principauté s’est éteinte. Âgé de 96 ans, René Novella est décédé vers 3 heures du matin – dans la nuit de vendredi à samedi – à son domicile du boulevard de Suisse à Monaco.

Touché par la maladie, il était apparu très affaibli lors d’une ultime sortie publique, jeudi dernier. Soit deux jours seulement avant son décès.
René Novella assistait à la projection du documentaire Monaco et la guerre.

Il y avait participé, en tant que témoin du quotidien de la Principauté, entre 1939 et 1945. «Malgré la fatigue, il avait tenu à être présent», relate Frédéric Laurent, réalisateur du film et proche de René Novella. Et d’ajouter avec émotion : «C’était un homme très cultivé, grand connaisseur de littérature. L’une des plus grandes figures intellectuelles monégasques de ces cinquante dernières années s’en est allée.»

«Il connaissait toute l’histoire de Monaco»


Homme politique et écrivain, son parcours a profondément marqué le Rocher. «Il fait partie des gens dont on parlera encore dans plusieurs années. C’était un grand homme», précise Michel Chiappori, son neveu par alliance, également ancien architecte conservateur du Palais princier.

Né à Monaco le 6 février 1922, René Novella s’est d’abord tourné vers l’enseignement avant de devenir l’un des principaux traducteurs de l’écrivain italien, Curzio Malaparte. Reconnu dans le monde du livre, il a traduit également les œuvres de Matteo Bandello et d’Antonio Aniante.

L’homme de lettres a ensuite dirigé la bibliothèque de Monaco avant d’être nommé à la tête de la direction de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports. Tout au long de sa vie, il a écrit une trentaine d’ouvrages, consacrés aux grandes époques de la Principauté. «Il connaissait toute l’histoire de Monaco. J’étais très admiratif de son savoir et de sa culture. Il était d’une rare intelligence», confie son ami et ancien chef du service de cardiologie de l’hôpital Princesse-Grace, le docteur Jean-Joseph Pastor.

Une intelligence que René Novella va mettre au service de la politique. Pendant dix-huit ans, il endosse le rôle d’ambassadeur à Rome. Puis dans les années 2000, il est nommé au prestigieux poste de secrétaire d’État de Rainier III puis d’Albert II. En 2008, Jacques Boisson lui succède. Mais René Novella restera conseiller privé du prince Albert II jusqu’à aujourd’hui.

«Il me racontait souvent une anecdote. Lors du décès de Rainier III, il a dû remettre sa démission – comme le veut le protocole – et le Prince Albert II avait refusé en lui disant qu’il avait bien trop besoin de lui. Cela montre la confiance que le souverain lui accordait», raconte Philippe Brunner, le fils «spirituel» de René Novella. «C’est comme cela qu’il m’appelait. Lui et sa femme n'ont pas eu d’enfant et René Novella m’avait pris sous son aile…»

Et d’évoquer Marie, la première épouse de René Novella décédée en 2015. «Il l’a connue à l’âge de 18 ans. Ils sont restés 75 ans ensemble. Une histoire d’amour comme on en voit rarement. Aujourd’hui, il l’a rejoint et c’est ce qui me console», conclut Philippe Brunner.


La suite du direct