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Les Wandrè, guitares méconnues devenues légendes du rock, s'exposent à Monaco

Mis à jour le 04/09/2020 à 22:26 Publié le 04/09/2020 à 22:25
Le collectionneur Maurice Suissa dans son univers Wandrè crée dans la galerie GM Design.

Le collectionneur Maurice Suissa dans son univers Wandrè crée dans la galerie GM Design. Photo Jean-François Ottonello

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Les Wandrè, guitares méconnues devenues légendes du rock, s'exposent à Monaco

La galerie GM Design accroche sur ses murs les modèles les plus étonnants du collectionneur Maurice Suissa, passionné de cette marque de guitare italienne devenue mythique.

Des guitares sur le mur d’une galerie d’art… Pour sa réouverture post-crise sanitaire, la galerie GM Design fait ce pari, en présentant, en Principauté, la première exposition de guitare de Wandrè.

Wandrè? Pas vraiment un nom qui sonne quand on pense à des concepteurs de guitare. Ce label confidentiel est une marque italienne qui a produit en série pendant une décennie, entre 1957 et 1967, en Emilie-Romagne.

À l’origine, un homme, Antonio Vandre Pioli, surnommé "Wandrè", disparu en 2004. Il aura marqué l’histoire de la musique, sans être une rock star, ni un guitar hero, sans même se rendre compte du mythe qu’il bâtissait.

Ce fils de luthier italien crée, dans les années cinquante, la première usine de guitares électriques en Italie. Un lieu singulier où son imagination lui offre de concevoir des modèles de guitare originaux, où il joue avec les couleurs, les matières et les formes.

À l’époque, les stigmates de la Seconde Guerre mondiale sont encore là et les Américains, initiateurs du rock, boudent l’Italie considérée communiste, ainsi que les produits qui s’y rapportent.

Bob Dylan séduit en 1964

Les Bikini, créées en 1962, avec ampli intégré.
Les Bikini, créées en 1962, avec ampli intégré. Photo JFO

Les guitares made in Italy de Wandrè sont peu distribuées en Europe. On les trouve notamment en Afrique du Sud, vendues comme des objets bon marché.

En 1964, le regard de Bob Dylan croise une Wandré dans une vitrine à Londres. Il tombe sous le charme et démocratise l’objet outre-Atlantique. Les commandes affluent pour le singulier Monsieur Pioli. Au lieu de goûter au marché de masse, il ferme son usine et n’en produira plus, refusant à jamais la surconsommation.

En une décennie, son usine aura produit environ 40.000 guitares. Basta cosi.

C’est là que le mythe s’installe. Plébiscitées par les rockeurs pour leur sonorité, les Wandrè tapent dans l’œil aussi des collectionneurs, qui y voient un bel objet à montrer et à accrocher au mur. Aujourd’hui, il en reste 1.500 modèles dans le monde. Il y a dix ans, une Wandrè coûtait entre 1.500 et 2.000 euros. Aujourd’hui, elles se négocient autour de 50.000 à 60.000 euros. "C’est le seul instrument qui prend 10 à 15 % de valeur chaque année", commente Maurice Suissa.

Lui s’est piqué au virus Wandrè il y a une vingtaine d’années. Il en compte plus de 150 dans sa collection. Pourtant, ce producteur de musiciens avait déjà une belle collection de guitares "classiques".

Dès le début de sa carrière, il a pris l’habitude de se faire payer par les artistes en récupérant leur guitare. Comme celle, exposée à Monaco, qui a été créée pour le Stade de France de Johnny en 1998. Mais son goût pour Wandrè surpasse aujourd’hui sa collection de guitares ayant appartenu à des artistes célèbres.

"Il ne s’est pas rendu compte qu’il créait une légende"

La Scarabeo, baptisée ainsi en écho aux Beatles.
La Scarabeo, baptisée ainsi en écho aux Beatles. Photo JFO

"Wandrè a transformé la guitare en objet d’art. Aucune n’est identique car dans son atelier avec toit en verrière, il les plaçait pour que la peinture prenne la lumière du jour, les brûlait aussi parfois. Ce type ne s’est pas rendu compte qu’il créait une légende."

C’est ce message qu’il porte désormais dans cette exposition, présentée à Monaco jusqu’au 10 octobre et qui devrait visiter ensuite plusieurs capitales.

Même sans être amateur d’instrument, un œil sensible à l’art est forcément séduit par les formes de ces guitares singulières.

La BB, hommage à Bardot aux formes galbées ; la Spatial, aux couleurs psychédéliques, et, pour la première fois, au manche en alu et à la peinture métallisée.

Le plus sexy? La Bikini, bicolore lancée en 1962, avec dans sa courbe un deuxième élément qui contient un ampli directement fixé à la corde. De quoi pouvoir donner un concert seul, sans technicien ! Une originalité malheureusement jamais reproduite.


Savoir +

Exposition Wandrè, à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 10 octobre chez GM Design, 11 avenue Princesse-Grace.

Offre numérique MM+

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