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Les tirailleurs sénégalais réhabilités dans un webdoc

Mis à jour le 02/04/2018 à 05:03 Publié le 02/04/2018 à 05:03

Les tirailleurs sénégalais réhabilités dans un webdoc

Depuis le 23 mars, France 24 a mis en ligne un documentaire sur l'histoire de ces soldats qui ont séjourné dans les palaces et les hôtels de la cité des citrons durant la Première Guerre mondiale

J'interviens régulièrement dans des classes de collège ou de lycée. Et quand je parle de la Première Guerre mondiale, des jeunes issus de l'immigration me disent que ce n'est pas leur histoire. Et pourtant si… »

Stéphanie Trouillard est journaliste à France 24. Dans le cadre du centenaire de la guerre de 14-18, elle a produit de nombreux documentaires sur le conflit et ses ramifications, depuis fin 2013. Une mission qui l'a rapidement conduite en terre azuréenne, sur les traces des tirailleurs sénégalais. Auxquels elle consacre une vidéo de quinze minutes, mise en ligne le 23 mars sur le site de la chaîne TV.

Les sœurs Munet et Bakary Diallo

« Nous sommes pas mal lus et regardés en Afrique - entre autres depuis les Révolutions arabes. Alors je cherchais des sujets qui traitent de leur participation à la Grande guerre. Je me suis ainsi intéressée aux tirailleurs, et quand je suis tombée sur une photo du cimetière de Menton, j'ai voulu en savoir plus… »

Pour ce faire, Stéphanie se rapproche rapidement de l'association Mémoire du tirailleur sénégalais (AMTS) et de son président, Gaspard Mbaye. Celui par qui la réhabilitation de ces soldats inconnus a démarré dans la cité des citrons. Ses recherches la pousseront ensuite à frapper à la (bonne) porte des archives municipales. Puis à celle de la société d'art et d'histoire du Mentonnais (SAHM). Des sources précieuses qui constituent naturellement la matière première de son documentaire, réalisé sous forme de succession d'images. Où passé et présent se rejoignent. Où Mentonnais d'aujourd'hui côtoient les sœurs Munet - des infirmières qui vinrent en aide aux soldats africains - ou Bakary Diallo, l'auteur de Force-bonté, un roman autobiographique dans lequel il raconte son expérience de tirailleur, ainsi que sa convalescence après sa blessure.

« Les archives de Menton et des Alpes-Maritimes m'ont fourni beaucoup de documents. J'en ai trouvé d'autres à la BNF ou sur internet, notamment des photos sur plaques de verre que j'ai achetées sur Ebay », développe la journaliste. Précisant - dans un rire - avoir constitué une collection personnelle sur la Première Guerre mondiale et ses divers épisodes depuis qu'elle s'est investie du thème. Précisant aussi avoir obtenu cette fois-ci - comme en règle générale pour les sujets les plus coûteux - une aide de la Mission du centenaire. Lui permettant ainsi de passer plusieurs jours sur place. « C'est important de montrer que la Première Guerre mondiale ne se résume pas à la Somme ou à Verdun. Elle a aussi bouleversé les gens ici », reprend Stéphanie Trouillard. Ravie que les retours soient majoritairement bons. « Les gens sont contents qu'on parle de cette histoire à la fois des tirailleurs et de Menton. D'autres trouvent qu'on le fait trop tard. Mais globalement, ils trouvent bien qu'un travail pour les réhabiliter ait été fait. » La journaliste dit pour sa part avoir été choquée par le traitement qui était réservé à ces héros. « Leurs corps étaient enterrés à la va-vite, réunis sous un même nom. C'est d'autant plus triste qu'ils étaient loin de chez eux, leurs familles n'ont pas pu venir se recueillir… » Mais grâce au dévouement de citoyens du XXIe siècle, le devoir de mémoire est désormais possible. « Je crois qu'il est bon de se souvenir de cette histoire et de ces échanges entre cultures dans une période où on cherche à diviser les communautés… »


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