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Les plages privées de la Mala vont-elles disparaître ?

Mis à jour le 04/01/2020 à 10:26 Publié le 04/01/2020 à 10:26
En dessous de la ligne rouge, le domaine public maritime, d’après la préfecture des Alpes-Maritimes.	(Document tiré de l’enquête publique réalisée par la préfecture)
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Les plages privées de la Mala vont-elles disparaître ?

Cap-d’Ail Un arrêté préfectoral définit les nouvelles limites du domaine public maritime. Une partie des établissements et les cabanons sont menacés

Voilà une affaire qui n’en finit pas de se poursuivre. La plage de la Mala, reconnue comme l’une des plus belles de la région, est au cœur d’un feuilleton dont un nouvel épisode vient de sortir : la plupart des cabanons qui y sont bâtis depuis plus de 70 ans pourraient être amenés à disparaître, en vertu d’un arrêté préfectoral. On rembobine.

Saisie de transats

La plage de la Mala fait l’objet de plusieurs procédures judiciaires depuis des années. Ce petit paradis semble attirer comme un aimant les tracasseries administratives. En 2018, à la veille du Grand Prix de Monaco, période qui lance traditionnellement la saison, les services de l’état débarquent pour saisir les transats des plages privées, flinguant toute la saison par la même occasion. « Les exploitants des établissements la Réserve et l'Eden exploitent sans droit ni titre depuis 2012. Ce sont quelque 400 m2 de plage qui sont rendus au public », expliquait le préfet d’alors, Georges-François Leclerc, qui se pose en farouche défenseur du domaine public maritime, lequel ne peut être exploité qu’à 20 %, et uniquement en structures démontables.

L’été dernier, le nouveau préfet fait preuve d’une certaine clémence, et octroie deux rangées de transats supplémentaires. Un petit pas au regard des exploitants et de la mairie, qui n’ont pas la même lecture du territoire. « Puisqu’il y a des doutes, nous avons lancé une procédure de délimitation du domaine public. La délimitation qui en résultera sera incontestable », précise alors Serge Castel, directeur départemental des territoires et de la mer (DDTM). Une enquête publique est donc lancée, en vue de procéder à une délimitation de ce domaine publique maritime.

Acharnement ?

Cette procédure fait alors grincer les dents du maire, qui s’étonne qu’elle intervienne alors qu’une expertise a été ordonnée par le tribunal administratif dans le cadre d’une autre procédure judiciaire. Et surtout, il voit là ce qu’il qualifie d’acharnement de la part des services de l’état : « Le moins qu’on puisse dire est que la préfecture peut se montrer beaucoup plus compréhensive en d’autres lieux, qui ne sont pas sur l’arrière-plage mais les pieds dans l’eau ! Comment par exemple expliquer la belle promenade en bâton avec ses cinq niveaux de parking souterrain sur la plage des Sablettes à Menton ? Les rochers d’un restaurant sur le cap Martin dont le bétonnage a donné lieu à un reportage de deux pages couleurs dans un magazine professionnel de travaux publics ? Les remerciements d’un ancien Ministre d’État de la Principauté auprès d’un ancien préfet des Alpes-Maritimes lors d’une réunion suite aux travaux réalisés en bord de mer dans un hôtel de luxe de Roquebrune-Cap-Martin ? La piscine, dans la mer, et le petit port d’un palace de Beaulieu ? Le bétonnage de rochers sur les hôtels et palaces d’Antibes-Juan-les-Pins ? Sans parler d’une célèbre villa pieds dans l’eau appartenant à la famille d’une haute personnalité étrangère à Golfe-Juan ! Cette liste est loin d’être exhaustive ! »

Contactée, la préfecture dément tout acharnement : « Les secteurs de plage portent des enjeux bien particuliers d’accueil du public, qu’on ne peut pas traiter de la même façon que des sites rocheux peu accessibles, mais sur la méthode il n’y a aucune différence de traitement : les services de l’État sont prêts à examiner tout projet de qualité, permettant de concilier les impératifs de conservation du domaine public et les enjeux notamment économiques et sociaux. À défaut de projet, l’État met en œuvre les procédures habituelles visant à libérer le domaine public, ainsi que les dispositions légales et réglementaires l’y obligent. »

Restaurants épargnés

Lors de l’enquête publique, des dizaines d’avis ont été exprimées. Ils étaient nombreux à demander qu’on épargne les cabanons. Une pétition a même recueilli 1 115 signatures. On ne peut cependant pas ignorer les avis de ceux qui demandent à retrouver l’usage libre de l’intégralité de la plage. Depuis, les services de l’État ont émis un arrêté définissant les nouvelles limites du domaine public maritime.

Les bâtiments principaux des restaurants La Réserve et L’Eden semblent épargnés par le tracé, mais pas la partie terrasse et plage privée, dont les structures pérennes devraient légalement laisser place à des installations démontables et plus modestes. En revanche, tous les cabanons occupés par des particuliers, pour la plupart depuis plusieurs générations, sont donc voués à la destruction. Car même si les occupants paient des redevances dont les avis sont émis par l’État, ils n’ont plus de convention d’occupation, la dernière ayant expiré il y a plusieurs années.

Prochain épisode

Mais Xavier Beck ne compte pas en rester là. « Nous n’en sommes pas à l’étape du tribunal. Pour l’instant, nous avons émis un recours gracieux, qui prolonge de deux mois le délai durant lequel nous pouvons porter l’affaire devant le tribunal administratif. Nous sommes actuellement en discussion avec la préfecture. » Ce que confirme la préfecture : « Cette procédure n’est pas une fin en soi, ce peut être aussi le point de départ pour construire un projet de qualité, et c’est d’ailleurs dans cette perspective que la DDTM a reçu le maire de Cap-d’Ail en décembre 2019. »

L’idée serait donc d’en sortir par le haut, en trouvant une solution par laquelle tout le monde serait gagnant.

Le feuilleton est cependant loin de l’épisode final, puisque l’expert nommé par le tribunal est toujours missionné, et devrait opérer prochainement. Qui sait ? Il pourrait aboutir à des conclusions différentes. Affaire à suivre.

L’arrêté préfectoral du 28 octobre 2019 redéfinit le domaine public maritime sur la plage de La Mala.
L’arrêté préfectoral du 28 octobre 2019 redéfinit le domaine public maritime sur la plage de La Mala. C. D.

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