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Les plages privées

Mis à jour le 10/04/2016 à 05:09 Publié le 10/04/2016 à 05:09
À Nice, le montage de Castel Plage a commencé. Les Alpes-Maritimes alignent chaque année, le long de ses 40 km de côtes, près de 22 000 matelas. 	(Ph. Franck Fernandes)
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Les plages privées

Les établissements implantés dans les Alpes-Maritimes sont menacés par un décret paru en 2006. Mais au-delà des frontières de la Côte d'Azur, les plagistes de l'Hexagone ont décidé de s'unir

Les vacances de Pâques sonnent le retour des beaux jours. Un signe ne trompe pas : de drôles d'hirondelles ont fait leur apparition sur le littoral azuréen. Avec leur bec d'acier les tractopelles rengraissent les plages en attendant les premiers touristes. Ils seront plus de 10 millions cette année encore à déferler sur la Côte. L'économie balnéaire pèse lourd dans le PIB azuréen.

Concessions en sursis

Il faut dire que les Alpes-Maritimes alignent chaque année, le long de ses 40 km de côtes, près de 22 000 matelas. Le département compte 200 plages privées. Du moins pour l'instant. Car un décret paru en 2006 risque fort de limiter le nombre d'établissements. « Personne ne s'en était vraiment préoccupé à l'époque, mais à mesure que les concessions arrivent à leur terme on réalise peu à peu », souligne René Colomban le président des plagistes azuréens. « Les conséquences sont considérables. » Réduction des surfaces exploitables, démontage obligatoire à chaque fin de saison, les nouvelles dispositions légales vont devoir s'appliquer aux nouveaux concessionnaires. Certains pourraient être obligés de tirer le rideau. Comme à Cannes qui doit relancer ses appels d'offres fin 2017 : « Six plages au mieux pourraient disparaître ». « Une véritable hypocrisie », tempête David Lisnard, le maire de Cannes. « Je suis le premier à défendre les intérêts environnementaux. Mais il n'y a rien de tout ça dans ce décret qui est appliqué 20 ans après la loi. »

Démontage obligatoire

À Golfe-Juan, on a préféré repousser l'échéance l'an passé en accordant un sursis d'un an aux concessions du quai Courbet qui arrivaient à échéance. Mais le problème va se reposer.

Le démontage obligatoire continue de faire courir un risque judiciaire aux plages de Cagnes. Quelques établissements emblématiques comme Paloma à Saint-Jean ou encore le Marco Polo à Théoule sont régulièrement rappelés à la loi par procès-verbal. Après des décennies d'existence elles pourraient bien fermer définitivement si le décret de 2006 n'est pas amendé. Les plagistes plaident en ce sens sans véritablement être entendus. C'est pourquoi ils ont décidé de s'unir au-delà des frontières de la Côte d'Azur. Fin mai, tous les professionnels de cette corporation se sont donné rendez-vous à Cannes pour leur première convention nationale. À Cannes toujours, où l'on imagine, en accord avec la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) multiplier par deux la largeur des plages. Augmentant ainsi le ratio de sable pour permettre aux sous-concessionaires de continuer à travailler dans des établissements qui font partie du paysage depuis 60 ans.

Le décret de 2006 ne modifie pas les surfaces concédables à des exploitants privés : 50 % maximum pour les plages artificielles et 20 % pour les plages naturelles.

Si les ratios restent inchangés, les modes de calcul ont, quant à eux, grandement évolué. La surface concédable ne se mesure plus seulement au regard du linéaire global de côtes d'une commune, mais par plage et par surface occupée. Conséquence : rien que sur la Croisette à Cannes ce sont au moins six plages privées qui pourraient disparaître l'année prochaine lors du renouvellement de ces concessions municipales. Sur l'ensemble du littoral azuréen au moins une trentaine de plages privées sont menacées.

Le décret de 2006 ne se contente pas de rappeler le caractère inaliénable du domaine public qui interdit toute concession pérenne. Cette nouvelle réglementation réaffirme l'exigence de démontabilité des structures, mais l'impose à chaque fin de saison. Et non plus en fin de concession. Autrement dit, chaque plage privée devra faire place nette l'hiver et être reconstruite au printemps. Un travail de Sisyphe dont les exploitants affirment ne pas pouvoir supporter les coûts. Ce principe de démontabilité compromet en outre les établissements les plus anciens qui, eux, ont été bâtis en dur avec des permis qui, aujourd'hui, se retrouvent du coup hors la loi.

archives S. B.

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