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Les penchants coupables d'un capitaine pour des jeunes mineures

Mis à jour le 06/11/2018 à 05:09 Publié le 06/11/2018 à 05:08
Le tribunal correctionnel.	(Archive N.-M.)

Les penchants coupables d'un capitaine pour des jeunes mineures

C'est un capitaine de bateau.

C'est un capitaine de bateau. Il n'a pas peur de la tempête quand il navigue sur les mers du Globe. Mais il craint cette fois d'être ballotté par les remous suscités par son interpellation après la découverte de plusieurs centaines de fichiers à caractère pédopornographique téléchargés sur ses deux ordinateurs. Pas de vagues ? C'est le sentiment qu'il a laissé transparaître en se confiant corps et âme à l'audience du tribunal correctionnel.

À soixante ans, cet homme au long cours se sait à la dérive. Il espère que la sanction des juges fasse office de bouées de sauvetage.

Il ne veut plus sombrer dans cet enfer de la sexualité répréhensible.

Les faits se situent entre janvier et novembre 2016. Grâce à un logiciel pour détecter le téléchargement de fichiers illégaux, les policiers se lancent sur les traces d'une adresse IP. Elles aboutissent à un capitaine de bateau qui utilise l'infrastructure proposée par le Yacht-Club, afin d'accéder au réseau d'Internet.

Quand les enquêteurs visitent sa cabine, ils saisissent deux ordinateurs. Puis, ils font une perquisition au domicile français du prévenu. Dans un premier temps, l'expert retrouve soixante traces de fichiers téléchargés sur le Web…

Arrêté avec 406 téléchargements en cours

« Vous n'avez jamais contesté, constate le président Jérôme Fougeras Lavergnolle, votre attrait pour les jeunes filles d'une dizaine d'années. Tout est normal avec votre épouse ? »

Le fautif parle d'une « perversion qui remonte à la séparation du couple parental. J'avais huit ans. Mais elle s'est amplifiée avec Internet. J'allais sur les sites aux contenus illicites sans avoir pour autant conscience du système, qu'en même temps que je téléchargeais je diffusais également. J'ai bien été voir un psychiatre. Mais j'ai eu l'impression qu'il ne pouvait pas faire grand-chose dans mon cas. »

Le magistrat poursuit avec une remarque qui ébranle la position sociale du coupable : « Pourtant, le juge d'instruction vous avait mis sous contrôle judiciaire avec obligation de soins. L'expertise psychiatrique a démontré votre timidité et aucun comportement mental anormal. Quand vous avez été arrêté, vous aviez 406 téléchargements en cours. C'était pour peaufiner le vice ? Comment pouviez-vous sauver votre couple avec de telles pulsions ? » À la barre, le prévenu poursuit sa confession : « Non ! Je n'ai jamais eu la déviance de passer à l'acte. Je n'ai jamais été condamné. Mais depuis cette affaire, j'ai été licencié… »

Alors, ces intentions répréhensibles seraient-elles un jeu pour susciter l'excitation ou juste un trouble de la préférence sexuelle ?

Des maux restés au niveau des rêves ? Le procureur Alexia Brianti replace le dossier au sein de l'attirance pour les enfants.

Jugement mis en délibéré jusqu'au 20 novembre

« Ce sont des pratiques sexuelles avec des jeunes filles pubères abusées ! Avec des gens qui vont visionner des vidéos sans se rendre compte du danger qu'offre l'écran d'un ordinateur. Les détections sur le premier appareil font état de 152 fichiers trouvés. L'exploitation du réseau « peer to peer » (ou P2P, réseau de partage qui attribue le rôle de serveur à la machine cliente) sur l'autre appareil, c'est 60 photos et 430 vidéos ! Les faits sont reconnus et le prévenu est conscient de ses actes. »

Au moment de requérir, la représentante du parquet conclut : « C'est presque incompréhensible quand on est capable d'en mesurer la portée ! Certes, ce sont des agissements inacceptables. Mais une peine ferme n'est pas la réponse à apporter. Il faut un suivi afin d'arrêter cette déviance et que Monsieur ne recommence plus. Trois ans avec sursis, liberté d'épreuve et obligation de soins ! »

La défense reconnaîtra la difficulté d'intervenir dans ce dossier troublant par les indications données.

« Comprendre ? se demande Me Sara Filippi. Oui, mon client avait conscience de l'avilissement des jeunes filles. Il a cédé à la tentation, c'était plus fort que lui et cela le suit depuis toujours. Le préjudice pour son couple ? Il le ressentait et il s'est fait suivre. Jusqu'à essayer une thérapie de couple. Une addiction ? Non ! Interpellé, il va comprendre. Il n'y a aucun risque de récidive ni passage à l'acte. Vous avez la possibilité de le condamner avec un quantum élevé assorti du sursis, sans aller à l'obligation de soins. »

L'affaire a été mise en délibéré jusqu'au 20 novembre.


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