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Les négociations avec l'UE continuent, Brexit ou pas

Si la décision du Royaume-Uni risque de ralentir les discussions entre Monaco et Bruxelles, le ministre d'État estime que l'approche politique pourrait jouer en faveur de la Principauté

Joëlle Deviras Publié le 25/06/2016 à 05:06, mis à jour le 25/06/2016 à 05:06
Le ministre d'État Serge Telle (à droite) et Gilles Tonelli, conseiller de gouvernement-ministre des Relations extérieures et de la Coopération, ont répondu hier aux questions des journalistes locaux.
Le ministre d'État Serge Telle (à droite) et Gilles Tonelli, conseiller de gouvernement-ministre des Relations extérieures et de la Coopération, ont répondu hier aux questions des journalistes locaux. J.D.

Un coup de tonnerre ». C'est ainsi que le ministre d'État Serge Telle analysait le Brexit, hier midi. « On voit bien que ce désamour entre les peuples européens et l'Europe ne date pas d'hier. Il va devoir être question d'une nouvelle Europe, qui devra respecter davantage les choix et les libertés de chaque État. Il existe certes un risque de voir l'Europe se désintégrer. Mais nous avons peut-être une chance qu'elle se redéfinisse sur autre chose que l'uniformité technocratique. »

Et c'est là que Monaco a une carte à jouer. En effet, la Principauté doit négocier avec l'Union européenne sur la libre circulation des biens et des personnes notamment.

À la clé : des accords que l'industrie attend avec impatience pour exporter les produits fabriqués en Principauté ; mais que les professions réglementées (notaires, médecins, avocats…) craignent particulièrement en voyant s'installer des confrères étrangers sur leur pré carré.

 

« Du retard ? Une certitude »

Difficile de défendre à la fois des spécificités liées à la priorité nationale en demandant, dans le même temps, la libre circulation des marchandises.

Mais le Brexit peut fortement modifier l'approche politique et économique.

« Les négociations vont continuer, Brexit ou pas, explique Gilles Tonelli, conseiller de gouvernement-ministre des Relations extérieures et de la Coopération. À quel rythme ? Personne ne peut le dire aujourd'hui. Qu'il y ait du retard, c'est une certitude. Mais nous ne sommes pas pressés. De notre côté, nous continuons à nous préparer. Les négociations ne sont pas interrompues. »

 

Isabelle Costa, secrétaire général adjoint du gouvernement en charge de la cellule Europe, note, de son côté, que « près d'une dizaine de personnes travaillent depuis trois ans au gouvernement princier sur la question. Dans un premier temps, le Brexit va peut-être ralentir les négociations, mais l'approche politique d'une nouvelle Europe peut tout autant accélérer le processus. »

Les négociations restent donc enclenchées dans le sens où elles sont inscrites dans un cadre juridique. Mais Serge Telle va plus loin et analyse la situation selon les enseignements que l'Europe pourrait tirer du départ du Royaume-Uni. « Ce qui va changer, c'est l'approche politique. » Une approche qui pourrait être plus respectueuse des identités et des particularismes qui composent cette mosaïque de peuples et au travers de laquelle Monaco pourrait être pris en compte avec plus de considération.

Prochaine rencontre de Monaco à Bruxelles : les 21, 22 et 23 septembre où une dizaine de fonctionnaires monégasques devront discuter sur les questions institutionnelles et la libre circulation des marchandises… Enfin, si le rendez-vous n'est pas annulé d'ici là.

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