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Les Moulins à huile à Monaco

Mis à jour le 01/06/2019 à 10:11 Publié le 01/06/2019 à 10:11
Un moulin hydraulique à la bâtisse imposante.	(DR)

Les Moulins à huile à Monaco

Retrouvez, comme chaque mois, la chronique monégasque proposée par le Comité des traditions monégasques

On a vu précédemment que la plus grande partie du territoire était plantée surtout d’oliviers et que l’oléiculture était, en particulier au cours du XVIIIe siècle, la principale ressource des Monégasques. On peut donc s’imaginer sans peine l’outil précieux que représentait un moulin.

Louis Canis dans son ouvrage Notre Passé dénombre, au tout début du XIXe siècle, sept moulins communaux. Il y avait les moulins à farine et les moulins à huile. Les plus importants étaient situés dans le quartier du même nom.

Le quartier des « Moulins » ne prendra le nom de Monte-Carlo, en l’honneur du prince Charles III, qu’au 1er juillet 1866.

Le langage du Rocher et celui des Moulins

Les Monégasques des « Moulins » sont restés cependant très attachés à leur quartier. Dans le programme de la mairie de Monaco il est écrit que les festivités de la Saint-Jean se déroulent dans deux quartiers : le 23 juin sur le Rocher et le 24 juin au quartier des Moulins. On opposera longtemps le parler monégasque du Rocher à celui des Moulins.

R. Arveiller écrivait dans les

années 60 que les gens du Rocher considéraient la prononciation des gens des Moulins « paysanne, vulgaire, grossière ». En revanche ceux des Moulins jugeaient la prononciation du

Rocher « précieuse, recherchée, voire ridicule ». Chacun « gardait l’impression qu’il était le seul à posséder la bonne prononciation de la langue monégasque (1). »

C’est en contrebas de la place des Moulins que se trouvait un ancien moulin, connu de tous sous le nom de moulin de la Marra. On appelait en monégasque ces moulins à huile traditionnels les « defiçi » (du latin ædificium qui signifie bâtiment, édifice) car c’étaient véritablement des bâtisses imposantes. Grâce au béal du vallon de la Noix canalisé depuis les quartiers de Beausoleil, ce moulin, équipé d’une roue à aubes et de tout un système d’engrenages en bois, pouvait faire tourner dans ses deux pistes des immenses meules en pierre qui trituraient les olives selon une méthode bien particulière dite « génoise, » à la différence du procédé dit « grec » qui consistait à extraire l’huile exclusivement par pression.

Avant la vraie récolte de janvier, « à la fin octobre on cueillait religieusement les olives qui, un peu desséchées, étaient tombées à terre : les “sécherons” des Morts, et dont, traditionnellement, l’huile devait avant tout servir à alimenter la lampe de la tombe de famille (2) » (à suivre)

Avëmu vistu che scàiji tüt’u paise era crüvertu d’aurivei e che, suvratütu ünt’u sèculu XVIII, l’œri era a ciü granda richessa d’i Munegaschi. Purì dunca ve pensà qantu preçiusu era ün defiçi.

Ünt’u so libru « U nostru Passau » Luì Canis ne dije che, a l’iniçi d’u sèculu XIX, gh’erun fint’a sete murìn cumünali, sìciun per a farina o per l’œri. I ciü ümpurtanti erun ünt’u ben numau qartiè d’i « Murìn ». È sulu u primu de lüyu d’u 1866 che, ün l’unù d’u Prìncipu Carlu III, an dau a stu qartié u nume de Munte Carlu ma i munegaschi d’i « Murìn » stan prun stacai a u nume d’u so qartiè. Ecu perchè, ünt’u prugrama d’a Meria de Mùnegu gh’è scritu che ë feste de San Giuane se fan ünte dui qartiei : u 23 de giügnu sci’ Roca e u 24 de giügnu a u qartié d’i « Murìn ». Da sempre e per tantu se dijëva che u parlà d’a Roca era diferente d’achëlu d’i « Murìn ». Ünte « l’Etude sur le parler de Monaco » Raymond Arveiller à scritu che a gente d’a Roca stimava a prununciaçiùn d’a gente d’i Murìn « paisana, vülgara, grussiera ». Ünvece a gente d’i « Murìn » giüdicava a prununciaciùn d’a gente d’a Roca « preçiusa, afetà, ançi ridìcüla ». Cadün « era sügüru d’iesse u sulu a gh’avè a bona prununciaçiùn d’a lenga munegasca.»

L’ürtimu murìn che ancura tanti an cunusciüu cun u nume de « defiçi d’a Marra » era sitüau üngiü a u sutràn d’a piaça d’i Murìn. Ün lenga munegasca, i murìn per l’œri sun ciamai i « defiçi », da u latìn ædificium che signìfica « cunstrüçiùn, edifiçi », perchè erun propi casamenti ümpunenti. Cun u beà d’u valùn d’a Nuje che carava da Beausoleil, achëstu defiçi, alestiu d’üna granda roda idràulica e d’ün sistema d’üngranage de boscu, purëva fà girà ünt’i gumbi due grande more che pistavun ë aurive segundu a metoda « genuesa » diversa d’a metoda « greca » che cunsiste a ütilizà sulu a pressiùn per tirà l’œri.

Prima d’a vera recolta de zenà, « â fin d’utubre se cüyëva cun gàribu ë aurive che, ün pocu passie, erun carae per terra, i sechiui d’i Morti, cun ë qale, per tradiçiùn, se fava l’œri che servëva a alimentà u calèn d’a tumba de famiya. » (da seghe)

L’ Aurivè

Ne cœnta Fedru ch’ üna vota i dei

se sun çernüi ün àrburu cadün

cuma per s’ u piyà suta tütela.

Giove à vusciüu ru rure e Vènere ra mürta,

Abeyu r’abaghè e Cibele ru pin,

Àrcule, ra gran pìbura.

Minerva, prun stunà che tüti se çernëssu

d’àrburi che nun frütu, à demandau perchè.

- « Perchè, à ditu Giove, nun fò che se semiye…

de vende ri unuri… per ra valur d’u frütu. »

- « Eh ben, cuchinaria, ch’ ün dighe çe che vœ :

nun fussa che pe’ u frütu, preferu l’aurivè ! »

Alura u pàire-gran

de ri dei e d’i omi à sentençiau cuscì :

« Fiya, tüti diran e u diran cun ragiun,

che tü sì sapiente !

Se nun pò serve a ren ra cosa che nui famu

folu è de se vantà ! »

Chësta piciuna fora n’ avertisce

de fà ren che nun serve a carcosa. L’ Olivier

Phèdre nous conte qu’un jour les dieux

choisirent chacun un arbre

pour le prendre sous leur protection particulière.

Jupiter préféra le chêne et Vénus le myrte,

Apollon le laurier et Cybèle le pin,

Hercule, le grand peuplier.

Minerve, étonnée de les voir tous choisir

des arbres stériles, en demanda la raison.

- « C’est parce que, dit Jupiter, il ne faut pas paraître…

vendre les honneurs… pour la valeur du fruit… »

- « Eh bien, sapristi, chacun dira ce qu’il voudra :

moi je préfère l’olivier à cause de son produit !... »

Alors le premier père

des dieux et des hommes prononça le jugement que voici :

« O ma fille, chacun dira, et dira avec raison, que tu es sage ; si ce que nous faisons ne sert à rien, il serait fou de s’en vanter ! »

Cette petite fable nous avertit de ne rien faire qui ne soit utile.

« Unde ai fau l’œri, và fà u ressansu »

« Va chercher les grignons (*) où tu as fait ton huile »

« Il faut prendre le bénéfice avec ses charges »

Le moulin de la Marra en contrebas de l’actuelle place des Moulins.
Le moulin de la Marra en contrebas de l’actuelle place des Moulins. Hubert Clerissi
Le moulin de la Marra en contrebas de l’actuelle place des Moulins, par le peintre Charles Maresco Pearce.

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