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Les mélomanes sont tiraillés entre perfection et excellence

Mis à jour le 08/08/2017 à 05:23 Publié le 08/08/2017 à 05:23
le Festival de musique est à mi-parcours. Cette semaine, place au Quatuor Hagen, aux pianistes Lars Vogt  et Nelson Freire et à la mezzo Marie-Nicole Lemieux.

le Festival de musique est à mi-parcours. Cette semaine, place au Quatuor Hagen, aux pianistes Lars Vogt et Nelson Freire et à la mezzo Marie-Nicole Lemieux. Michael Alesi

Les mélomanes sont tiraillés entre perfection et excellence

Menton Six soirées de rêve ont déjà eu lieu sur le Parvis Saint Michel. Pas de raisons que cela change

Les touristes que l'on croise dans la rue peuvent se distinguer de différentes façons. Par exemple par ce qu'ils tiennent à la main.

En tout premier lieu figure, bien sûr, le sac de plage. Mais il y a aussi le guide touristique, signalant le vacancier désireux de s'instruire, la carte routière dénonçant celui dont le véhicule n'est pas équipé de G.P.S., le « Nice-Matin » distinguant l'estivant à la page, désireux d'avoir une information locale, juste, précise et ensoleillée. Et il y a aussi le grand livret jaune illustré d'un dessin de Cocteau. Ce livret-là signale le mélomane venu à Menton pour assister au Festival de musique.

Un mélomane mentonnais heureux

Le mélomane est un être qui, le jour, tout en profitant des paysages maritimes ou de l'atmosphère historique de la vieille ville, ne pense qu'à la sonate ou au quatuor qu'il entendra le soir sur le Parvis Saint Michel. Il possède dans sa discothèque plusieurs versions des œuvres en question et sait comparer les mérites de celle réalisée à Vienne en 1953 par rapport à celle de New-York en 1774. Il se demande comment l'interprétation de l'artiste du soir se situera par rapport à ces deux versions-là.

Le mélomane mentonnais est un être heureux. Depuis le 29 juillet, le festival ne lui a procuré que des soirées de rêve : le concert flamboyant du pianiste Fazil Say, l'exaltante soirée du trio Capuçon-Moreau-Kadouch, le récital tout en concentration du pianiste Christian Zaccharias, le feu d'artifice baroque du « Couronnement de Poppée », le chaleureux divertissement de la soirée tango, et le moment suprême de musique de chambre que fut le concert du duo Tetzlaff-Andsnes.

Mention spéciale

S'il fallait, parmi tous ces moments, sélectionner le meilleur d'entre les meilleurs, le mélomane serait bien embêté, tiraillé entre perfection et excellence. Que choisiriez-vous, nous ont interrogé avec une insistance quasi sadique plusieurs auditeurs visiblement intéressés par l'avis de Nice-Matin ? Eh bien, cédant à l'empressement de la question, nous finirions par répondre - après en avoir longuement délibéré, et au risque d'être taxé de snobisme - nous désignerions le concert le moins « populaire », le plus « intellectuel », celui dont le programme comprenait de difficiles sonates de Janacek et de Chostakovitch et non des œuvres grand public de Mozart ou de Schubert, nous choisirions le concert le plus parfait, dont Nice-Matin a fait sa Une dimanche : celui du violoniste Christian Tetzlaff et du pianiste Leif Ove Andsnes. Voilà, c'est dit. Mais on n'est qu'à mi parcours : avec, cette semaine, le Quatuor Hagen, les pianistes Lars Vogt et Nelson Freire et la mezzo Marie-Nicole Lemieux, tout peut être remis en question. Quelle difficulté de vivre, chaque soir, sur des sommets !


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