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Les inquiétudes s’expriment sur le déploiement de la 5G

Mis à jour le 12/02/2020 à 11:34 Publié le 12/02/2020 à 11:34
La réunion a permis une présentation de la nouvelle association Monaco 5G, et un partage d’informations et d’inquiétudes, notées par les représentants du gouvernement et de l’opérateur Monaco Telecom.

La réunion a permis une présentation de la nouvelle association Monaco 5G, et un partage d’informations et d’inquiétudes, notées par les représentants du gouvernement et de l’opérateur Monaco Telecom. L.M.

Les inquiétudes s’expriment sur le déploiement de la 5G

L’association Monaco 5G a tenu sa première réunion publique. L’occasion pour une trentaine de participants de faire part de leur crainte des ondes ou pour l’avenir de leurs enfants

Monaco est, depuis quelques mois, le premier pays au monde entièrement couvert par la 5G. Une nouvelle technologie qui inquiète certains habitants en Principauté. « Quand on a appris qu’il y allait avoir la 5G, on a entendu parler des ondes millimétriques. On s’est dit qu’on allait être des cobayes dans un four à micro-ondes », résume Helena Krajewicz dans une salle de la Maison des associations de Monaco.

La présidente de l’association Monaco 5G démarre cette réunion publique par un rappel des faits. La création d’une page Facebook puis de l’association. Devant la trentaine de personnes présentes, deux représentants du gouvernement, et un de Monaco Telecom. La présidente poursuit son analyse : « Si nous avons fait tout cela, c’est que l’on a eu aucune information. »

Bien reçus

La nature en général n’aimant pas le vide, en particulier la nature humaine, toutes sortes d’informations ont circulé. Des informations reprises lors de cette réunion publique. « Enjeux économiques énormes » et « surveillance de masse », Helena Krajewicz cadre le débat : « Nous ne pouvons pas nous attarder sur l’aspect géopolitique de la situation, car cela nous dépasse. Alors nous devons nous concentrer sur la santé [...] Et nous devons reconnaître que nous avons tout de suite été reçus et écoutés avec bienveillance », par le gouvernement.

Toutes les ondes inquiètent

Après la diffusion d’une vidéo au contenu affolant (« planète en danger », « transhumanisme », « rayonnement ionisant à haute fréquence auquel aucune forme de vie n’échappera »), Jean-François Fabre, trésorier de l’association, prend le relais sur les explications techniques. « Tout n’est pas exact dans cette vidéo. » Ouf.

Il explique les ondes millimétriques et détaille les inquiétudes soulevées. Car pour l’instant, elles sont interdites à Monaco, mais quid du futur ? Des informations défilent à l’écran. Des participants prennent des photos. Tous avec des smartphones.

Rob Rowland, vice-président de l’association, prend la suite, sur des explications scientifiques. Il décrypte les études. Pointe du doigt les éléments qui interrogent, et apporte de la nuance.

Dans l’assistance on s’inquiète pour les ondes. Toutes les ondes. Le wi-fi, les plaques à induction, les oreillettes avec ou sans fil. On rappelle la possibilité de connecter son ordinateur à Internet avec un câble ethernet, et l’existence d’oreillettes tubulaires (« qui ne transmettent pas les ondes et qui fonctionnent comme les stéthoscopes des médecins »). On propose une nouvelle politique : « Pourquoi Monaco ne deviendrait pas le premier pays à interdire les ondes millimétriques ? ça pourrait même devenir un argument sur la qualité de vie. » On demande à « faire valoir le principe de précaution tant que l’innocuité des ondes n’a pas été prouvée ». C’est bien l’objectif de l’association.

Inquiétude contre progrès

Seulement voilà : par nature, la science aurait tendance à prouver l’existence plutôt que l’inexistence. Et quand bien même. Une étude prouvant l’innocuité suffirait-elle ? La crainte n’est-elle pas le corollaire des évolutions technologiques ? Le train, la radio, le téléphone filaire ont tous traîné leur lot d’angoisses. Parfois justifiées, comme au sujet de l’amiante, parfois injustifiées, comme quand un scientifique américain prévenait qu’un train entrant dans un tunnel à 30 km/h asphyxierait ses passagers.

Monaco 5G recevra prochainement le Pr Annie Sasco, signataire de la demande de moratoire pour suspendre le déploiement de la 5G, aux côtés de 269 (1) autres scientifiques, et ancienne directrice du Centre international de recherche contre le cancer, aujourd’hui retraitée.

Et dans la quinzaine à venir, le gouvernement publiera un dépliant d’information destiné à fournir un maximum de réponses.


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