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Les funérailles de la baronne De Massy auront lieu mercredi, un intime de la famille princière livre ses confidences

Mis à jour le 17/06/2020 à 07:25 Publié le 16/06/2020 à 19:00
Avec le temps, le colonel Fringant est entré dans l’intimité de la famille princière.

Avec le temps, le colonel Fringant est entré dans l’intimité de la famille princière. Photo Gaëtan Luci/Palais princier

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Les funérailles de la baronne De Massy auront lieu mercredi, un intime de la famille princière livre ses confidences

Le colonel Luc Fringant est le chef d’orchestre des funérailles de la baronne Elizabeth-Ann de Massy, la cousine germaine du souverain, ce mercredi matin à la cathédrale de Monaco. Témoignage.

Au Palais princier, le colonel Luc Fringant fait partie des murs.

Cet officier de l’Armée française a débarqué en Principauté en 1987, en devenant aide de camp du prince Rainier III. Il n’en est plus parti.

En trente-trois ans, le militaire, qui a dirigé la Force publique pendant douze ans, a organisé toutes les cérémonies touchant la famille princière, douloureuses et heureuses.

C’est lui qui, depuis le 10 juin, date du décès de la baronne Elizabeth-Ann de Massy, la cousine germaine du souverain, organise les obsèques qui seront célébrées, mercredi matin, en la cathédrale de Monaco (1).

Ce mardi, le colonel Fringant, jeune retraité mais qui conserve le titre de premier aide de camp du Prince, s’est confié sur cette cérémonie et sur ses liens avec la famille princière.

Organiser les funérailles d’un membre de la famille princière dans cette période délicate sur le plan sanitaire n’a pas dû être simple…

C’est évident. Le choix de la cathédrale s’est imposé de lui-même parce que c’était la paroisse de Madame De Massy. Ça nous arrange parce qu’elle est plus grande que les autres églises et pourra ainsi accueillir plus de monde. Normalement, sa capacité est de 400 places. Avec le Covid, elle est limitée à 100 places. Vu les circonstances, le gouvernement princier a décidé que 250 personnes pourraient assister à la cérémonie. Toutes les règles de distanciation physique seront respectées et le port du masque sera obligatoire pour tout le monde, à l’exception notamment de l’archevêque.

"On pleurait tous à chaudes larmes"

Comment avez-vous réussi à dresser la liste des invités ?

C’est une messe privée, à laquelle on ne peut assister que sur invitation. Nous avons d’abord demandé au Prince et la famille De Massy de nous donner des indications. Nous invitons le haut du protocole : le Ministre d’État et son gouvernement, les corps constitués, et toutes les entités qui travaillaient pour ou avec Madame De Massy, ou encore avec la princesse Antoinette (sa maman, ndlr). Je pense en particulier au monde du tennis. On fait du sur-mesure en fonction des demandes et des souhaits de la famille. Et il en sera ainsi jusqu’au dernier moment.

Les Monégasques sont-ils venus nombreux lui rendre un dernier hommage à la chapelle du Palais ?

Lundi soir, on avait déjà comptabilisé 300 personnes. On a également organisé des visites privées, en particulier pour le monde du tennis, afin qu’ils ne soient pas dans le flot des visiteurs. Mélanie (sa fille, ndlr) y tenait. Elle les a accueillis. Ils étaient tous très émus. Même si ce ne sont pas des funérailles officielles, on essaie de rendre hommage à Madame De Massy dans les conditions habituelles. C’est la raison pour laquelle la chapelle ardente a été dressée au Palais. C’était aussi plus simple de gérer, ici, le flot de personnes qui ont souhaité venir se recueillir, avec l’aide des carabiniers, pour faire respecter les règles sanitaires. Et puis, Madame De Massy connaissait bien cette chapelle, elle assistait à la messe pratiquement tous les dimanches, ici ou à la cathédrale. Elle connaissait pratiquement tous les carabiniers par leur prénom. Lundi soir, ils étaient presque tous réunis dans la chapelle. On pleurait tous à chaudes larmes.

Quelles sont les particularités de cette cérémonie ?

Mélanie a souhaité que les soignants qui se sont occupés d’elle durant sa maladie soient installés à part dans la cathédrale. Ils seront près d’un piano et d’un violoncelle (2). Madame De Massy y tenait. On entendra notamment l’Ave Maria de Franz Schubert, Après un rêve de Gabriel Fauré et le 3e mouvement de la Sonate pour violoncelle et piano, de Frédéric Chopin. Elle adorait Chopin. Je vais être très ému à ce moment-là…

"Le tour de la Principauté avec la dépouille du prince Rainier"

Depuis les obsèques du prince Rainier III, vous avez organisé toutes les cérémonies, tristes ou heureuses, touchant la famille princière. La boîte à souvenirs doit être bien remplie…

Cela va bien plus loin que cela. Vous savez, c’est à travers toutes ces cérémonies que je me suis intégré dans cette famille. Pour les funérailles du prince Rainier, je me suis impliqué totalement auprès de la princesse Caroline, de la princesse Stéphanie et du prince Albert, qui me donnaient leurs instructions. J’étais à leurs côtés pour les aider. Mon rôle est de les soulager, de les protéger, leur permettre de se consacrer à autre chose, de gérer leur peine, leur chagrin. Petit à petit, mes liens avec la famille princière se sont renforcés grâce à ça. Alors, quand le Prince et Mélanie ont compris que l’on arrivait à la fin de la vie de Madame De Massy, ils m’ont demandé d’être là et de les aider. C’est, pour moi, un immense honneur d’être à leur côté, à nouveau.

Les obsèques du prince Rainier restent le moment le plus fort de votre carrière au Palais ?

La cérémonie, mais aussi tous les jours qui ont précédé. La princesse Stéphanie m’a d’ailleurs appelé pour que je puisse lui dire au revoir de son vivant, au Centre cardio-thoracique. Le moment le plus marquant reste le jour où le prince Albert m’a demandé de ramener au Palais la dépouille de son père. En sortant du Centre cardio-thoracique, alors que tout le monde nous attendait au Palais, j’ai été pris d’une inspiration soudaine : j’ai demandé au carabinier qui conduisait la voiture, au lieu de descendre vers Sainte-Dévote pour aller directement au Palais, de tourner à gauche. Je ne voulais pas rentrer tout de suite. J’ai souhaité faire faire au prince Rainier un dernier tour de la Principauté. J’y pense toujours…

"Je fais partie de cette famille"

D’autres moments particulièrement marquants ?

Il y a eu tous ces événements heureux, comme le mariage princier, les baptêmes… Mais je pense à un autre moment douloureux, la disparition de Monsieur Casiraghi. Les enfants étaient petits, je suis resté très proche d’eux.

Vous avez souvent été dans l’intimité des membres de la famille princière…

Dans les moments les plus intimes, j’ai le réflexe de me retirer. Et puis on me demande de rester. Je n’étais pas aux côtés du prince Rainier quand il a expiré. En revanche, j’étais au chevet de la princesse Antoinette au moment où elle est partie, avec Mélanie. Et j’étais encore avec Mélanie quand sa maman a expiré, la semaine dernière. C’est à la fois un privilège et… (il ravale ses larmes). Et je sais que ce soir (hier, ndlr), Mélanie me demandera de rester jusqu’à la fermeture du cercueil.

C’est plus que de l’intimité…

Je fais partie de cette famille parce qu’ils m’ont adopté. Je les aime, comme s’ils étaient de ma famille. Et ils me le rendent bien.

Étiez-vous aussi proche de la baronne De Massy ?

J’avais une relation plus proche avec sa mère, la princesse Antoinette. Je lui servais aussi d’aide de camp. Je garde un souvenir fort avec elle. Quand on a préparé ensemble les funérailles de sa mère, on s’est beaucoup vu. Et je me souviens qu’elle m’a dit un jour : « Colonel, quand ce sera mon tour, je veux le même cercueil. » Ce n’est qu’un exemple, mais les dernières volontés de Madame De Massy, je les avais. Je connaissais ses souhaits pour le programme musical, elle me les avait exprimés à cette occasion-là, également. Je lui ai alors répondu : « Mais vous plaisantez, c’est vous qui viendrez à mon enterrement. » Malheureusement, elle avait raison, elle est partie avant moi.

1. Les obsèques de la baronne Elizabeth-Ann de Massy se déroulent ce mercredi à 10 h 30 à la cathédrale de Monaco, seulement sur invitation. Elle sera inhumée à la chapelle de la Paix.
2. Au piano, Elzbieta Ziomek-Fringant (l’épouse du colonel Fringant) ; au violoncelle, Thierry Amadi ; à l’orgue, Olivier Vernet ; ténor, Giandomenico Cappuccio.


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