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Les employés du restaurant "La Marée" à Monaco se retrouvent sans salaire ni chômage

Mis à jour le 21/10/2020 à 21:12 Publié le 21/10/2020 à 21:11
Les salariés s’estiment mis à la porte. Lorsqu’ils se sont présentés le 1er octobre, ils affirment avoir été "sortis par la police".

Les salariés s’estiment mis à la porte. Lorsqu’ils se sont présentés le 1er octobre, ils affirment avoir été "sortis par la police". Photo Jean-François Ottonello

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Les employés du restaurant "La Marée" à Monaco se retrouvent sans salaire ni chômage

Sans aucun moyen de subsistance, les employés du restaurant La Marée à Monaco ont manifesté pour leurs droits ce mercredi matin. Le propriétaire du fonds de commerce réfute toute responsabilité.

Ça swinguait, ce mercredi matin, à la Condamine. Vingt-six salariés du restaurant La Marée ont défilé sous les drapeaux de l’Union des syndicats de Monaco, de la place Sainte-Dévote jusqu’au restaurant qui les emploie, situé dans la montée d’Ostende, pour manifester leur détresse et alerter sur leur situation.

La terrasse du restaurant La Marée est vide. Les tables sont soigneusement rangées. Le menu est toujours affiché et le site internet fonctionne encore. Mais le restaurant a cessé de fonctionner. Fini les plateaux de fruits de mer, les tartares, les ceviches ou les poissons rôtis entiers. Depuis le 28 octobre dernier, les casseroles sont rangées et la porte reste close.

Qui est responsable ?

En cause, un imbroglio juridique. L’hôtel Port Palace, dans lequel est installé le restaurant, a été racheté l’année dernière par le groupe Madar, des frères Alain et Jean Madar. Le restaurant, dont le fonds de commerce faisait partie de la vente, était en location-gérance.

L’entreprise qui louait l’établissement a cessé d’exercer, et considère que c’est au propriétaire de l’établissement de reprendre la charge et la responsabilité des salariés.

Lequel s’y refuse catégoriquement: le repreneur "ne compte pas payer les salaires dès lors qu’il n’est pas l’employeur des salariés", nous précise-t-il par l’intermédiaire de son avocat.

Et d’enchaîner les réponses: puisqu’il ne se considère par comme leur employeur, il n’a aucun pouvoir mais affirme qu’il "s’inquiète du sort de ces salariés et discute avec les services du gouvernement et avec les services du gouvernement afin qu’une solution soit trouvée et que leur situation soit clarifiée".

Depuis le début du mois, les salariés n’ont plus accès au restaurant.

"Lorsque nous nous sommes rendus sur notre lieu de travail le 1er octobre, les dirigeants de l’hôtel ont fait appeler la police pour nous faire partir – alors que nous étions totalement pacifistes", précise un délégué du personnel.

Mais ils n’ont pas non plus été licenciés. Une situation inextricable pour Yoann Bouy, délégué du personnel: "Nous sommes dans un vide juridique. Nous n’avons pas le droit de travailler ailleurs parce qu’on est encore en contrat, nous n’avons pas la possibilité de travailler ici parce qu’on nous refuse l’accès, et nous ne pouvons pas réclamer les droits au chômage, parce que nous sommes toujours salariés."

"Ils peuvent démissionner"

Interrogé, l’avocat-conseil du repreneur précise tout de même, avec un curieux sens de la délicatesse: "La situation actuelle ne prive absolument pas les salariés de la faculté de rechercher un autre emploi. Ils peuvent parfaitement faire leurs recherches et, le cas échéant, transmettre leur lettre de démission."

Omettant sans doute que les droits au chômage ne sont pas les mêmes après une démission ou un licenciement. Un détail qui a son importance en période de crise sanitaire et sociale.

De leur côté, les salariés affirment avoir obtenu le soutien de la direction du Travail, pour qui la loi disposerait en effet que la responsabilité des salariés incomberait, en l’espèce, au propriétaire du fonds de commerce.

Les autorités confirment ce soutien et affirment être disposées à aller jusqu’à la procédure judiciaire en cas d’échec des négociations.

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