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Les éleveurs azuréens sont à cran

Mis à jour le 17/01/2016 à 05:06 Publié le 17/01/2016 à 05:06
Jacques Courron, éleveur ovin à Gourdon : « On ne demande pas l'éradication, juste une régulation forte pour faire baisser la pression. »	(Repro Philippe Bertini)

Les éleveurs azuréens sont à cran

Il a encore subi deux attaques la semaine précédant notre reportage.

Il a encore subi deux attaques la semaine précédant notre reportage. Portant le bilan 2015 à une trentaine. Même si c'est moins qu'en 2014, Jacques Courron, éleveur à Gourdon, est désemparé.

Les moutons, encore parqués pour la nuit, se réchauffent doucement au soleil. Le troupeau paît là, sur les hauteurs de Grasse, d'octobre à juin, et à Entraunes l'été. Comme tous les jours, l'éleveur lève quelques piquets de la clôture mobile et laisse ses 450 moutons gambader alentours pour la journée.

« En ce moment, c'est un peu chaud, alors je passe quasiment 24 heures sur 24 avec les bêtes. Hier soir, je suis resté jusqu'à minuit et demi, dans ma voiture. Je mets quiconque au défi d'attendre comme ça, avec des températures de -6°C, -7°C, -8°C, et de rester calme. Je fais le maximum pour assurer la sécurité des bêtes. Ce matin, je suis venu à 5 h 15. »

Quelles mesures de protection met-il en œuvre? « Les chiens, le parcage de nuit et le gardiennage renforcé. On a tout. C'est complètement illusoire de croire qu'on peut cohabiter avec le loup, parce qu'il s'adapte à toutes les mesures de protection », explique celui qui est aussi le président de la Fédération ovine du 06.

La solution ? « Une régulation forte pour faire baisser la pression. On ne demande pas l'éradication. On sait qu'on aura fait une bonne régulation le jour où les attaques auront commencé à diminuer », estime-t-il.

A la Roque-Esclapon, dans le Var, même son de cloche. « L'an dernier, ils ont tué trois loups, commente Philippe Fabre, président de la Fédération ovine 83. On a été tranquilles pendant sept ou huit mois, c'est la preuve que ça marche. On regarde nos moutons se faire manger sans pouvoir rien faire. On perd 10% de nos bêtes par an. Mais on y tient, à nos agneaux. Pourtant, on a tout essayé comme moyens de protection : effarouchement, filets, chiens patous, rien ne marche. Si je n'avais pas les enfants derrière, ça fait des années que j'aurai déjà laissé tomber. »


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