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Les bavardages de M. Chagrin et de Mme Jérémiade

Mis à jour le 27/02/2016 à 05:02 Publié le 27/02/2016 à 05:02
Les discussions vont bon train sur la Cannonière, « A canunera », côté est des remparts du Rocher de Monaco.	(DR)
Monaco-matin, source d'infos de qualité

Les bavardages de M. Chagrin et de Mme Jérémiade

Retrouvez chaque mois la chronique monégasque, proposée par le Comité national des traditions monégasques

Deux membres du Comité national des traditions monégasques, le chanoine Georges Franzi (Sciü Crüssi) et Adrienne Cellario (Scià Lürgna), très attachés au monégasque, se donnèrent la peine, afin de préserver vivante notre langue, de traiter non sans malice, sous la forme de dialogues, différents thèmes. Ces conversations qui traduisent non seulement l'esprit qui anime notre langue mais aussi son humour, ont été écrites par le chanoine Georges Franzi et la plupart d'entre elles firent l'objet de diffusions périodiques sur les ondes radiophoniques (radio Azur 102). Aujourd'hui, nous avons choisi d'en retranscrire une sur le Carême.

Sciü Crüssi : Bonjour, Madame Jérémiade, vous ne sentez pas le froid ?

Scià Lürgna : Oh oui ! Monsieur Chagrin, il faut bien que l'hiver passe.

S.C. : Comme dit le vieux proverbe, « le froid, le loup ne l'a jamais mangé ».

S.L. : Mais avec le froid est venu le temps de faire pénitence.

S.C. : Pourquoi faire pénitence ? Vous parlez peut-être pour vous !

S.L. : Oh ! Homme sans religion ! Vous ne savez peut-être pas qu'après le carnaval vient le Carême !

S.C. : Je le sais bien ! Mais qu'est-ce que vous voulez, je suis comme les gens d'aujourd'hui, maintenant on n'y pense presque plus au Carême.

S.L. : Et c'est pas mieux ! Car aujourd'hui tout le monde se fout de tout.

S.C. : N'exagérez pas, Madame « je fais tout bien », il y a encore de bons chrétiens à Monaco.

S.L. : Oui ! Mais autrefois le Mercredi des Cendres était une journée de recueillement, on commençait un temps de méditation et, sans être tristes, le Carême donnait à réfléchir à tous.

S.C. : Je me rappelle de ce que disait le brave chanoine Janin quand il mettait les cendres sur le front.

S.L. : « Memento, homo, quia pulvis es et in pulverem reverteris. »

S.C. : « Souviens toi, homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. »

S.L. : Et puis on faisait maigre trois jours de la semaine : le mercredi, bien entendu le vendredi et même le samedi.

S.C. : Vous ne trouvez pas que c'était un peu exagéré ?

S.L. : Peut-être ! Mais cette abstinence ne faisait pas de mal. Je ne dis pas de jeûner, de rester sans manger... mais c'est pareil, on vivait mieux.

S.C. : Et il faut bien le dire, si on mangeait maigre, ce n'est pas pour cela qu'on mangeait mal.

S.L. : Hum ! Ces plats de stockfisch qui, après avoir embaumé toute la maison, arrivaient sur la table, savoureux que je ne vous dis que ça ! Que seules nos mémés savaient cuisiner.

S.C. : Et puis, la providence de la mer nous donnait des poissons autant qu'on en voulait : oblades, bogues, sardines, anchois et encore, encore…

S.L. : Et les gianchetti qui se vendaient au « Coin » (1) dans une corbeille qui semblait tout argentée.

S.C. : Vous me faites saliver ! Quand je pense à ces omelettes de gianchetti qui parfumaient toute la cuisine.

S.L. : Et qui faisaient tant de bien à l'estomac ! Mais aussi, les gianchetti se mangeaient avec un bon filet de bonne huile d'olive et deux gousses d'ail.

S.C. : Et pour le goûter on faisait les mouillettes de crème d'anchois.

S.L. : Si aujourd'hui vous parlez de crème d'anchois à la moitié de Monaco... ils ne savent même plus le goût que ça a.

S.C. : Allez, Madame Jérémiade. Le Carême finira bien. Au revoir !

S.L. : Au revoir, Monsieur Chagrin ! Comme disaient nos anciens « à la fin du Gloria nous chanterons l'Alléluia » (2).

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