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Les Anglais de la Côte sur le Brexit : Une île à part

Mis à jour le 13/04/2019 à 10:27 Publié le 13/04/2019 à 10:27
« Les Anglais ne se sont jamais vraiment sentis membres de la communauté européenne », estime Nick Hill. « C’est un peu comme un mariage qui n’aurait pas été consommé. »	(DR)

Les Anglais de la Côte sur le Brexit : Une île à part

La valse-hésitation britannique autour du Brexit plonge les Anglais de la Côte dans le trouble. Deux femmes, un homme : trois ressortissants du royaume donnent leur sentiment sur le débat

Gideon Rachman, éditorialiste au Financial Times, éclairait récemment le débat de ce tweet imagé : « Theresa May se comporte comme une gouvernante victorienne sadique qui déposerait inlassablement le même plat dégoûtant sur la table, jusqu’à ce que des enfants récalcitrants se résolvent à le manger. »

L’analogie ne déplaît pas à Nick Hill. « Je suis entièrement d’accord ! », s’amuse le président de la Chambre de commerce franco-britannique de Marseille. « Personne ne soutient Theresa May dans le combat qu’elle mène aujourd’hui. Franchement, ça suffit ! Il faut qu’elle parte et que le Royaume-Uni reconsidère totalement la question. »

« Irréaliste »

Au-delà de l’analyse, Nick Hill a toujours pensé que le Brexit n’arriverait jamais. « Je suis persuadé que nous resterons au sein de notre chère communauté européenne. » À plein temps sur le territoire français, l’entrepreneur ne se sent qu’un lien assez vague avec son pays d’origine. « Au moment de référendum, en 2016, je me trouvais en Italie avec un copain allemand. Il m’a dit : C’est la cata. Je lui ai répondu : Non, c’est plutôt une bonne chose. Finalement, avec le recul, c’est une affaire beaucoup trop compliquée et parfaitement irréaliste. »

Pourquoi considérait-il la séparation comme un élément positif ? « Les Anglais ne se sont jamais vraiment sentis membres de la communauté européenne. Pas d’euro, pas de traité de Schengen… C’est une île à part. Un peu comme un mariage qui n’aurait pas été consommé. »

Nick Hill l’a d’ailleurs mesuré au Mipim, le salon mondial de l’immobilier qui vient de se tenir à Cannes. « Tout le monde était ensemble autour de la table, comme des partenaires au sein d’un même club européen. Les Britanniques, eux, faisaient semblant. »

En conclusion, une pique toute personnelle à l’adresse de la « Première ministre », que manifestement il apprécie modérément. « J’ai été en classe avec son mari pendant sept ans. Il est comme sa femme : un mec très gris, sans imagination. Le problème de Theresa May, c’est qu’elle s’est engagée dans une voie dont, par fierté, elle ne veut pas s’écarter. Le mieux serait qu’elle démissionne. »

« On n’y comprend plus rien »

Leisa, originaire de Leeds, dans le nord de l’Angleterre, réside sur la Côte d’Azur depuis trente ans. Elle n’y va pas par quatre chemins : « On n’y comprend plus rien. Je fais un peu l’autruche quand il s’agit d’aborder ce problème. Quand tout a commencé, mon père m’a dit de prendre la nationalité française. J’ai tous les papiers, mais je n’ai toujours pas déposé ma demande. Contrairement à trois de mes amies qui se sont empressées de le faire. »

Les remous à répétition donnent à Leisa le sentiment d’une grande confusion. « Si le Brexit passé en 2016, c’est parce que la plupart des électeurs étaient mal informés. On les a manipulés. »

À Menton, Jill, elle aussi, est perplexe. « Moi, je n’y comprends rien du tout », dit cette sexagénaire qui vit en France depuis quarante ans. « Les Britanniques que je connais ici sont tous contre le Brexit. Contrairement aux Anglais d’Angleterre qui ne bougent pas et sont convaincus que cela fera du bien au pays. En fait, je crois que personne ne sait où l’on va et je me demande s’il ne vaut mieux pas rester dans l’Europe, plutôt que de partir sans accord. Mais je m’intéresse plutôt à la politique en France, parce que cela me concerne un peu plus. »


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