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L’entraînement musclé des "Grimaldi Milites" avant la "Champions League" des combats médiévaux

Mis à jour le 10/02/2020 à 08:36 Publié le 10/02/2020 à 11:13
Le 15 février prochain, lors du "Buhurt Prime", le match d’exhibition entre les "Grimaldi Milites" et l’équipe génoise aura lieu en amont de la petite finale.

Le 15 février prochain, lors du "Buhurt Prime", le match d’exhibition entre les "Grimaldi Milites" et l’équipe génoise aura lieu en amont de la petite finale. Photo Antoine Colin

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L’entraînement musclé des "Grimaldi Milites" avant la "Champions League" des combats médiévaux

En vue du "Buhurt Prime" qui aura lieu le 15 février prochain, l’équipe monégasque de behourd, les "Grimaldi Milites", s’entraîne sans relâche pour être prête à affronter son grand rival génois.

Encore méconnu du grand public, le béhourd commence à faire des adeptes. Entre les fans de Game of Thrones et les férus d’histoire médiévale, quelques-uns ont voulu s’essayer à cette pratique hors du commun. L’histoire des "Grimaldi Milites" est du même acabit. Ces passionnés d’histoire et de sports de combat ont décidé de prendre leur destin en main et de s’imposer sur la scène nationale et internationale. Pour se préparer, ils se réunissent dans une "lice de récupération" située au troisième étage d’un immeuble à Fontvieille trois fois par semaine.

Au programme, des entraînements: musculation, cardio, exercices tactiques et techniques ou encore duels entre combattants. Des exercices, loin de l’image guerrière de ce sport de combat atypique.

Des compétiteurs dans l’âme

Avant de commencer l’entraînement, Raph, l’entraîneur russe de cette séance, prépare ses combattants autour d’un échauffement musculaire.

Bras, nuque, mains, épaules, genoux... dans cette discipline, tous les muscles sont mis à rude épreuve. Alors, ce n’est qu’une fois bien échauffés que les choses sérieuses peuvent enfin commencer.

"On entre maintenant dans une phase plus technique. C’est de la répétition de savoir-faire pour obtenir les bons réflexes lors des combats", explique Philippe Rebaudengo, secrétaire général de l’association.

Au total, le club compte 14 adhérents. Mais ce soir, seuls 8 combattants sont présents. Ils représentent l’équipe-type du prochain affrontement qui aura lieu au "Buhurt Prime", l’équivalent de la Ligue des champions de ce sport.

Même s’ils ne se rendront sur place que pour participer à un match d’exhibition, les "Grimaldi Milites" veulent prouver leur détermination dans le but de se faire une place parmi les 10 meilleures équipes sélectionnées dans le monde entier. Officiellement premier du championnat de France en ce début d’année, ils sont actuellement sur la bonne voie.

Des exercices de type cross fit

En condition de combat réelle, le but du premier exercice paraît simple au premier abord. Mais au bout de quelques minutes, Raph rappelle à l’ordre sa troupe et montre l’attitude à adopter: "Il faut bien regarder ce qui se passe autour de vous, ne restez pas concentré sur un seul adversaire."

La règle ultime des affrontements pendant les tournois est de faire tomber l’adversaire. Le dernier à rester debout sera l’heureux vainqueur.

Car, malgré leurs carrures de gladiateurs, ces sportifs aguerris doivent aussi savoir utiliser leur tête. Dans la lice, ils seront 10 à s’affronter. Parmi eux, 5 combattants par équipe et 3 remplaçants. Le but est donc d’apprendre à anticiper les attaques pour mieux pouvoir se défendre et s’engager sur plusieurs fronts. Alors, même si les gestes peuvent paraître répétitifs pendant l’entraînement, il y a une raison à cela.

"Nos champions doivent trouver des automatismes et les exercices de types cross fit sont forcément la meilleure façon de renforcer leur musculature ainsi que leur mental." Par exemple, si une personne n’a pas pratiqué de sport depuis quelques années, l’intensité physique qu’exige un combat de la sorte peut s’avérer problématique.

"Le recrutement est fluctuant. Souvent, ils viennent essayer une fois et on ne les revoit plus jamais", sourit Phillippe Rebaudengo.

Un cardio à toute épreuve

À peine le temps de souffler que les combattants enchaînent avec un nouvel exercice. Pour éviter de consommer trop d’énergie et de "mécaniser" les gestes, des casques rembourrés, des épées en mousse et des boucliers remplacent les vrais équipements pouvant peser en moyenne entre 30 et 40 kg.

Le coach choisit les binômes.

Dès le top départ, tous les participants se ruent les uns sur les autres. Les coups pleuvent. Et le bruit des contacts résonne dans toute la pièce. La manche dure douze minutes. Sur eux, ils ne portent que le gambison, un vêtement matelassé que l’on met dessous l’armure pour amortir les coups.

Les vêtements sont plus légers, certes, mais au bout d’une heure d’entraînement, la fatigue se fait quand même ressentir. Les mains sur les cuisses, les combattants tentent alors de reprendre leur souffle. Pour autant, ils ne sont pas au bout de leur surprise. Les deux prochains ateliers exigent beaucoup de concentration. Raph met en place un exercice pour élargir leur champ de vision. Ainsi, il va leur permettre de ne pas être pris au dépourvu lors des premiers affrontements et de pouvoir placer une attaque au bon moment.

Au centre de la lice, un sac de frappe artisanal fabriqué à partir de pneus, appelé "balda" sert de cobaye. Il représente l’ennemi. Chaque fois qu’un coéquipier est en danger, il faut se défaire de son adversaire et courir vers le balda pour lui adresser un coup. Ainsi, ils travaillent la vitesse d’exécution, leur concentration et surtout leur endurance tout en gardant un œil sur ce qui passe sur la lice. Bref, les sportifs s’adonnent à une véritable partie d’échecs dans laquelle il est essentiel d’élaborer une stratégie bien huilée.

"Une équipe de sportifs intelligents"

Jiffy, l’un des combattants de l’équipe porte un regard sur la difficulté de ce sport de combat. Pour lui, chaque mouvement a son importance. Il faut savoir anticiper et être efficace. Des réflexes qui demandent une réflexion sur les situations.

"Les équipes qui gagnent sont des équipes de sportifs intelligents."

Même si les coups sont violents, la technique et la tactique sont toujours privilégiées à la force brute. Des parades sont proposées pour trouver des failles chez les adversaires. Une stratégie est aussi appliquée en amont pour ne pas se faire surprendre. La position à adopter en fait partie: "Il faut trouver une position pour éviter de trop t’exposer quand tu regardes ailleurs", crie Raph.

Rien ne doit être survolé. Résultat? Les élèves ont bien souffert. C’est le prix à payer pour entrer dans la cour des grands de cette discipline. C’est pour cette raison qu’ils comptent bien redoubler d’efforts pour arriver fin prêt au "Buhurt Prime", la compétition la plus prestigieuse de ce sport en quête de reconnaissance.

L’entraînement est intensif. Au programme, musculation, cardio, exercices tactiques et duels entre combattants.
L’entraînement est intensif. Au programme, musculation, cardio, exercices tactiques et duels entre combattants. Photo Antoine Colin
Photo Antoine Colin

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