“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Législature catastrophique

Mis à jour le 13/07/2017 à 05:20 Publié le 13/07/2017 à 05:19

Législature catastrophique

L'Union monégasque a tenu un point presse hier au cours duquel ses représentants sont revenus sur leurs succès, mais aussi sur leurs déceptions lors de la dernière session parlementaire

Ils n'y vont pas par quatre chemins. Jean-François Robillon (l'ex-président), Bernard Pasquier et Jean-Louis Grinda, attablés dans la bibliothèque du Conseil national, ont tenu, hier, à faire un débrief des derniers dossiers politiques. Et s'ils n'hésitent pas à saluer quelques-uns de leurs succès, ils ne se voilent pas non plus la face sur leurs ratés. Mais surtout, ils dénoncent une « législature catastrophique » où le gouvernement ne respecte pas leur institution.

Les réussites

Plusieurs projets remportent la satisfaction de l'Union monégasque. Ainsi, même si Jean-François Robillon estime que le texte a été « rabougri et qu'il relève plus de l'affichage », il se dit satisfait de l'adoption de la loi sur le patrimoine. Satisfait aussi du texte sur le droit international privé (pour les résidents étrangers), et de celui sur l'inéligibilité et l'incompatibilité de certaines professions avec l'exercice du mandat, même si Jean-Louis Grinda rappelle que certains conseillers auraient fait part en séance publique de pressions subies pour ne pas le voter.

Garde alternée

Si, là aussi, ils apprécient ce qu'ils ont obtenu, les représentants de l'UM dénoncent un raté majeur : « Nous n'avons pas réussi à faire revenir le gouvernement sur un problème : donner une réelle égalité homme femme à Monaco, au sens large. La garde alternée représentait une opportunité. Mais le rôle de chef de foyer est très difficile à donner à une femme en Principauté », regrette Jean-François Robillon. En effet, cette loi sur la garde alternée va donner des droits de chef de foyer à des femmes divorcées, alors que dans les couples mariés, c'est systématiquement l'homme qui porte légalement la culotte.

« La femme ne peut être chef de foyer que si son mari n'a aucun revenu et ne bénéficie d'aucune assurance. Cette histoire pose un vrai problème à Monaco. Nous avions d'ailleurs déposé une proposition de loi à ce sujet en 2014, qui a été repoussée dans le fond des tiroirs », dénonce Bernard Pasquier.

« Lors des débats sur cette proposition, nous avions soulevé que c'est anticonstitutionnel. La Constitution dit que les Monégasques sont égaux devant la loi et il n'y a pas entre eux de privilèges. Et cela, personne ne l'a contesté à ce moment-là. C'est bien que nous avions raison », note Jean-louis Grinda.

Financement des campagnes

Là, les représentants de l'UM regrettent un « loupé ». Le Greco (Groupe d'États contre la corruption, émanation du Conseil de l'Europe) recommandait de prendre des mesures sur le financement des campagnes électorales. Jean-François Robillon explique que ce texte proposait, entre autres, « une réduction du montant des frais de campagne, un encadrement sur une période suffisamment longue pour que l'on évite des dépenses obscènes, que l'on arrive à une équité pour que se présenter aux élections ne soit pas réservé aux gens qui ont une fortune personnelle ».

Seulement, il aurait fallu une présentation en séance publique extraordinaire puisque la session s'est terminée le 28 juin. « Le président et le vice-président du Conseil national ne veulent pas de séance extraordinaire, et veulent reporter le débat à la séance d'octobre. Mais comme nous sommes en année électorale, plus on reporte le vote du texte, moins les gens concernés y seront soumis », regrette Jean-Louis Grinda. Une déclaration que le président Christophe Steiner n'a pas souhaité commenter, hier.

Jardins d'Apolline

Et globalement, quand on en vient au gouvernement, les trois conseillers sortent la machine à baffes. Pour les Jardins d'Apolline, ils disent « regretter la façon dont le gouvernement a traité le sujet ». S'ils saluent la présence du prince Albert II auprès de la population, ils y voient aussi un signe de gravité. « C'était ridicule de proposer une réduction de 15 % de loyer alors que les locataires subissaient des nuisances extrêmes », balance Jean-François Robillon. « C'est un cataclysme imprévisible. Le gouvernement est aussi victime, reprend Jean-Louis Grinda. Mais il y a des gens qui y vivent, et à qui on dit qu'on va les déménager pendant 6 à 8 mois à l'Engelin qui sera bientôt livrable. C'est inacceptable pour ceux qui attendent leur logement et qui vont devoir attendre encore plus. La situation est exceptionnelle, il doit y avoir des mesures exceptionnelles : le gouvernement peut user du pouvoir de réquisition. Qu'on réquisitionne les logements vides. »

Amer constat

« Pendant cette législature, le Conseil national a perdu énormément de pouvoir, et le respect que les Monégasques ont pour cette institution. C'est un constat très triste, mais quand on dit que la Constitution n'est pas respectée et qu'il y a des centaines de millions d'euros qui ne sont pas dans le budget, et que 21 conseillers sur 24 tournent la tête de l'autre côté, on ne peut pas se faire respecter ! Les Monégasques le voient et pensent que le Conseil ne sert à rien . Ça a été une législature catastrophique pour le Conseil national. il n'y a pas d'autres moyens de le dire », s'attriste Bernard Pasquier.

Jean-François Robillon renchérit en rappelant que, par deux fois, le gouvernement a quitté les séances publiques sans justification : « Ils n'ont même plus besoin de faire semblant d'avoir du respect pour nous. » Des événements qui, selon nos informations, ont également été diversement appréciés dans les rangs de la majorité.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

La suite du direct