"Le sillage qu’il a tracé m’inspire quasi quotidiennement": A Paris, le prince Albert II rend hommage à son trisaïeul avec émotion

Pour clore l’année du centenaire de la commémoration de la disparition de son trisaïeul, le prince Albert II est dans la capitale française honorant les engagements passés de son ancêtre.

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CEDRIC VERANY Publié le 07/12/2022 à 09:21, mis à jour le 07/12/2022 à 11:52
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Le prince Albert II était en déplacement pendant deux jours dans la capitale française pour rendre hommage au centenaire de la disparition de son trisaïeul. Photo Alex Bastello/Palais princier

Le marathon de la commémoration du centenaire de la disparition du prince Albert Ier touche à sa fin. Et la dernière étape se joue à Paris, ville de naissance et de mort du prince navigateur. C’est pourquoi le prince Albert II a entamé ce mardi un déplacement de deux jours dans la capitale française.

La journée a démarré par le dévoilement d’une plaque commémorative au 10 avenue du président Wilson, dans le XVIe arrondissement, sur la façade de l’ancien hôtel particulier du prince Albert-Ier, acquis en 1899 et devenu le siège de la Nonciature (résidence du représentant du Pape en France) en 1923. L’hommage s’est poursuivi, non loin, dans les jardins du Trocadéro, par un fleurissement de la plaque de l’avenue Albert-Ier de Monaco, nommée ainsi le 22 janvier 1932 par le Conseil de Paris.

Une décision rappelant que dans la capitale française, le prince monégasque, à son époque, a eu une activité politique, diplomatique et scientifique, à travers notamment la création de deux fondations: l’Institut océanographique et l’Institut de paléontologie humaine. Albert Ier avait été d’ailleurs élu associé étranger à l’Académie des sciences en 1909. Et c’est au sein de cette institution, accueilli par le chancelier Xavier Darcos que le souverain a prononcé un discours, hier, exprimant sa "plus vive gratitude" auprès des académiciens présents.

Ici dans les jardins du Trocadéro aux côtés de la secrétaire d’État chargée de l’Europe, Laurence Boone pour le dévoilement de la plaque avenue Albert-Ier de Monaco Photo Alex Bastello/Palais princier.

Les mots prémonitoires de Marcel Pagnol

Dans son intervention, le Prince a relaté une anecdote familiale se permettant "d’introduire un peu d’humour, d’humour provençal, en vous livrant l’extrait d’une lettre qui, je vous le confesse, fait plus partie de la mythologie familiale que de la grande histoire, mais qui prend tout son sens en cet après-midi. Marcel Pagnol, votre confrère de l’Académie française, était lié à Monaco, y avait résidé, et même exercé une fonction consulaire. Le 21 mars 1958, quelques jours après ma naissance, il écrivait à mes parents, je le cite: "Ainsi le second Prince- Océanographe vient de naître sous le signe des Poissons: c’est l’annonce d’une très heureuse navigation, qui le rendra célèbre, et je vois déjà son entrée à l’Institut, à laquelle, malheureusement, je n’assisterai pas. Mais peut-être trouvera-t-il par hasard cette lettre, par laquelle je serai mis au rang des prophètes, et j’en suis tout fier par avance." Il faut évidemment lire ces propos comme une galéjade marseillaise, et – ne vous y trompez pas – n’y voir aucune prétention de ma part. Mais effectivement, aujourd’hui, grâce à votre invitation, je suis entré à l’Institut pour quelques heures, pour rendre hommage à mon trisaïeul. Et cette démarche que vous m’avez permise suscite en moi beaucoup d’émotion, tant le sillage qu’il a tracé m’inspire quasi quotidiennement dans ma navigation".

Le prince Albert-II a évoqué la mémoire de son trisaïeul à l’amphithéâtre de l’Institut de France. Photo Alex Bastello/Palais princier.

Une "vie nouvelle" pour le château de la princesse Alice

Si le prince Albert Ier, en qualité de membre associé étranger, ne pouvait pas prendre part au vote de l’Académie, en 1911, il s’était clairement prononcé en faveur de l’entrée de Marie Curie dans ce cénacle alors que le débat sur l’éligibilité des femmes à l’Institut faisait rage. "Faut-il voir, dans certaines prises de position de mon trisaïeul, une influence féministe, même décalée, de la princesse Alice? Elle était certes très bien intégrée dans la société parisienne, et a pu jouer un rôle d’intermédiaire avec certaines personnalités. Mais Albert I décidait toujours seul" a souligné le souverain.

Évoquant la princesse Alice dans les murs de l’Institut de France, où Stéphane Bern a domicilié sa Fondation pour l’histoire et le patrimoine, le souverain a confirmé qu’il soutenait pleinement le projet porté par le journaliste amoureux du patrimoine visant à la restauration du domaine de la princesse Alice à Haut-Buisson dans la Sarthe. Domaine inscrit parmi les lieux emblématiques du Loto du patrimoine en 2021. "Je viens moi-même d’apporter une contribution personnelle, à travers la Fondation du patrimoine, à la réhabilitation de ce site de l’héritage Richelieu, désormais partagé avec les Grimaldi. Le château de la princesse Alice pourra ainsi trouver, pour les collectivités engagées, une vie et une vocation nouvelles, au-delà d’être un témoignage, au temps de la Belle Époque, de la vie parisienne aux champs".

La séquence s’est achevée par le dévoilement d’un buste du prince Albert Ier, offert par le prince Albert II à l’Institut. Ce mercredi, le déplacement du souverain dans la capitale française doit se poursuivre en région parisienne, dans les Yvelines, à la découverte de la maison Zola, devenue un musée évoquant l’engagement de l’écrivain dans l’affaire Dreyfus. Là encore, un écho à son trisaïeul qui a soutenu en 1898 Émile Zola et le capitaine Dreyfus.

Dévoilement de la plaque commémorative au 10 avenue du président Wilson, dans le XVIe arrondissement, sur la façade de l’ancien hôtel particulier du prince Albert-Ier, Photo Alex Bastello/Palais princier.

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