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Le risque avalanche atteint des sommets dans les Alpes-Maritimes

Mis à jour le 01/03/2016 à 05:14 Publié le 01/03/2016 à 05:14
« Il faut absolument éviter de s’aventurer en hors-piste au cours des deux prochains jours », explique Marie-France Delansorne, responsable de la station météo de Nice.

« Il faut absolument éviter de s’aventurer en hors-piste au cours des deux prochains jours », explique Marie-France Delansorne, responsable de la station météo de Nice. Photo Franz Chavaroche

Monaco-Matin, source d'infos de qualité

Le risque avalanche atteint des sommets dans les Alpes-Maritimes

Il est tombé jusqu'à un mètre de poudreuse sur les sommets azuréens. Du coup le risque de coulées de neige est maximal. Les professionnels appellent à la plus grande prudence

Elle est là, enfin ! La neige qui s'est tant fait désirer en ce début d'hiver est tombée à gros flocons le week-end dernier. Particulièrement sur l'est du département et les massifs frontaliers. Il est ainsi tombé 70 cm de poudreuse à Castérino et jusqu'à un mètre sur certains sommets du Mercantour. La station italienne de Limone bat tous les records avec 1,60 mètre de « fraîche ».

Dans le Haut Var et le Verdon les chutes ont été moins abondantes. Le risque avalanche était néanmoins de 4 sur une échelle de cinq, hier à Valberg. Il est même maximal dans le Mercantour. Météo France a ainsi décidé de maintenir les Alpes-Maritimes en vigilance jaune.

La ruée sur l'or blanc redoutée

« Il faut absolument éviter de s'aventurer en hors-piste au cours des deux prochains jours, insiste Marie-France Delansorne, responsable de la station météo de Nice. Le manteau est très instable. Il faut rester prudent jusqu'à la fin de la semaine. »

À Isola, une coulée a d'ailleurs coupé la route d'accès à la station dans la nuit de dimanche à lundi.

La circulation a finalement pu être rouverte hier à 16 h. Au grand bonheur des amateurs de glisse. Car, après cet épisode neigeux, on annonce du beau temps jusqu'à la fin de la semaine. Du coup les services de secours en montagne redoutent une ruée vers l'or blanc. Mais, pour Florian Austruy, le patron des CRS de montagne « le bénéfice escompté ne vaut pas les risques encourus ». Ce professionnel appelle lui aussi à la plus grande prudence.

De gros amas de neige et des plaques à vent

L'instabilité du manteau neigeux azuréen s'explique par la conjugaison de plusieurs facteurs météorologiques. L'abondance des chutes du week-end, bien sûr, mais aussi les vents qui ont balayé les sommets des Alpes-Maritimes durant cet épisode neigeux. « Il y a eu des rafales jusqu'à 100 km/h, souligne Georges Knops, nivologue et prévisionniste à Météo France. Ce qui a favorisé la formation de congères à proximité des crêtes et de plaques à vent. Comme leur nom l'indique, ce sont des plaques de neige dont la surface a gelé au contact du vent et qui risquent de partir au passage d'un skieur ou d'un randonneur en emportant de très grosses quantités de neige. »

Coulées spontanées

Hier, à Valberg, la fermeture des remontées mécaniques a même un temps été envisagée en raison d'importantes rafales sur les sommets de la station. Ces plaques à vent sont particulièrement redoutées par les professionnels de la montagne. D'autant plus que, insiste Florian Austruy le patron des CRS de montagne, « en niveau 4 ou 5 du risque avalanche le manteau est tellement instable que les coulées peuvent se déclencher spontanément, en dehors de toute intervention humaine, y compris dans des secteurs peu pentus. »

Marie-France Delansorne, responsable de la station météo de Nice, rappelle que ces avalanches naturelles « peuvent atteindre des routes ou des infrastructures de montagne ». Voilà pourquoi elle déconseille les déplacements dans le haut pays azuréen durant les prochains jours. le manteau devrait ensuite commencer à se stabiliser. « À moins qu'un redoux sur cette neige relativement froide, puisqu'elle est descendue jusqu'à 1 000 mètres d'altitude, ne déclenche de nouvelles coulées naturelles », avance prudemment Georges Knops.

Isola 2000, une journée hors du monde

 

Les opérations de déblaiement et sécurisation de la RM97 ont duré une grande partie de la journée.On s’est également activé dans la station pour libérer la route.Anthony, Alexis et Laurine, pris de court par ce blocus inopiné, en ont été quitte pour un jour de ski supplémentaire.
Les opérations de déblaiement et sécurisation de la RM97 ont duré une grande partie de la journée.On s’est également activé dans la station pour libérer la route.Anthony, Alexis et Laurine, pris de court par ce blocus inopiné, en ont été quitte pour un jour de ski supplémentaire. Photo Franz Chavaroche et Maguy Belia

« On pensait descendre tard hier soir... et on s'est fait surprendre par la neige. On a averti au travail, on espère pouvoir rentrer ce soir. En attendant on ira skier cet aprem' ! »

Perplexes hier matin devant leur voiture recouverte de neige, Anthony, Alexis et Laurine ont finalement vu leur souhait exaucé. Hier soir, ces jeunes Laurentins ont pu regagner le littoral après une journée de rab forcé à Isola 2000.

Il y a plus désagréable, c'est entendu ! Comme eux, quelques skieurs ont dû jouer les prolongations dans la station, restée coupée du monde une bonne partie de la journée.

La faute à cette coulée de neige qui s'est invitée sur la chaussée dimanche vers 23 h, à mi-parcours entre le village d'Isola et la station. Une coulée d'environ 20 mètres de large et 1,80 m d'épaisseur, qui n'a heureusement surpris aucun automobiliste.

Mais qui a mobilisé artificiers, services métropolitains, municipaux et gendarmes, afin de libérer la route vers l'or blanc. Quelques kilomètres plus haut, le mètre de poudreuse qui a enveloppé la station a été reçu avec plus d'enthousiasme, tant par les pitchouns surexcités que les parents ravis de l'aubaine.

Le car scolaire a pu assurer sa tournée malgré de petites galères. Là encore, on s'est activé pour déblayer les routes, à grands coups de pelles et d'entraide. Il y a bien eu quelques montées de stress, comme pour cette jeune maman qui s'inquiétait de pouvoir récupérer son bébé chez ses grands-parents le soir même.

Mais ni panique, ni gros soucis à l'horizon pour les quelque 3 500 personnes bloquées à Isola 2000, qu'il s'agisse des touristes franciliens, des propriétaires ou du staff de la station.

« À présent, être vigilant »

Chez les restaurateurs, ce blocus impromptu n'aura pas eu le temps d'entamer les réserves, loin s'en faut. « On n'a pas à se plaindre. Comme il neige, les gens viennent se réfugier chez nous prendre un café », témoigne Rémi, l'un des responsables du Hunter Pub dans la galerie marchande. Pascal Géry, patron de La Buissonnerie, estime même que l'« on travaille mieux » par gros temps. Les clients viennent en quête de chaleurs, mais sont aussi avides d'informations. « Notre rôle est de les rassurer, de leur dire que ça n'a rien d'exceptionnel, car beaucoup ne sont pas d'ici. À partir de là, il n'y a pas de psychose. Voilà vingt ans que je suis ici, alors je ne panique pas ! Jusqu'à quatre-cinq jours de coupure, on peut proposer toute la carte... »

Le dénouement sera donc intervenu bien plus tôt, dès 16 h hier. Pour un impact plus que limité. « Les Niçois ne sont plus en vacances, donc le ski-journée n'est pas concerné. 90 % des gens ici sont là pour la semaine », témoigne Christian Belpois, patron de Sports 2000 et de l'hôtel Le Druos. « On ne s'en aperçoit pratiquement pas, confirme le maire Jean-Marie Bogini. On va dire que ça tombe plutôt bien, d'autant que le soleil est annoncé toute la semaine. Ça va être un régal ! À présent, il va falloir être vigilant et mettre en garde les skieurs contre le risque d'avalanche... »

Rolland Claudel, nivologue artificier d’Isola 2000: « Les deux plus longs catex au monde »

Il est le Monsieur neige d’Isola. Rolland Claudel, l’artificier nivologue de la station, a la voix éraillée par les bouffées de soufre qu’il avale chaque hiver. Hier encore c’est lui qui est allé purger la montagne pour permettre la réouverture de la route : « On a fait 16 tirs à 2,5 kg ». Soit une cinquantaine de kilos d’explosifs.Certains week-ends, comme en 2008, ce sont près de 500 kg qui y passent. « Il faut savoir qu’à peu près 80 couloirs d’avalanche menacent cette route. Et même les années sans neige, souffle Rolland Claudel, il peut y avoir des coulées. »Surtout lorsque les couches prennent cette drôle de couleur orange comme c’est le cas actuellement. « Parce qu’il y a du sable mélangé à la neige, précise ce spécialiste qui passe son temps à analyser le manteau. En fonction du vent et avec l’expérience on sait quel couloir peut partir en premier. »

Alors Rolland Claudel prend les devant.En allant déclencher manuellement les avalanches. Ou en activant les gazex, mélange détonnant de propane et d’oxygène.« Isola est aussi équipée des deux catex (1) les plus longs jamais construits au monde », souligne-t-il.

Ces câbles de 9,4 et 8 km sont capables de déposer des explosifs dans les couloirs les plus inaccessibles. Pour autant le risque zéro n’existe pas. Surtout lorsqu’il tombe un mètre de neige fraîche avec des rafales à 100 km/h comme ce week-end.

1. Catex est une abréviation de « cable transporteur d’explosif ».

Tous sur le pont

Seize heures hier. La voie est libre. Après plus de quinze heures d'efforts, la RM97 rouvre à la circulation dans les deux sens, libérant à nouveau l'accès vers et depuis Isola 2000. Exit la coulée de neige qui s'est déversée en travers de la route.

« Elle n'était pas très importante mais, avec un fort vent de 80 à 100 km/h dû à l'effet de Lombarde, on n'y voyait plus rien. On a décidé de fermer la route », explique Jean-Marie Bogini, maire d'Isola 2000 mais aussi responsable de la voirie métropolitaine.

Tout au long de la matinée d'hier, les tirs ont retenti dans la vallée de la Tinée. Douze gazex (gaz explosifs) et deux catex (câbles transporteurs d'explosifs) ont purgé la montagne de son trop-plein neigeux. Une trentaine d'explosions au total, selon Jean-Marie Bogini. Plus bas, les engins métropolitains ont interprété une valse sur glace avec trois chargeurs, deux chasse-neige, saleuse et turbine-fraise, tandis que les gendarmes du poste provisoire d'Isola participaient aux opérations et régulaient la circulation.

Le plafond bas a failli retarder le retour à la normale, empêchant le survol de la zone en hélicoptère. Mais au final, la voie a été rouverte. Hier soir et ce matin dès l'aube, les équipes métropolitaines et municipales restaient sur le pont afin de nettoyer la station.

“Voyants au rouge”

« Tous les voyants sont au rouge », soulignait, hier, Florian Austruy, le patron des CRS de montagne. Non seulement le risque avalanche est maximal sur l'est du département... « Mais, en plus le plafond nuageux est bas ce qui pourrait empêcher l'hélico de monter en cas de coulée. » Certes, le temps doit se dégager pour la fin de la semaine. Mais, ce professionnel du secours en montagne n'en demeure pas moins inquiet.

« Il faut absolument proscrire toute activité alpine en hors-piste le temps que le manteau se stabilise, insiste le commandant Austruy. Tout au moins jusqu'à la fin de la semaine. »

Le patron des CRS de montagne redoute une affluence sur les massifs due au retour du beau temps, d'autant que les amateurs de glisse n'ont pas été gâtés en ce début de saison. Il leur rappelle les règles de prudence : « Dans des conditions pareilles il faut absolument être équipés de sacs airbag et de détecteurs de victimes d'avalanche, d'une pelle et de sondes.

Il ne faut jamais partir seul et mettre en place un système de guetteurs lors de la progression pour sécuriser le groupe. »

 

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