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Le photographe sous-marin Laurent Ballesta en mission scientifique dans une capsule au large de Monaco : "C’est dur, mais chaque sortie vaut la peine"

Mis à jour le 12/07/2019 à 10:18 Publié le 12/07/2019 à 17:39
Antonin Guilbert, Thibault Rauby, Laurent Ballesta et Yanick Gentil : une équipe « facile à vivre ».

Antonin Guilbert, Thibault Rauby, Laurent Ballesta et Yanick Gentil : une équipe « facile à vivre ». Photo S.B.

Le photographe sous-marin Laurent Ballesta en mission scientifique dans une capsule au large de Monaco : "C’est dur, mais chaque sortie vaut la peine"

L’expédition du photographe sous-marin Laurent Ballesta est au large de Monaco pour quelques jours. L’occasion de revenir sur cette incroyable aventure, en direct de la barge.

RELIRE PHOTOS. On a été à la rencontre des quatre experts qui explorent la Méditerranée pendant un mois depuis une capsule de 10m2

Êtes vous content du résultat de votre travail jusqu’ici ?
Beaucoup des sites que nous avons explorés avaient déjà été visités brièvement. Nous voulions y retourner pour voir ce que cela donnerait avec plus de temps, et nous avons bien fait. Cela change tout. On peut apprécier dans le détail et on peut se payer le luxe de la patience, auquel on n’a pas le droit d’habitude. Là, on peut attendre que les animaux aient quelques comportements. Dès le premier jour ça a commencé : des calamars de très grande taille n’ont cessé de s’accoupler et de pondre, car chez les calamars c’est très rapide. Ça n’avait jamais été observé chez cette espèce.

Vous avez vu des choses qui ne vous ont pas plu? Comme des plastiques?
Oui bien sûr. Mais nous ne sommes pas descendus pour ça. Oui le plastique est là, mais la Méditerranée n’est pas détruite, et le plastique ne doit pas masquer les merveilles qu’elle contient.

Comment se passe la plongée?
C’est assez rude. Ces profondeurs que l’on prétendait connaître, on n’avait jamais considéré les températures puisqu’on n’y restait pas longtemps. Mais en fait, il faut savoir que la température est assez basse, et du fait des hautes pressions et de respirer l’hélium en haute quantité, ça accélère la perte calorique. C’est comme si l’eau était 10 degrés plus froide. Comme on a froid, on s’habille beaucoup, et donc il faut rajouter beaucoup de plombs. Quand on rentre on est éreintés, épuisés, mais ça vaut la peine. Chaque fois.

"C'est une naissance brutale
à chaque fois"

Qu’est ce qui est le plus dur?
C’est ce changement d’état brutal auquel on a droit plusieurs fois par jour. La sortie dans l’eau glacée est une gifle. Psychologiquement, ce n’est pas évident. On est totalement sous contrôle.C’est presque une ambiance intra-utérine ! On nous nourrit, on s’occupe de nous, on régule notre atmosphère, et on nous demande de nous reposer. Deux fois par jour on sort et on coupe le cordon. C’est une naissance brutale à chaque fois. Alors on glisse dans une forme de passivité, et soudain on sort dans l’action.

Comment ça se passe à quatre dans 10m²?
Mes trois camarades sont des gens attentifs, sans être attentionnés. C’est une qualité rare. Il n’y a rien de pire que les gens trop attentionnés.
Je n’ai aucun regret sur le choix, c’est une équipe facile à vivre.


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