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Le Palais princier alimenté par un biocarburant

Mis à jour le 29/04/2019 à 19:32 Publié le 30/04/2019 à 08:00
Le souverain a rallumé hier les chaudières du Palais désormais alimentées au biocarburant.

Le souverain a rallumé hier les chaudières du Palais désormais alimentées au biocarburant. Photo Cyril Dodergny

Le Palais princier alimenté par un biocarburant

Le souverain a supervisé ce lundi l’installation d’un nouveau protocole pour remplacer l’utilisation du fuel dans les chaudières du Palais par une huile de colza, renouvelable et bio.

Un biocarburant 100 % végétal, 100 % durable, 0 % fossile. Nom de code : B100. Voilà le nouveau combustible qui alimente depuis ce lundi les chaudières du Palais princier.

Un pas significatif et singulier pour réduire l’empreinte des besoins énergétiques souhaitée par le souverain. Qui a assisté hier après-midi, à la mise en action des chaudières de l’aile Ouest du Palais, désormais alimentée par cette huile de colza.

C’est la société Romano Energy qui s’est chargée de cette transition énergétique dans les sous-sols de la maison souveraine. Faisant le choix de ce biocarburant pour alimenter les chaudières existantes.

Comme le fuel domestique ou le gazoil

«Le procédé est assez simple, nous remplaçons le fuel domestique par un carburant de nouvelle génération, 100 % biologique, issu de l’éstérisation de l’huile de colza française. L’éstérisation consiste à enlever la glycérine de l’huile pour la rendre spécifiquement équivalente à une base gasoil. Ainsi ce carburant a les mêmes caractéristiques que le fuel domestique ou le gasoil. Mais il est utilisé sans aucun mélange avec un carburant fossile», détaille Grégory Romano, qui travaille depuis trois ans sur la mise en consommation en Principauté de ce biocarburant produit par le groupe Avril en France.

Son challenge, après avoir obtenu l’accord du souverain en décembre, a été de pouvoir l’appliquer rapidement. «Les choses vont plus vite que nous le pensions grâce à l’énorme effort du souverain qui nous accompagne et qui est précurseur. La fédération française des négociants combustibles prévoit de n’utiliser ce produit que dans une vingtaine d’années. Toute la partie logistique, ainsi, n’existe pas encore en France. Il a fallu mettre énormément de pression sur nos partenaires pour arriver à ce qu’ils nous suivent», précise Grégory Romano.

En effet, le biocarburant produit en France (1 hectare de colza permet de coproduire 1.000 litres d’huile) doit être produit avec des engins qui fonctionnent à l’énergie fossile puis acheminé vers Monaco. Un bilan carbone non négligeable mais compensé par les vertus de ce B100 par rapport à l’utilisation du fuel. En moyenne, il restitue 3,7 fois plus d’énergie que ne nécessite sa production.

70 % de gaz à effet de serre en moins

Pour l’utilisation dans une chaudière, le biocarburant produit 70 % de gaz à effet de serre en moins que le fuel. Et élimine la progression de particules fines dans l’air.

Financièrement, son tarif équivalent à celui du gaz et de l’électricité. Et techniquement, la société Climatherm s’est chargée d’adapter les chaudières au fuel du pays à ce nouveau combustible. «Ce ne sont pas de grands changements», explique Slobodan Milo, «il s’agit de nettoyer les cuves, les canalisations, filtrer les particules et adapter les brûleurs qui seront en contact avec ce biocarburant». C’est l’atout principal mis en avant par les promoteurs de ce biocarburant : il ne nécessite pas de changer d’installation sur des chaudières d’ordinaire alimentées au fuel. Seules quelques adaptations sur le matériel existant sont nécessaires.

Si le Palais princier et le domaine des Grimaldi à Roc Agel fonctionnent désormais au biocarburant, plusieurs immeubles en Principauté sont entrain d’emboîter le pas. «Nous allons convertir une vingtaine d’immeubles à l’été à ces adaptations», continue Grégory Roman, «dont le Château Périgord et le Parc Saint-Roman qui sont en cours d’installation». Avec le Palais comme premier client, il espère faire de Monaco «une vitrine, un moteur et un laboratoire à ciel ouvert» de cette technologie.

« Une réponse aux transformations que nous devons tous faire »


Monseigneur, êtes vous satisfait de ce choix écologique fait pour les équipements du Palais princier?
Je suis plus que satisfait, c’est une belle opportunité que j’ai saisie. Une réponse aux transformations que nous devons tous faire, en termes de mix énergétique avec des solutions moins polluantes, moins émettrices en CO2 et surtout plus durables.
Si en Principauté nous voulons aller vers cette transition énergétique que j’ai appelé de mes vœux depuis plus d’un an, il faut penser à ces solutions-là. Et je remercie Romano Energy de nous avoir proposé cette solution qui était enfin disponible. Et je suis très heureux d’être la première institution en Principauté à adopter ce système.

Souhaitez-vous que la démarche que vous avez engagée soit suivie en Principauté ?
Bien sûr, je pense que c’est une très bonne solution, la plus propre possible pour nos besoins énergétiques. Il n’y a pas d’énormes transformations à faire sur des chaudières traditionnelles. Et si l’on peut diminuer notre pourcentage d’émissions de CO2, dans une filière durable, tout le monde sera gagnant.

Une façon de se rapprocher des objectifs fixés du pays pour la transition énergétique ?
En effet, tout ce que nous mettons en place depuis des années tend vers cet objectif que j’ai pu fixer avec le gouvernement pour la Principauté.

Photo Cyril Dodergny
Les chaudières alimentent l’aile Ouest du Palais.
Les chaudières alimentent l’aile Ouest du Palais. Photo Cyril Dodergny
Slobodan Milo de Climatherm et Gregory Romano de Romano Energy sont les deux artisans de ce changement qui devrait notamment se développer dans une vingtaine d’immeubles en Principauté.
Slobodan Milo de Climatherm et Gregory Romano de Romano Energy sont les deux artisans de ce changement qui devrait notamment se développer dans une vingtaine d’immeubles en Principauté. Photo Cyril Dodergny

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