Rubriques




Se connecter à

Le mythe Ferrari défie toutes les espérances

Prolongée jusqu’au 31 mars, la plus grande concentration au monde de Ferrari d’exception connaît un vif succès à la Collection de véhicules du prince Albert II

Publié le 13/03/2019 à 10:08, mis à jour le 13/03/2019 à 10:08
Philippe Renzini et Kévin aux petits soins d’une 1958 Ferrari 250 TDF chassis n°0973 GT, alors que les visiteurs mulitplient les photos.
Philippe Renzini et Kévin aux petits soins d’une 1958 Ferrari 250 TDF chassis n°0973 GT, alors que les visiteurs mulitplient les photos.

Sans surprise, les belles Italiennes exposées depuis le 3 décembre à la Collection de voitures du prince Albert II ont fait chavirer les cœurs des passionnés comme des simples curieux. Prolongée de deux semaines, jusqu’au 31 mars, l’exposition Ferrari vient asseoir la stratégie entreprise il y a quelques années de proposer des expositions temporaires autour de la collection mère, bâtie au fil des décennies par les princes Rainier III et Albert II (lire ci-contre).

La palme du passionné revient d’ores et déjà à un Lyonnais amoureux des courbes et vrombissements des bolides frappés du Cheval cabré.

« Il est arrivé un matin à l’ouverture et il est resté toute la journée sans sortir. Puis il est revenu le lendemain et a passé la journée à photographier les voitures. On a discuté avec lui et il nous a demandé l’autorisation de faire des photos à côté des voitures, qu’on lui a accordée », relate Philippe Renzini, directeur de la Collection.

 

Pour tous les goûts

« Beaucoup de collectionneurs nous ont confirmé qu’ils n’avaient jamais vu un tel plateau », ajoute le gardien du temple monégasque de l’auto. Et chacun y a trouvé son bonheur parmi la cinquantaine de modèles exposés, essentiellement prêtés par des collectionneurs privés en plus de quelques prêts de musées et des trois Ferrari du souverain.

La petite Dino, star d’Amicalement Vôtre, n’est peut-être pas la plus rutilante mais jouit toujours d’une sacrée cote d’amour. « Elle a beaucoup de charme et si elle ressortait demain, elle aurait le même succès », assure Philippe Renzini, qui concède que les modèles anciens, et leurs galbes incomparables comme la 250 GTO, ont eu le plus de succès. Sauf pour la nouvelle génération, qui succombe devant la puissance et l’agressivité d’une Enzo ou d’une Aperta. « Beaucoup d’amateurs nous ont dit qu’ils n’avaient jamais vu d’Aperta. La jeune génération est émerveillée par les Youngtimer comme la Testarossa ou la 288 GTO. »

« Il va y avoir un vide, c’est sûr »

 

« Le problème, c’est quand elles vont s’en aller, car on s’y est habitué », appréhende Kévin, préposé à l’entretien de ce parc d’exception. « Il va y avoir un vide, c’est sûr », avoue Philippe Renzini en jetant un œil à l’alignement de Formule 1.

À part celle de 1989 du Prince, qui requerrait une petite révision, « toutes sont en état de rouler », assure le passionné. Certains modèles arborant fièrement le macaron du Grand Prix de Monaco, comme cette Ferrari 312 B3 F1 châssis n°014 portée à la 4e place par le Suisse Clay Regazzoni, en 1974.

Des bolides aux fourmis dans les roues, dont certains ont eu le droit à de courtes escapades durant l’exposition pour le bien de reportages, le dernier en date sur Turbo [M6, diffusé le dimanche 3 mars, NDLR]. En attendant la visite d’Auto Moto cette semaine.

Ensuite, certaines des Italiennes reprendront la route de leur domicile. « Les propriétaires qui ont fait ces dons veulent tous avoir un souvenir, j’espère qu’on fera quelque chose de bien pour les remercier », conclut Philippe Renzini.

S’il est trop tôt pour tirer un bilan de la fréquentation de l’exposition Ferrari, Philippe Renzini a déjà une certitude : « On a eu beaucoup plus d’affluence que les expositions précédentes. »

 

La preuve, ce vendredi en fin de matinée, alors que le soleil inonde le port de Fontvieille et ses terrasses, que beaucoup travaillent, une cinquantaine de personnes visitent simultanément la Collection. Parmi elles, Johanne et Gilles, charmant couple québecois en vacances depuis un mois sur la Côte d’Azur.

« C’est notre première exposition d’automobiles en Europe et c’est incroyable. Nous sommes estomaqués ! », lance Johanne à la sortie.

« Ces dernières années, on visite les États-Unis en camping-car et on fait entre 25 000 et 30 000 km par an. Nous avions déjà vu des concentrations de Ferrari mais jamais une telle collection », s’enchante Gilles, qui évoque aussi sa visite au musée de l’automobile de Tupelo, bourgade du Mississipi sur la “Route du Blues” et, surtout, ville natale d’Elvis Prestley.

Venu pour la Collection du Prince, le couple a été tout heureux de découvrir pareille surprise. « Nous étions venus pour les vieilles autos et c’est la cerise sur le sundae comme on dit chez nous ! »

« On a même vu une Belanger ! Je n’en avais jamais vu », s’enthousiasme Gilles.

Guillaume et Estelle, eux, sont venus de Marseille pour la journée. « Nous sommes venus pour voir les aquariums du Musée océanographique et l’exposition Ferrari. C’est magnifique ! J’aime surtout les vieilles voitures », confie Estelle. Bien que le petit Gabriel soit sur ses épaules, c’est bien papa qui a les yeux écarquillés. « On reste de grands enfants et quand on passe la porte du musée, c’est comme un rêve. Pour avoir ce genre voitures il faut très bien réussir sa vie ou gagner au loto », sourit Guillaume.

 

Pour ce qui est de contempler ce rêve mécanique, vous avez jusqu’au 31 mars.

« La vente aux enchères de 2012 d’une partie de la Collection a permis de l’aérer et d’acheter des modèles plus intéressants, sans dénaturer l’esprit de la Collection du prince Rainier », rappelle Philippe Renzini.

Au fil des années et des dons, qu’il ne pouvait évidemment pas refuser, le prince Rainier III avait vu l’identité de sa collection quelque peu dénaturée par ces “pièces rapportées”.

« Il en avait conscience, puisque j’ai retrouvé un courrier où il évoquait le fait d’avoir trop de voitures en double ou en triple exemplaire. »

L’harmonie retrouvée, la collection s’est recentrée, tout en s’ouvrant aux expositions temporaires. Bugatti en 2018, Ferrari en 2019, et après ? « On a des idées, confie Philipe Renzini, il y a des thèmes pratiquement à l’infini. On peut faire Maserati, Porsche, Mercedes… »

D’autant que le futur musée, sur le port Hercule, aura « un espace d’exposition temporaire, aussi bien pour des automobiles que des œuvres d’art en lien avec l’automobile ».

Impossible de rester de marbre face à une telle concentration.
Impossible de rester de marbre face à une telle concentration.

Offre numérique MM+

...

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.