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Le mystère des cinq scinques

Mis à jour le 20/07/2017 à 05:13 Publié le 20/07/2017 à 05:13
Aurélien Mirallès et Raquel Vasconcelos sont chargés d'examiner ces cinq lézards qui portent le nom de scinques géants.

Aurélien Mirallès et Raquel Vasconcelos sont chargés d'examiner ces cinq lézards qui portent le nom de scinques géants. Eric Ottino

Le mystère des cinq scinques

Deux chercheurs ont fait le déplacement de Paris et Porto pour analyser des lézards ramenés il y a plus d'un siècle par le prince Albert Ier. Explications

Voilà cinq bestioles qui dormaient tranquillement dans les bocaux du Musée océanographiques depuis que le prince Albert Ier les a ramenées d'une de ses expéditions. Il les avait capturées sur l'îlot Branco, au large du Cap-Vert, il y a plus d'un siècle.

Longs d'une quarantaine de centimètres, dans les teintes de bruns et de jaunes, probablement décolorés par le bain dans lequel ils trempent, ces cinq scinques géants - c'est leur nom - sont restés tels quels. Jusque dans les tripes.

Les experts du Cap-Vert

Alors Aurélien Mirallès, du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, et Raquel Vasconcelos, de l'université de Porto, spécialistes reconnus des lézards, sont venus procéder à leur autopsie. « On va pouvoir étudier ce qu'ils mangeaient en analysant l'intérieur de leur estomac et de leurs intestins. Et nous verrons s'ils y avaient des parasites, par exemple », détaille Raquel Vasconcelos.

Leur travail ne va pas se limiter à ça. Dans le cadre des explorations lancées par la Fondation Prince Albert II de Monaco - elles vont débuter à la fin de l'été -, ces chercheurs vont se rendre sur le terrain, sur l'île de Branco. « C'est un peu comme dans la série Les Experts : nous allons utiliser des caméras qui se déclenchent si un animal passe devant, et surtout, un peu comme sur une scène de crime, nous allons utiliser l'ADN environnemental. De cette façon, nous allons pouvoir détecter si un scinque est passé récemment sur ce territoire », explique Pierre Gilles, de l'Institut océanographique de Monaco.

Et si ces scientifiques s'acharnent à faire parler ces cadavres de plus d'un siècle, c'est qu'ils peuvent nous en apprendre beaucoup sur le changement climatique : « Le scinque géant a les caractéristiques d'un lézard arboricole. Or, il n'y a pas de végétation sur l'île de Branco. Mais est-ce que cela a toujours été le cas ? Nous le découvrirons en explorant leur estomac », explique Pierre Gilles. Selon lui, l'île de Branco ressemble à certaines îles de Méditerranée : il y aurait eu un jour une végétation, pauvre et fragile, à laquelle il aurait suffi d'une année sans pluie pour disparaître. Une situation qui pourrait se reproduire en Méditerranée avec les changements climatiques. D'où l'intérêt de savoir si ces lézards ont effectivement disparu, ou s'ils ont su s'adapter.


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