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Le musée-mémorial du terrorisme finalement à Paris: la mère d'une victime de l'attentat de Nice en colère, "spoliée" et "trahie"

Mis à jour le 05/03/2021 à 10:17 Publié le 05/03/2021 à 10:23
Après l’attentat du 14-Juillet, un mémorial temporaire avait été installé à la villa Masséna.

Après l’attentat du 14-Juillet, un mémorial temporaire avait été installé à la villa Masséna. Photo Jean-François Ottonello

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Le musée-mémorial du terrorisme finalement à Paris: la mère d'une victime de l'attentat de Nice en colère, "spoliée" et "trahie"

Le comité mémoriel vient de trancher. Le monument sera inauguré en 2027 dans la capitale et non à Nice, comme le demandait l’association Mémorial des anges. Anne Murris se sent trahie.

Un espoir envolé. Il n’y aura finalement pas de musée-mémorial du terrorisme à Nice. La Ville de Paris a été choisie pour l’accueillir d’ici 2027. Ce monument inédit en France recensera l’ensemble des victimes et des actes terroristes perpétrés sur le sol national depuis 1974.

Et mettra en avant la capacité de "résilience et de résistance" du pays a indiqué, mardi à l’AFP, le président du comité en charge du projet, Henry Rousso.

Au téléphone, Anne Murris reste un instant muette. La présidente de l’association Mémorial des anges encaisse la nouvelle. "Vous venez de me l’apprendre", souffle, déçue, la maman de Camille, une des 86 victimes du 14-Juillet 2016.

"Je me sens spoliée"

Ce musée-mémorial, c’était son idée, défend-elle. "Je la portais depuis des années. C’est l’essence même de l’association qu’on a créée en 2017." Plus qu’un projet, une mission. "Je refusais que ma fille soit morte pour rien."

Anne Murris s’accrochait à son rêve: créer un centre de la mémoire et de lutte contre la radicalisation pour les victimes françaises du terrorisme ici, à Nice.

Elle imaginait un monument semblable à la Jetée-Promenade. Cette digue construite en 1882, face au jardin Albert-Ier, et détruite en 1944 par l’armée allemande. Comme une main tendue vers l’autre rive de la Méditerranée.

"J’avais préparé tous les dossiers, présenté le projet à tout le monde", assure-t-elle. Mais en 2018, Emmanuel Macron annonce la création d’un musée-mémorial à Paris. Anne Murris s’estime "spoliée".

Mais elle ne baisse pas les bras. La mère de Camille se rend le 7 novembre à la cérémonie d’hommage aux victimes de l’attentat de la basilique Notre-Dame. Elle remet en mains propres le dossier de son projet au premier ministre, Jean Castex.

"Irrespect pour les victimes"

Quatre mois après, la décision est tranchée. Le musée-mémorial sera inauguré à Paris. La présidente de Mémorial des anges se sent "trahie". Et balance entre déception, chagrin, incompréhension et colère. "C’est de l’irrespect pour les victimes! J’ai l’impression qu’on nous vole la mémoire des nôtres. Celle de ma fille ne doit servir aucune politique mais l’intérêt général, pour que personne ne vive ce que je vis au quotidien !"

La décision lui fait mal. Encore plus qu’elle intervient à une semaine de la Journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme. "C’est une période difficile pour moi", confie Anne Murris qui veut poursuivre sa mission.

"Je suis en train de travailler sur un nouveau projet qui peut être mis en place rapidement à Nice. Un lieu de prévention de la radicalisation, pédagogique, en lien avec différents lieux de mémoire. J’ai demandé un rendez-vous à la Ville de Nice pour lui présenter." En exclusivité. "On m’a déjà spolié une première fois, pas deux."

Et les autres mémoriaux?

Après l’attentat du 14-Juillet 2016, le kiosque à musique était devenu un sanctuaire. On y déposait des larmes, des dessins, des peluches, des prières. Mais il fallait un autre temple pour se recueillir. Un mémorial provisoire a été installé l’année suivante dans les jardins de la villa Masséna. Face à la mer.

La ville de Nice a annoncé, cet été, étudier des projets de mémoriaux pour les quatre-vingt-six anges de la Prom’. Une longue liste à laquelle s’ajoutent les trois victimes de l’attentat de la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption, survenu le 29 octobre.

Plusieurs idées sont à l’étude : pérenniser le mémorial provisoire, installer une œuvre d’un artiste sur des lieux de mémoire, ou sur la promenade des Anglais. Elles devraient aboutir pour le cinquième anniversaire de l’attentat.

Contactée, l’association Promenade des anges a indiqué qu’aucun projet ou date n’avait été encore avancé. Et si elle comprend que Paris ait été choisi pour le mémorial-musée, elle regrette que rien ne soit prévu à Nice à l’heure actuelle.

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