“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre numérique > Abonnez-vous

Le ministre de la Justice monégasque écarté

Mis à jour le 25/09/2019 à 10:34 Publié le 25/09/2019 à 10:34
Je découvre la nouvelle offre abonnés

Le ministre de la Justice monégasque écarté

Après des semaines de remous, et dans le sillage du départ du juge Levrault, le directeur des Services judiciaires Laurent Anselmi quitte son poste et est nommé ministre des Relations extérieures

Il ne sera resté que deux ans à la tête de la direction des Services judiciaires de Monaco (l’équivalent du ministère de la Justice en France). Laurent Anselmi a été pris dans la tourmente provoquée par son choix de ne pas renouveler le détachement du juge Édouard Levrault en charge de l’instruction de l’affaire qui oppose le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev, président de l’AS Monaco, et le marchand d'art suisse Yves Bouvier.

Lui qui a succédé à un autre Monégasque, Philippe Narmino, dont le départ avait également été précipité par cette même affaire judiciaire, se voit à son tour écarté du poste pour lequel le supérieur hiérarchique n’est autre que le prince Albert II.

Robert Gelli à la tête de la Justice

Dans un communiqué envoyé hier, en fin de matinée, le Palais princier fait donc savoir que le prince Albert II nomme, à partir du 21 octobre, Laurent Anselmi au poste de conseiller de gouvernement-ministre des Relations extérieures et de la Coopération. Il succède à Gilles Tonelli qui fait valoir ses droits à la retraite.

Et déjà, le nom du futur directeur des Service judiciaires est trouvé. « Le Prince souverain (...) a formulé une demande auprès des autorités françaises visant à lui présenter plusieurs personnalités susceptibles de remplir cette fonction. Le choix du Prince souverain s’est porté sur Monsieur Robert Gelli. » Cet actuel procureur général près la cour d’appel d’Aix-en-Provence a été président de la Conférence nationale des procureurs de la République, a été procureur de la République de Nîmes (2002-2012), puis de Nanterre (2012-2014). Il a exercé la fonction de directeur des Affaires criminelles et des Grâces du ministère de la Justice (2014-2017).

Le communiqué du Palais princier souligne également que le poste du juge Levrault, laissé vacant depuis le 1er septembre, sera bientôt occupé et qu’un troisième cabinet va à être créé.

L’instruction renforcée

« Le Prince souverain rappelle que la justice est rendue en son nom, souligne le communiqué du Palais. À ce titre, il souhaite assurer à chaque justiciable une justice impartiale, indépendante, transparente et efficace. Pour que toutes les affaires en cours d’instruction soient menées à leur terme dans les meilleures conditions, l’instruction sera renforcée par la création d’un troisième cabinet. Deux magistrats, dont un spécialiste des affaires financières, rejoindront prochainement la Principauté. »

Il reste maintenant à voir si la nomination des deux nouveaux juges d’instruction correspondra avec la rentrée solennelle des cours et tribunaux, au palais de Justice, ce mardi 1er octobre.

Laurent Anselmi devient conseiller de gouvernement-ministre pour les Relations extérieures et la Coopération internationale à partir du 21 octobre. Vingt-cinq mois seulement après sa nomination à la tête des Service judiciaires.

Celui dont personne ne contestait la nomination le 14 septembre 2017, tant en raison de sa discrétion que de son brillant parcours de juriste, passe lui aussi dans l’infernale machine à broyer qui s’est mise en place progressivement depuis un certain 25 février 2015 où Dmitri Rybolovlev porte plainte pour escroquerie et blanchiment d’argent contre son marchand d’art et l’intermédiaire des deux hommes. Depuis, les protagonistes du dossier ont tous, ou presque, été inculpés ou limogés : les plaignants et présumés voyous qui se sont renvoyé la balle, mais aussi l’ex-directeur des Services judiciaires Philippe Narmino, l’ex patron de la Sûreté publique le Niçois Régis Asso et deux de ses fonctionnaires, le conseiller de gouvernement pour l’Intérieur Paul Masseron…

Et voici donc l’affaire qui continue d’empoisonner la Principauté. En choisissant de ne pas renouveler le contrat de trois ans du juge français Édouard Levrault en charge notamment de l’affaire Dmitri Rybolovlev-Yves Bouvier, Laurent Anselmi a déclenché une cascade d’événements qui ne sont certainement pas sans lien avec sa nomination, aujourd’hui, au poste de Gilles Tonelli, qui demande, quant à lui, la retraite alors qu’il n’a que 61 ans. Le poste n’est certes pas un placard, loin de là. Mais rien ne laissait imaginer que le conseiller de gouvernement-ministre des Relations extérieures, grand serviteur de l’État, en charge des complexes négociations en vue d’un accord avec l’Union européenne, choisirait de se retirer maintenant.

De son côté, Édouard Levrault, contraint de faire ses valises le 1er septembre sans pouvoir achever son instruction du dossier Rybolovlev-Bouvier, a déposé un recours, le 21 août, devant le Tribunal suprême monégasque, la plus haute juridiction de Monaco. Deux requêtes ont été notifiées à Laurent Anselmi le 26 août : l’une en annulation pour excès de pouvoir, l’autre en sursis à exécution. Une première dans les rangs de la magistrature à Monaco.

Depuis, Édouard Levrault aurait de quoi rebondir professionnellement. Et pas loin du tout de Monaco, en prenant le poste de vice-président du tribunal de grande instance de Nice.

Offre numérique MM+

...


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.