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"Le miel, c'est comme le vin et son terroir". Ce jeune apiculteur varois a reçu une prestigieuse récompense

Le nectar de lavande, produit par le jeune apiculteur varois, a obtenu une médaille d’or au concours Miels de France, dont le palmarès a été dévoilé la semaine dernière. Une fierté locale.

Jean-Marc Vincenti Publié le 31/01/2020 à 16:13, mis à jour le 31/01/2020 à 16:14
L’apiculteur d’Evenos a produit une tonne de miel de lavande de Redortiers (Alpes-de-Haute-Provence), celui qui a été médaillé d’or 2019 au Salon agricole de Paris. D. Leriche et J. -M. V.

C’est le seul apiculteur varois récompensé! Les abeilles sont locales. La lavande? Butinée dans un champ de la commune de Redortiers, dans les Alpes-de-Haute-Provence à 173 km d’Évenos. Là, où le miel bio que les précieux insectes ont produit a été extrait par Jean-Baptiste Karm. Un jeune professionnel dont le nectar vient d’obtenir une médaille d’or au troisième concours des Miels de France, une récompense décernée par l’Union Nationale de l’Apiculture Française.

"Le miel c’est comme le vin et son terroir…"

"Moi, je n’y croyais pas trop… mais ça fait plaisir, confie-t-il sobrement, devant l’une de ses ruches à l’hivernage dans un champ près de son domicile. Ruches autour desquelles quelques rares butineuses volent déjà paresseusement, encore un peu endormies. Avec les premières floraisons, elles commencent à sortir".

C’est sa compagne, Eva Delarche, qui est à l’initiative de sa participation au concours. "Qu’est-ce qui fait qu’un miel est meilleur qu’un autre?" s’interroge-t-elle, tandis que les clients de la chaîne "Marcel & fils bio", où le miel d’Evenos est distribué, multiplient les retours positifs sur la qualité du produit. "Je me suis dit pourquoi pas ? Essayons!"

Le dossier est vite constitué, avec l’envoi début novembre de deux échantillons, des pots de 250g de miel de garrigue (fait à partir de pollens de thym et romarin butinés localement) et de lavande.

 

Les deux catégories de miel dans lesquelles Jean-Baptiste Karm concourt sont d’abord analysées, avant que la seconde ne séduise le palais des membres du jury.

Pourquoi le miel de lavande, indication géographique protégée "Miel de Provence" d’Évenos, s’est-il démarqué devant plus de deux cents candidats à l’excellence (1) ? Jean-Baptiste Karm ne le sait pas.

Le résumé des qualités gustatives de son miel primé lui sera délivré, pense-t-il, en même temps que le diplôme et la médaille qu’il doit maintenant recevoir.

Mais il a une petite idée: "Le miel, c’est comme le vin, compare-t-il. Le territoire, l’altitude à laquelle la lavande, dont il existe plus de dix variétés, est butinée entrent en ligne de compte dans la qualité du miel, tout comme la météo. En 2019, la sécheresse a été terrible et les quantités produites à la baisse. Je n’ai fait qu’une tonne de miel de lavande…"

 

Voilà, en tout cas, une récompense encourageante pour Jean-Baptiste Karm. Lui qui mise sur "la Provence", a découvert le métier à l’âge de 17 ans, auprès d’un apiculteur du Revest.

Pendant deux saisons, il a joué le rôle d’assistant et s’est formé au lycée agricole d’Hyères, en 2006. Son aventure a débuté en janvier 2007, avec dix ruches. Aujourd’hui, il exploite un cheptel de 450 ruches, "le maximum dont je peux m’occuper tout seul'". Des ruchers qui sont déployés durant l’hiver sur cinq ou six emplacements dans un rayon de 25 km autour de chez lui et qui, à partir de mai, essaiment très loin du Var.

Sur une quinzaine d’emplacements. « À partir de début mai jusqu’à septembre, c’est la transhumance: je vais jusqu’en Bourgogne, dans le Jura, en Côte-d’Or ou en Saône-et-Loire pour placer mes ruches au plus près des essences que je sélectionne pour produire du miel de sapin, châtaignier, lavande, acacia, garrigue et montagne… en tout sept variétés. Après chaque récolte mensuelle, je déplace mes ruches. ».

"Toujours plus d’investissement"

Des terrains rigoureusement sélectionnés pour le bien-être de ses butineuses, vers lesquels il multiplie sans ménager sa peine les allers-retours en période de floraison.

 

"Jusqu’à présent, je n’ai jamais été victime de pertes inexpliquées de colonies comme d’autres apiculteurs, observe-t-il Mais c’est un réel problème. Il faut être vigilant. S’occuper des cheptels demande toujours plus d’investissement. D’une à deux heures par ruche et par an dans les années 1980, contre 10 heures et plus actuellement".

Aujourd’hui son exploitation produit entre 10 et 22 tonnes de miel, selon les années et le climat.

Passionné, Jean-Baptiste Karme représentera encore ses miels dans les concours agricoles. De Karm à karma, il n’y a qu’une petite voyelle de plus et on récolte ce que l’on sème.

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