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Le MEB pose les bases Therascience contre l’obésité? d’un bel avenir en Inde L’ambassadeur Patrick Médecin : Nous sommes dans un pays où il y a tous les besoins

Mis à jour le 08/02/2019 à 10:27 Publié le 08/02/2019 à 10:27
Benjamin Sawney, fondateur de la marque Moné.

Le MEB pose les bases Therascience contre l’obésité? d’un bel avenir en Inde L’ambassadeur Patrick Médecin : Nous sommes dans un pays où il y a tous les besoins

La délégation du Monaco Economic Board a regagné Monaco avec le sentiment d’avoir, sur le long terme, une vraie fenêtre d’actions en Inde. Certains ont même déjà trouvé l’ouverture !

Après avoir mené des missions avec réussite en Russie et en Chine, le Monaco Economic Board revient avec le même sentiment d’Inde, où son président, Michel Dotta, avait hâte « de prendre des positions » chez une des déjà plus grandes puissances du monde promise au rôle de « leader ».

Pour faire face à ce défi, le MEB avait trié sur le volet 19 sociétés et une trentaine de représentants du savoir-faire monégasque, notamment en termes d’innovation avec MonacoTech.

Inscrite dans les pas de la première visite officielle du prince Albert II en Inde, la mission économique a été marquée par un fil rouge environnemental permanent. Le secrétaire général du Yacht-club, Bernard d’Alessandri, faisant par exemple la promotion d’une épreuve de bateaux à énergies nouvelles auprès des universités de Bombay. Pendant ce temps, d’autres semblaient déjà conclure lors de B2B prisés des Indiens.

L’ancien pilote de Formule 1 Thierry Boutsen, reconverti dans l’aviation d’affaires, mène sa société avec la même humilité et la même rigueur qui lui ont permis d’avaler l’asphalte en compétition dans les années 80-90. Sa stratégie pour gagner des marchés est d’ailleurs calquée sur celle entre pilotes et ingénieurs dans les paddocks. A Monaco, les neuf employés travaillent ainsi dans « une ambiance de salle de marché ». « On regarde tout ce qui se passe, ce qui est mis en vente et vendu, les avantages et inconvénients de chaque avion. Quatre personnes ne s’occupent pratiquement que de ça chaque jour. »

Objectif : « Tout maîtriser ».

La méthode : compiler et analyser un maximum de données, puis ajouter une patte humaine et une garantie éthique. Un talent converti par certaines transactions insolites. « On a même un jour vendu un avion à des Esquimaux ! Ils ont débarqué à Paris habillés en esquimaux, ils cherchaient un appareil bien précis et savaient qu’on l’avait. »

Déjà représenté par un agent à New Delhi - comme à Dubaï et Moscou -, Thierry Boutsen a atterri sereinement au pays de Gandhi avec la délégation du MEB. « Le marché indien est tout petit ! Pour 1,3 milliard de personnes, il doit y avoir 130 jets, pas plus. Aux États-Unis, il y a entre 14 000 et 15 000 jets pour 300 millions de personnes. C’est un marché qui s’éveille. »

Plusieurs indicateurs confirment cette évolution selon Atiesh Mishra, qui représente et développe Boutsen Aviation, en exclusivité, de l’Inde à l’Indonésie, en passant par le Vietnam et Singapour. « Les gens commencent à prendre l’avion en charter et les aéroports sont tellement bondés et sécurisés que les classes moyennes et supérieures en ont marre, comme on l’a vécu en Europe ou aux États-Unis il y a 15 ou 20 ans. »

« En Inde, on n’a vendu que trois avions par le passé, sans avoir aucune aide de qui que ce soit. Là, on est en train de se faire connaître », précise Thierry Boutsen, déjà vendeur de 370 avions dans 71 pays.

« Le fait d’être sur place, ce qu’aucun autre broker n’a fait avant nous, aide beaucoup », avance l’ancien pilote, ravi de venir « en force » avec le prince Albert II et le savoir-faire de l’équipe de Michel Dotta. Une émulation certainement source de contrats très prochainement. « On a trois transactions en cours en Inde. C’est très prometteur. »

« L’Inde, je n’y pensais pas du tout. C’est vraiment l’opportunité offerte par le MEB qui nous a permis de faire des rencontres sur place et de pouvoir trouver des distributeurs, voire des partenaires. » Pour sa première en Inde, le président fondateur de Therascience, Jean-Pierre Agarra, est conquis.

À la tête de l’entreprise monégasque axée depuis 21 ans sur la recherche, le développement et la fabrication de compléments alimentaires et produits diététiques, l’homme d’affaires est reparti de New Delhi, hier, avec des promesses de contrats sérieuses. « On a reçu un accueil magnifique. C’était une mission hyper intéressante et productive. »

Déjà implantée au Cambodge depuis trois ans et au Vietnam depuis un an et demi, Therascience dispose de « portes » vers le marché asiatique mais Jean-Pierre Aguarra et sa responsable export, Jinder Verney, pensent avoir détecté un réel intérêt à investir en Inde.

Si les Indiens sont très en pointe sur la recherche, notamment pharmacologique, et n°1 au monde sur le marché des médicaments génériques, Jean-Pierre Agarra partait dans l’inconnu quant aux compléments alimentaires. Et pourtant : « Il y a un vrai marché pour les compléments et les produits diététiques car on constate une forte augmentation de l’obésité, qui devient une pandémie avec une grosse augmentation des diabètes de type 2. » Autre surprise, la jeunesse des interlocuteurs : « Personne n’avait plus de 30 ans ! Et de vraies idées, notamment sur la formation des médecins comme on fait en Europe. »

Avant de conclure, reste désormais à dealer avec une législation différente de l’Europe en termes d’enregistrement des produits, de plus dans un État fédéral.

Dans la famille Sawney, je voudrais le fils… Alors que Nish Sawney, directeur d’EN-S Sports Monaco et habitué des déplacements du MEB, revenait dans la ville qui l’a vu naître avec émotion quarante ans après l’avoir quittée, son fils, Benjamin, vivait sa première mission économique.

Créateur de la marque de prêt-à-porter haut de gamme Moné, diminutif de « Monégasque », il était venu chercher des matériaux (soie) ou des distributeurs multiparques. Bingo !

« J’ai rencontré deux frères qui dirigent Drishti Lifestyle et travaillent déjà avec Diesel, AllSaints, Tommy Hilfiger, Calvin Klein… On a eu de très bons échanges et on commence déjà à faire des échantillons pour développer quelque chose de qualité. »

Reste à signer un accord, les deux frères espérant notamment mettre plus en avant « Monaco » sur le produit.

Manager recherche et développement de la société easyOne (groupe Telis), Ludovic Radjkumar a vécu une première mission intense. Bluffé par le boulot des équipes du MEB et des chambres de commerce partenaires sur place, il a été tout étonné du côté humain des Indiens dans leur approche du business. Une découverte qui a pris aux tripes celui dont les parents sont justement originaires de Pondichéry.

Société éditrice de logiciels pour l’hôtellerie, les hôpitaux ou encore les banques, easyOne a aussi créé une plateforme, GHX, qui rassemble toutes les fonctionnalités en matière de multimédias. En Inde, Ludovic espérait trouver des partenaires pour vendre ces solutions ou y ajouter d’autres fonctionnalités autour de « l’intelligence artificielle, le big data ou la blockchain ».

Ses premiers contacts ont été « surprenants ». « Il y a des sociétés de conseil qui peuvent faire les démarches pour nous trouver des partenaires et des banques seraient prêtes à suivre. La Chambre de commerce indo-française donne vraiment un gros coup de pouce. Le fait qu’on soit venu de Monaco avec le prince a donné un coup médiatique et il y a une demande très sérieuse. »

Omniprésent dans les pas du souverain durant sa visite officielle en Inde. Aux petits soins de la délégation du MEB durant sa mission. L’ambassadeur de Monaco en Inde, Patrick Médecin, a été l’un des grands artisans du succès de la visite de la délégation monégasque à New Delhi, cette semaine.

Diplômé d’une école de commerce, salarié de la Single Buoy Moorings, à son compte dans le domaine d’internet « avant que la bulle n’explose », puis un temps chez Monaco Telecom, Patrick Médecin a été nommé ambassadeur au Japon mi-2011, puis ambassadeur en Inde en 2012. Deux postes qu’il cumule toujours actuellement.

Seuls deux prédécesseurs avaient occupé ses fonctions en Inde, chacun moins d’un an. Rainier Imperti, malheureusement emporté par la maladie, et Marco Piccinini (ambassadeur en Inde et en Chine), nommé rapidement conseiller de gouvernement-ministre des Finances.

Un terrain presque vierge donc pour Patrick Médecin, d’autant plus que l’autonomie diplomatique de Monaco s’est accentuée seulement en 2005, avec la montée sur le trône du prince Albert II.

À raison de quatre voyages par an, l’ambassadeur Médecin s’est fait « une vision d’ensemble » du pays et témoigne de ses aspirations.

La capitale indienne, New Delhi, fait partie des quelques « comptoirs » de Monaco dans le monde. C’est dire si l’Inde n’était pas une découverte pour Guy Antognelli, directeur du Tourisme et des Congrès de Monaco, présent dans la délégation du MEB.

Son objectif : promouvoir la destination Monaco auprès de nombreux professionnels du tourisme et, surtout, défendre son évolution vers une offre moderne.

Parmi ses quelques atouts en manche, le fameux slogan « Green is the new glam », devenu emblème d’une Principauté tournée vers un tourisme responsable de l’environnement, notamment par l’extension des circuits de mobilité douce.

Autre défi : s’adapter au client et établir des offres personnalisées.

Parmi les près de 7 millions de visiteurs qui affluent chaque année en Principauté, les Indiens représentent une part encore infime (0,94 %) mais parfois bien visible, à l’image du dernier mariage fastueux et ses 700 invités, en 2016 sur la place du Casino (voir photo).

« Nous en organisons en moyenne deux par an et nous avons une wedding planner en Inde », confie Guy Antognelli, notant que les touristes indiens forment, en termes de nuitée-personne,

« la 3e plus grande variation positive de l’année 2018 avec une hausse de 40,29 % ». Plus que le Japon ou la Chine.

Le Top 5 restant inchangé : France, Italie, Royaume-Uni, États-Unis et Russie.

Contrairement à la Suisse, dont les lacs et montagnes sont prisés pour leur image de zénitude, Bollywood n’a toujours pas posé ses caméras sur le Rocher. Pas faute d’approches mais parce que les tournages sont trop imposants. Reste les James Bond ou Madagascar 3 pour voir Monaco sur grand écran.

Thierry Boutsen a perçu une vraie demande d’alternatives.
Le président-fondateur de Therascience, Jean-Pierre Agarra, et sa responsable des exportations, Jinder Verney, ont activé de sérieuses pistes.
Le travail de l’ambassadeur (au centre) a été salué par le souverain.
Michael Alesi

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