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Le leader français du maillot est en réalité... monégasque. Retour sur l'histoire de Banana Moon

Le leader français du maillot est en réalité monégasque. À Fontvieille, Daniel Flachaire, ses trois enfants et quatre-vingts salariés règnent sur le bikini. Histoire d’un succès planétaire et sexy.

Franck Leclerc Publié le 22/06/2021 à 13:54, mis à jour le 22/06/2021 à 13:54
Si le maillot une-pièce est iconique de la marque, les deux-pièces peu couvrants, noués sur le côté et toujours dissociables, représentent l’essentiel du marché. Dans une gamme médiane (80 à 90 euros), ils sont souvent conservés pendant plusieurs années par les clientes. Alors qu’aucun vêtement n’est soumis à plus dure épreuve qu’un maillot : morsure du chlore en piscine ou du sel marin, brûlure du soleil, gras de la crème solaire. Seule solution: un tissu technique, donc coûteux, choisi pour sa durabilité et pour sa résistance aux agressions. Photo Jean-François Ottonello

Contrairement à son esprit minimaliste, le marché du bikini n’a rien de riquiqui. Banana Moon prévoit 2 millions de pièces cette année. De quoi effacer un millésime 2020 douloureux, vacances perturbées, commandes annulées.

Quand la Covid déferlait, la nageuse déprimait et le stock prenait, lui aussi, un peu d’embonpoint.

Mix de banana split et de cherry moon, cette jolie marque voisine est leader en France. 60 boutiques en propre, 2.000 revendeurs dans le monde. Une identité jeune, vitaminée, graphique, épurée, décontractée, pour surfer depuis 1984 sur la vague du succès.

 

Au départ: le Monégasque Daniel Flachaire, salarié du textile à Toulouse, et son amie Nat Maori, styliste en Californie. Retour sur le Rocher avec trois modèles pour commencer, contre près de 500 cette année.

"Je crois que nous avons vendu 300 maillots au cours de la première saison." Puis 2.500, 7.000, 35.000… À mesure que la collection s’étoffait, l’atelier a plusieurs fois déménagé. Exit les 12 m2 de l’atelier d’origine, l’entreprise en occupe désormais 2.000 à Fontvieille.

À l’exception de quelques séries limitées, l’assemblage est externalisé. Principalement en Tunisie. Mais tout, strictement tout le reste est réalisé sur place: le design, les imprimés, le prototypage, les patrons, la découpe, la sérigraphie.

Cette année, ambiance tropicale ou fleurie pour ces dames, qui veulent porter couleur et fraîcheur à la plage. Dans le bureau de création, l’été prochain envahit déjà les portants.

 

Top secret, évidemment. Mais une indiscrétion: le retour des aplats de couleurs et d’une géométrie rétro, dans une fibre "éco".

Photo Jean-François Ottonello.

Ici au côté de sa fille Justine, Daniel Flachaire, 68 ans, s’est lancé en 1984 lorsque les magasins dont il s’occupait à Monaco et Juan-les-Pins se sont retrouvés à court de maillots.

Son premier commercial, Richard Duc, travaillait la nuit à Nice, serveur dans une discothèque, et faisait la tournée des boutiques le jour, au guidon de son Dax…

Photo Jean-François Ottonello.

En 1984, Banana Moon avait une trentaine de fournisseurs français. Il n’en reste qu’un, à Lyon, même si les autres tissus viennent tous d’Europe.

Les lés sont superposés sur cette table, où une machine découpe toutes les pièces au laser.

 
Photo Jean-François Ottonello.

Avant d’être assemblé, chaque modèle est conçu "au feeling", à partir de "mood boards" (ou planches de tendances), autour de l’identité maison.

Si certains intemporels (noir, vichy, rayures) ne sortent jamais du catalogue, 70 % des modèles sont renouvelés chaque année.

Photo Jean-François Ottonello.

Justine, la fille du fondateur, est née en 1985, quasiment en même temps que Banana Moon.

Après des études de droit, elle a rejoint la direction artistique, à la tête d’un bureau de design où l’on conçoit autant les modèles que les tissus.

Deux autres marques se sont ajoutées récemment: Livia, plus classique, et Cala 1789, pour les hommes. Le tout conçu à Monaco.

Offre numérique MM+

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